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samedi 16 octobre 2010

Les Etats du Maghreb souhaitent coopérer contre le terrorisme


Des experts ont proposé une stratégie antiterroriste en deux volets, combinant solution militaire et développement social.
Walid Ramzi | Magharebia | Alger
[Mahmud Turkia/AFP/Getty Images] Les responsables du Maghreb étudient de nouvelles manières de renforcer la sécurité dans la région.
Les analystes du terrorisme soulignent que les solutions économiques et sociales, ainsi qu'un effort militaire conjoint, pourraient renforcer la sécurité dans la région. Selon le Dr Lies Boukraa, directeur du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) à Alger, la force d'AQMI réside dans la faiblesse des pays du Sahel et dans le manque de coopération.
"L'élimination d'al-Qaida est possible d'ici quelques mois, contrairement à ce que l'Occident tente de montrer", a déclaré Boukraa. Cet expert a mentionné le sous-développement comme l'une des causes profondes de la radicalisation, ajoutant que lorsque les problèmes de la pauvreté et de la faim seront résolus, il n'y aura plus de place pour le recrutement dans les rangs d'al-Qaida.
Il a fait valoir qu'au moins 50 tonnes d'héroïne transitent par la région du Sahel et que 100 millions d'euros sont ainsi trafiqués chaque année, ajoutant qu'AQMI a collecté 70 millions d'euros de rançons ces dernières années, ce qui lui confère un budget supérieur à celui de certains pays du Sahel.
"Les principaux facteurs d'agravation du terrorisme dans la région sont intérieurs, notamment l'absence de démocratie et une approche de tutorat pour traiter avec les citoyens", a expliqué Abdelaziz Hariti, président de l'Association algérienne d'assistance humanitaire.
"Les pays du Sahel ont suffisamment de volonté politique pour gérer leur sécurité, mais des problèmes sociaux, ethniques et religieux ainsi que l'absence de projets de développement font partie des principales raisons qui font de la région du Sahel un lieu propice aux vulnérabilités sécuritaires", a expliqué Mohamed Khetaoui, spécialiste en politique.
"L'échec des pays africains à lutter contre le terrorisme a poussé l'Algérie à régir militairement pour éradiquer ce fléau de la région", a ajouté Sadek Bouguetaya, un diplomate, ajoutant que d'autres pays pouvaient apprendre de l'expérience algérienne.
Pour leur part, certains analystes estiment que la coordination entre les pays du Sahel fait encore défaut. Mohamed Smiem, universitaire spécialisé en matière de sécurité, a déclaré à Magharebia que les différences entre les pays sont "principalement liées aux méthodes de conduite des opérations militaires contre al-Qaida dans la région".
Pour tenter de renforcer la coordination en matière de sécurité dans la région, les dirigeants d'Algérie, de Libye, de Mauritanie, du Mali et du Tchad ont tenu une réunion consultative en marge du somet arabo-africain de Syrte, en Libye, dimanche 10 octobre. Ils ont parlé des développements politiques et sécuritaire dans la région du Sahel-Sahara.
Houcine Boulahia, spécialiste de la sécurité, a qualifié cette réunion de "bonne chance de surmonter les différences qui sont récemment apparues" entre les dirigeants du Sahel.
Pour sa part, l'Algérie a lancé une campagne de sensibilisation antiterroriste de grande ampleur. L'ambassadeur d'Algérie aux Etats-Unis Abdallah Baali a rencontré Daniel Benjamin, le coordinateur de la lutte antiterroriste au département d'Etat américain, pour discuter de la coopération dans la lutte contre le terrorisme dans la région.
Le gouvernement algérien fait de gros efforts pour empêcher la marginalisation de la jeunesse locale et son recrutement par des groupes terroristes. Le ministère de l'Intérieur a récemment remplacé les responsables locaux dans les provinces des frontières sud pour injecter un nouvel élan dans les projets de développement.

Dans le même état d'esprit, d'anciens combattants du mouvement touareg dans le nord du Mali ont expliqué samedi 9 octobre qu'ils étaient prêts à lutter contre AQMI au Sahel. Ahmed Agh Bebe, porte-parole des anciens rebelles et membres de l'assemblée nationale malienne, a déclaré dans un communiqué à l'AFP que lui-même et son groupe attendaient "le feu vert du gouvernement malien pour expulser AQMI" du Sahel africain.Dans un entretien avec le quotidien francophone algérien El Watan le 11 octobre, Amenokal des Touaregs algérien a réfuté que les tribus touaregs aient rejoint al-Qaida, mais il a reconnu que cela était devenu extrêmement difficile du fait de leurs exigences financières.
Il a ajouté que s'ils étaient armés, ils seraient en mesure de battre rapidement AQMI dans le cadre de l'Accord d'Alger signé en juin 2006, qui a mis fin à vingt ans de lutte entre les rebelles touaregs et le gouvernement malien et envisage de mettre en place des unités spéciales de l'armée pour maintenir la sécurité dans le nord du Mali.
Ces combattants espèrent que le gouvernement malien créera des opportunités d'emploi par la mise en oeuvre de l'Accord d'Alger pour leur permettre de reprendre la défense de leur pays.

Lutte anti-Aqmi: le Sahel veut démontrer que la coopération avance


Le président malien Amadou Toumani Touré, le 7 septembre 2010 à Strasbourg

BAMAKO — Les pays du Sahel invités à une réunion d'experts de la lutte anti-terroriste du G8 qui s'achève jeudi à Bamako, veulent démontrer que leur coopération dans le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est sur la bonne voie.
"La coopération est en train de s'asseoir", affirme, sous couvert de l'anonymat, un haut responsable militaire malien de la lutte anti-terroriste, invité à participer à la réunion du Groupe d'action contre le terrorisme (GACT) du G8 (Etats-Unis, Russie, Japon, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne).
"La pression internationale agit sur chaque pays" et "aucun à lui seul ne peut combattre le terrorisme. (...) Sans coopération régionale franche, et au delà, internationale, ça ne peut pas aller", dit ce militaire malien.
Une exigence d'autant plus forte, selon le ministre malien des Affaires étrangères, Moctar Ouane, que le champ d'action d'Aqmi est un territoire désertique de 8 millions de km2 difficile à contrôler, partagé par l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Mali.
"Nous sommes obligés de nous unir tous contre le terrorisme", a déclaré le président malien Amadou Toumani Touré en recevant jeudi matin les participants à la réunion. "Mais le tout-sécuritaire ne peut résoudre seul la question", a-t-il réaffirmé, insistant sur le nécessaire développement du Sahel.
De source diplomatique, on souligne que la réunion du GACT à Bamako a pour premier objectif "de faire progresser une prise de conscience" sur l'obligation de renforcer la lutte contre le terrorisme.
Face à Aqmi qui a multiplié ses activités sous forme d'attentats et d'enlèvements, la coopération entre les principaux pays de la région a jusqu'alors mal fonctionné.
Accusé par l'Algérie et la Mauritanie de laxisme, voire parfois même de connivence avec Aqmi, le Mali - où l'organisation islamiste a l'essentiel de ses katibas (unités combattantes) hors Algérie - a du accepter, bon gré mal gré, l'intervention sur son sol de l'armée mauritanienne contre ces unités.
Mais depuis l'enlèvement il y a un mois au Niger de sept étrangers (cinq Français, un Malgache, un Togolais), détenus par Aqmi au Mali, "la prise de conscience" semble avoir franchi une "étape", note le responsable militaire malien.
Le rapt a en effet été suivi, fin septembre, de deux réunions en Algérie: l'une des chefs d'état-major mauritanien, algérien, malien et nigérien à Tamanrasset (sud), où est basé un commandement conjoint des armées de ces quatre pays; l'autre à Alger où a été créé un centre conjoint de renseignement.
Reste que l'Algérie a boycotté la rencontre de Bamako, une absence remarquée par deux quotidiens privés maliens.
Le journal L'Indépendant écrit ainsi: "c'est à croire que l'Algérie et le Mali ne pourront jamais se mettre autour d'une table et discuter franchement de la question de la sécurisation de la bande sahélo-saharienne".
Le Républicain rappelle que "l'Algérie, comme on le sait, désapprouve toute implication occidentale dans ce qu'elle qualifie de problème exclusivement régional".
Les participants des pays du Sahel à la réunion du GACT ont minimisé cette absence de l'Algérie, la mettant avant tout sur le compte de sa rivalité historique avec le Maroc qui a participé à la rencontre.
La réunion s'est tenue strictement à huis clos.
Le Canada, pays organisateur, a interdit aux journalistes d'approcher de la salle de l'hôtel où elle se déroulait et demandé aux participants de ne pas parler à la presse. "C'est un sujet trop sensible", a déclaré à l'AFP un responsable canadien de la sécurité pour justifier cette interdiction.
Stéphane BARBIER

dimanche 10 octobre 2010

Sahel: création d'un centre régional du renseignement installé à Alger



Des soldats nigériens sur la route d'Arlit, le 26 septembre 2010

ALGER — Les chefs du renseignement d'Algérie, du Niger, de Mauritanie et du Mali ont créé un centre du renseignement pour contrer le terrorisme dans le Sahel lors de leur réunion à Alger, a rapporté jeudi le quotidien algérien Al-Watan, citant une source proche dossier.
Les autorités algériennes ont gardé un mutisme total sur cette réunion qui n'a fait l'objet d'aucune déclaration officielle ni d'aucun communiqué.
Le centre, selon Al-Watan, sera constitué d'une coalition d'officiers de haut rang des quatre pays qui assumeront la défense du territoire. "Les pays de la sous-région sont capables de relever le défi, il n'y a aucun doute sur la question", indique cette source.
Les officiers échangeront toutes informations "sur les activités des groupes terroristes dans la région, leur implantation, leurs mouvements et surtout l'identité de chacun de leurs membres", explique-t-elle.
La direction du centre sera tournante, comme l'est le Conseil d'état-major militaire régional qui s'était réuni à Tamanrasset, dans le sud algérien dimanche, ajoute le journal. L'Algérie avait, à cette occasion, passé la présidence du Conseil au Mali.
Ce centre du renseignement sera "la colonne vertébrale" de la stratégie du Conseil pour neutraliser le terrorisme dans la région, précise le journal.
Al-Watan indique que la proposition, émanant selon lui du Mali, de faire entrer le Maroc a été écartée car le royaume chérifien "n'est géographiquement pas concerné".
La source citée par le journal a à ce sujet accusé "des pays étrangers à la sous-région" d'exercer des pressions pour inclure ce voisin de l'Algérie. "Les activités d'Al-Qaïda sont concentrées surtout dans les territoires du Mali, du Niger, de la Mauritanie et de l'Algérie, a-t-elle fait valoir. Le Maroc n'a pas pied dans cette région".
Rabat et Alger entretiennent des relations très tendues, notamment en raison de la question du Sahara Occidental.
"Les représentants des services de chacun des pays sont conscients de l'enjeu et acceptent le principe de constituer cette coalition à quatre et non à cinq", a déclaré ce responsable au journal algérien. Toute aide allant dans le sens du soutien logistique à cette initiative reste la bienvenue", ajoute ce responsable.
Les deux réunions d'Alger et de Tamanrasset se sont tenues une quinzaine de jours après l'enlèvement dans le nord du Niger de sept étrangers, dont cinq Français employés par le groupe nucléaire Areva et un de ses sous-traitants.
La France s'est dite prête à négocier avec Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi) qui a revendiqué le rapt, tout en lançant des recherches à partir d'une "base opérationnelle" à Niamey.

Mobilisation générale... ou presque

La vidéo des sept otages enlevés par Aqmi à Arlit, dans le nord du Niger, le 16 septembre.

La vidéo des sept otages enlevés par Aqmi à Arlit, dans le nord du Niger, le 16 septembre.© Al-Andalus/Sipa
À Tamanrasset, le 26 septembre, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger ont décidé de renforcer la coordination de leurs armées face à la menace djihadiste. Une mobilsation qui se concrétisera trois jours plus tard, par la création d'un centre commun de renseignement.
Le 26 septembre, dix jours après l’enlèvement, à Arlit (Niger), de sept employés des groupes français Areva et Satom par les salafistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le comité d’état-major opérationnel conjoint, qui regroupe, depuis avril dernier, quatre pays sahéliens (Algérie, Mali, Mauritanie et Niger), s’est réuni à Tamanrasset sous la présidence d’Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’armée algérienne.
Avant de passer le témoin, après six mois d’exercice, à son homologue malien, le général de brigade Gabriel Poudiougou – le règlement intérieur prévoit une présidence tournante –, Gaïd Salah a exhorté ses interlocuteurs à renforcer au plus vite la coordination entre leurs armées respectives, leurs pays étant directement menacés par Aqmi.
Veto algérien
Certains observateurs se sont étonnés de l’absence du Maroc, de la Libye ou du Tchad. Mais à peine la délégation malienne avait-elle formulé le souhait d’élargir la coalition antiterroriste à d’autres États de la sous-région, et en particulier du Maroc, que l’Algérie opposait son veto : « Cette question a été tranchée avant même la création de notre structure, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays sahéliens, le 16 mars 2010, à Alger. » Dès cette première rencontre, en effet, lorsque le délégué du Burkina Faso avait évoqué une éventuelle participation du royaume chérifien, Abdelkader Messahel, le ministre algérien chargé des Affaires africaines et maghrébines, avait rétorqué : « J’ai consulté les livres d’histoire et de géographie, et je n’ai trouvé nulle trace de l’appartenance du Maroc à la région sahélienne. »
Les Algériens invoquent un second argument. L’un des problèmes auxquels ils doivent faire face, disent-ils, est le narcotrafic. Or près de 40 % de la drogue qui circule dans notre zone vient du Maroc.
Plus préoccupantes que les éternelles bouderies algéro-marocaines, les divergences apparues au cours de la réunion de Tamanrasset, qui traduisent un réel manque de confiance entre les partenaires de la coalition. Algériens et Maliens se reprochent mutuellement leur mollesse dans la lutte contre Aqmi. À Bamako, il y a quelques jours, un général de brigade de la police accusait les généraux algériens d’avoir un « intérêt direct dans le trafic de la drogue ». Des officiers algériens tiennent des propos similaires à l’endroit de leurs homologues maliens. Cette suspicion réciproque explique sans doute le peu d’enthousiasme des autorités militaires maliennes à l’égard de l’état-major conjoint basé à Tamanrasset, surnommé « la coquille vide ».
Naissance du CRS
Le ton a changé depuis la réunion du 26 septembre. À Koulouba, quarante-huit heures après l’événement, le président Amadou Toumani Touré (ATT) confiait : « On ne m’a pas encore rendu compte de la teneur exacte de cette rencontre, mais les échos qui me sont parvenus m’incitent à croire au processus de Tamanrasset. Des actes concrets ont été posés. » Résolument optimiste, le chef de l’État malien veut croire que son successeur (la Constitution l’empêche de briguer un nouveau mandat en 2012) n’aura pas à faire face à une menace djihadiste dans le nord du Mali. « Si la détermination affichée est suivie de décisions concrètes, l’affaire sera pliée en quelques mois. Au plus tard au cours de l’année 2011. »
La première décision prise à Tamanrasset a été d’accélérer la mise en place d’une structure de coordination en matière de renseignement. Trois jours plus tard, les chefs des services de sécurité des quatre pays (le général major Attafi pour l’Algérie, le colonel Mamy Coulibaly pour le Mali, Mohamed Ould Meguett pour la Mauritanie, et le commissaire Mamane Chekaraou pour le Niger) ont signé, à Alger, l’acte de naissance du Centre de renseignement sur le Sahel (CRS), qui y sera basé. Composé d’officiers de haut rang issus des quatre pays membres, sa direction, tournante, est aujourd’hui assurée par Attafi, de son vrai nom Rachid Laalali, patron du contre-espionnage et coordonnateur de la lutte antiterroriste en Algérie.
Il lui incombe désormais de rendre le CRS opérationnel et d’assurer sa coordination avec le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (Caert), une institution située à El-Harrach, dans la banlieue d’Alger, et placée sous la tutelle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. L’accélération du « processus de Tamanrasset », comme l’appelle ATT, est la conséquence de l’opposition des Algériens et des Maliens à toute intervention étrangère dans la sous-région.
Cherif Ouazani, envoyé spécial
Jeune Afrique.com

jeudi 30 septembre 2010

Les pays du Sahel intensifient la lutte contre Aqmi

Des militaires nigériens patrouillent près d'Arlit, en septembre 2010.
Des militaires nigériens patrouillent près d'Arlit, en septembre 2010. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP

Les chefs des services de renseignement d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali se sont réunis mercredi à Alger. 

Envoyé spécial à Bamako
La coopération entre les pays du Sahel aux prises avec al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) semble s'accélérer. Mercredi, une réunion des chefs des services de renseignement d'Algérie, de Mauritanie, du Niger et du Mali s'est tenue à Alger. Elle devait conduire à la mise en place d'un centre censé centraliser les informations sur la nébuleuse islamiste. Ce sommet inédit, qui intervient trois jours après une autre réunion régionale, celle des chefs d'état-major à Tamanrasset, devrait permettre de compléter le dispositif régional de lutte contre le terrorisme.
«Il semble qu'il y ait une certaine prise de conscience des dangers que fait courir Aqmi au Sahel», se réjouit un Occidental à Bamako.
Pourtant, les militaires et diplomates occidentaux restent prudents. Souvent annoncée, la coopération régionale est toujours vacillante. Le quartier général de Tamanrasset regroupant les quatre armées, officiellement opérationnel depuis avril, est dans les faits loin de l'être. «Nous sommes tous d'accord pour lutter contre le terrorisme, mais nous devons nous entendre au millimètre près sur le comment», a reconnu l'un des respon sables militaires. L'entente pourrait être complexe. Les quatre pays n'ont pas une approche commune du danger. «En fait, le Mali, la Mauritanie ou le Niger manquent de moyens. La clef du problème est entre les mains d'Alger, qui semble moins pressé d'agir», tranche un diplomate africain.

Chasse gardée algérienne 


L'Algérie, puissance régionale, est la seule à disposer des forces militaires, du matériel et de l'expérience pour engager une offensive contre les groupes terroristes. L'armée dispose en outre de puissants relais dans tout le nord du Sahel. «Les Algériens n'ont pas attendu les enlèvements pour agir sur leur flanc sud», rappelle Kader Abderrahim, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Ils ont servi d'intermédiaires au Mali lors du règlement du conflit touareg en 2006 et ont gardé des contacts avec ces groupes qui évoluent sur les mêmes terrains qu'Aqmi. Paris, qui entretient des relations tendues avec Alger, ne manque d'ailleurs jamais de souligner l'importance qu'il accorde à ce pays.
Malgré tout, l'Algérie tarde à jouer ce rôle prépondérant. La presse algérienne, comme les journaux maliens, est très critique à l'égard des pressions des pays occidentaux, accusés de ne voir que leurs intérêts.
Le versement de rançons pour la libération d'otages, qui renforce les terroristes, est un autre point d'achoppement, tout comme le déploiement de troupes françaises au Niger. «Alger ne veut pas voir de forces armées sur son territoire. Il y a un problème de souveraineté exacerbé qui fait qu'à un moment ça bloque», analyse Jean-François Daguzan, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Mais la susceptibilité à l'égard de l'Europe n'est pas le seul frein. La mise en place d'une cellule de renseignements basée à Alger, se heurtera d'entrée à la volonté de certains d'élargir le cercle à d'autres pays : Maroc, Tchad et Libye. Or l'Algérie, en froid avec le Maroc, se refuse à l'intrusion de Muammar Kadhafi dans ce dossier.
 Tanguy Berthemet
Le Figaro.fr

Terrorisme : l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Mali créent un centre de renseignement commun

Les chefs du renseignement d'Algérie, du Niger, de Mauritanie et du Mali ont créé un centre du renseignement pour contrer le terrorisme dans le Sahel lors de leur réunion à Alger, rapporte jeudi le quotidien algérien Al-Watan, citant une source proche du dossier. Les autorités algériennes ont gardé un mutisme total sur cette réunion qui n'a été l'objet d'aucune déclaration officielle ni d'aucun communiqué.

Selon Al-Watan, le centre sera constitué d'une coalition d'officiers de haut rang des quatre pays qui assumeront la défense du territoire."Les pays de la sous-région sont capables de relever le défi, il n'y a aucun doute sur la question", indique la source. Les officiers échangeront toutes informations "sur les activités des groupes terroristes dans la région, leur implantation, leurs mouvements et surtout l'identité de chacun de leurs membres", explique-t-elle. La direction du centre sera tournante, comme l'est le Conseil d'état-major militaire régional qui s'était réuni dimanche à Tamanrasset, dans le Sud algérien, ajoute le journal. L'Algérie avait, à cette occasion, passé la présidence du Conseil au Mali. Ce centre du renseignement sera "la colonne vertébrale" de la stratégie du Conseil pour neutraliser le terrorisme dans la région, précise le journal.

LeMonde.fr avec AFP

mercredi 29 septembre 2010

Insécurité au Sahel: les services de renseignement de la région réunis à Alger

Un vigile surveille le site d'Areva à Arlit le 26 septembre 2010.

ALGER — Les patrons du renseignement d'Algérie, Mauritanie, Niger et Mali étaient réunis mercredi à Alger dans la plus grande discrétion pour élaborer un centre commun de renseignement afin de lutter contre l'augmentation des actes terroristes dans la région du Sahara-Sahel.
"L'ambiance est bonne, nous allons terminer cette importante réunion aujourd'hui (...) Il est nécessaire de coordonner nos actions", déclarait dans la matinée par téléphone à l'AFP un membre d'une délégation participant à la rencontre, interrogé par téléphone depuis Bamako.
La réunion sécuritaire a lieu trois jours après celle des chefs militaires des quatre pays à Tamanrasset (sud de l'Algérie) en conseil de comité d'état-major opérationnel conjoint et une dizaine de jours après un nouveau rapt d'étrangers: l'enlèvement au Niger de cinq Français, un Malgache et un Togolais, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Selon la même source, "il est évident" que compte tenu de l'immensité du Sahel, d'autres pays comme le Tchad, la Libye et le Maroc "doivent intégrer le +club+. Nous allons faire la proposition".
Mais "l'Algérie a fortement insisté sur la fait que les problèmes de la zone doivent concerner essentiellement les pays de la zone", a affirmé cette source, en soulignant que "tout le monde n'est pas d'accord".
Une source sécuritaire mauritanienne, interrogée à Nouakchott, ne semblait pas avoir tranché: "avec plus de participants ou non, ce qui nous importe, c'est bien un travail efficace et homogène, suivant une stratégie qui ménagerait toutes les susceptibilités".
Deux membres d'un tel "club" élargi entretiennent actuellement des relations très difficiles, Alger et Rabat, notamment à cause du problème du Sahara occidental, rappellent les observateurs.
En revanche, a indiqué le participant à la réunion, il y a accord "sur l'essentiel" et pour "que le centre conjoint de renseignement soit basé à Alger".
De cette initiative à Alger, Nouakchott attend une accélération de l'action conjointe des quatre pays sur le terrain, soulignant qu'elle avait mené, seule, une offensive militaire dans le nord du Mali pour y combattre des unités d'Aqmi du 17 au 19 septembre.
Des soldats nigériens sur la route d'Arlit, le 26 septembre 2010

Les renseignements mauritaniens, qui "ont une longue expérience et disposent d'une très grande documentation sur Aqmi", pourraient apporter une contribution appréciable à l'action de lutte envisagée "s'il se dégage de cette rencontre une volonté réelle de jouer franc jeu et d'accélérer la lutte" contre le terrorisme à cette réunion, a commenté la source mauritanienne.
Le quotidien algérien Liberté ajoutait mercredi un problème aux efforts du Niger, Mali, Algérie et Mauritanie pour pour unir efficacement leurs efforts: l'influence "des pays occidentaux soucieux uniquement de leurs propres intérêts". En plus, le journal reproche à l'Occident de ne pas partager avec la sous-région ses renseignements obtenus par des moyens technologiques sophistiqués, telles les photos satellitaires.
A cela s'ajoute également la position de la France au Sahel, où son armée mène une large opération de recherche de ses otages tout en se disant prête à négocier.
Paris avait été dans le collimateur d'Alger lors de la libération en février de l'otage Pierre Camatte, détenu durant trois mois. Sa libération avait suivi celle, exigée par Al-Qaïda, de quatre islamistes - deux Algériens, un Burkinabé et un Mauritanien - arrêtés en avril 2009 dans le nord du Mali où ils étaient détenus.
Les sept otages, qui seraient détenus dans le désert aux confins de l'Algérie et du Mali, sont "en vie", a indiqué mardi une source malienne impliquée dans les négociations.

mardi 28 septembre 2010

Réunion mercredi à Alger des chefs des services de renseignement du Sahel


Des soldats nigériens patrouillent à Ingall, dans le nord du pays, le 25 septembre 2010

BAMAKO — Les chefs des services de renseignement d'Algérie, Mauritanie, Niger et Mali, doivent se réunir mercredi à Alger pour mettre en place un centre commun de renseignement en matière de lutte contre le terrorisme, a-t-on appris de source diplomatique à Bamako.
"Les responsables des services de renseignement du Mali, du Niger, de Mauritanie et d'Algérie se rencontrent mercredi a Alger pour mettre en place un centre conjoint de renseignement, pour lutter efficacement contre le terrorisme dans le Sahel", a déclaré cette source à l'AFP.
"Mais pour être efficace, la coalition anti Al-Qaïda doit s'ouvrir à des pays comme le Tchad, la Libye et le Maroc qui a une expertise en matière de lutte contre l'islamisme", a ajouté cette source.
Aucune confirmation officielle de cette rencontre n'a pu être obtenue à Alger.
Elle va se tenir trois jours après une réunion dimanche des chefs d'état-major de ces quatre pays à Tamanrasset (sud de l'Algérie) au cours de laquelle ils ont fait part de leur volonté commune de renforcer la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
"A cette rencontre, il y a eu des divergences et des points d'accord. Nous sommes tous d'accord qu il faut lutter contre le terrorisme. Maintenant nous devons nous entendre au millimètre près sur le comment", a expliqué à l'AFP un des responsables des pays ayant participé à la rencontre.
Aqmi a revendiqué l'enlèvement à la mi-septembre de sept otages (cinq Français, un Togolais et un Malgache) dans le nord du Niger, transférés depuis dans le nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.

lundi 27 septembre 2010

Une nouvelle impulsion dans la lutte sous-régionale contre le terrorisme

C’est du moins l’objectif de l’Algérie, du Mali, de la Mauritanie et du Niger, dont les responsables militaires étaient réunis ce dimanche à Tamanrasset. « Comment passer à l’action au Sahel », expose Liberté en Algérie. « Après la mise en place d’une coordination des services de renseignement, voici venu le moment d’installer un poste de commandement opérationnel commun des opérations conjointes. Ce commandement aura pour objectif de traquer les éléments d’Al-Qaïda, éparpillés dans le désert » relève le journal.
« L’enlèvement au nord du Niger, mi-septembre, des sept employés d’Areva et leur transfert au nord du Mali ont ravivé l’inquiétude des Etats, constate El Watannotamment l’Algérie qui a convoqué cette réunion d’urgence à Tamanrasset. L’intervention de la France et de la Mauritanie en territoire malien (en juillet dernier) a été sévèrement critiquée, remarque le journal, et a suscité les grincements de dents des uns et des autres, mais aussi l’inquiétude de voir la région basculer vers l’Afghanisation. A l’ordre du jour, donc, relève El Watan, l’examen de la situation et les mesures à prendre pour 'faire en sorte' que chacun des pays 'assume' ses responsabilités en menant la lutte contre le terrorisme sur son propre territoire et en privilégiant la coopération régionale. » Et le quotidien algérien de s’interroger : « peut-on croire que les lourdes divergences qui ont miné ce comité vont enfin se dissiper pour laisser place à une lutte régionale coordonnée contre les phalanges d’Al-Qaïda et leurs alliés les barons de la drogue colombienne ? L’avenir nous le dira…»
L’engrenage militaire
« Depuis longtemps, on attend des responsables de la région, une harmonisation des actions. Cette autre rencontre sera-t-elle la bonne ? Le miracle aura-t-il vraiment lieu ?» Des interrogations formulées cette fois par Le Pays  au Burkina. Le Pays qui constate que « face à AQMI, les pays de la région semblent avoir compris qu’ils sont condamnés à unir leurs forces. Un plan a donc été mis au point, qui permettra de lutter avec efficacité contre le crime organisé et le terrorisme dans le Sahel. Dans ses grandes lignes, précise le quotidien burkinabé, il est prévu de baser dans le Sud algérien un poste de commandement opérationnel composé des troupes de plusieurs pays de la sous-région. L’Algérie est le premier pays à prendre les rênes de la force commune. Sur le terrain, Il y aura des équipes techniques d’appui, positionnées à des endroits précis dans tout le Sahel avec pour objectifs, entre autres, de traquer les éléments d’Al-Qaïda. »
Commentaire du Pays : « c’est donc l’engrenage dans la région. D’une part, les pays directement concernés mobilisent leurs troupes. De l’autre, Paris, excédé par les dernières audaces d’AQMI au Niger, fait débarquer des soldats dans le Sahel comme pour préparer une guerre d’endurance et de grande envergure. Il lui faut laver l’affront d’Al-Qaïda. »
L’enjeu du nucléaire
Et cette présence militaire française renforcée au Sahel inquiète certains journaux, à l’instar de l’hebdomadaire nigérien La Roue de l’Histoire, pour qui « Al–Qaïda apparaît ici comme un prétexte vertueux et le Plan Sahel décrété par le Président français Nicolas Sarkozy dans les pays comme le Niger, le Mali, la Mauritanie préfigure clairement une implantation militaire française dans le Sahel à l’image de l’Africom pour les américains. » 
Pour 
La Roue de l’Histoire, l’élément déterminant dans cette affaire est « l’enjeu stratégique autour du nucléaire ». Et « pour Areva, explique-t-il, l’essentiel était d’obtenir une présence militaire française dans la région. (…) Au fur et à mesure que le personnel civil d’Areva est évacué en France, des éléments de l’armée française vont progressivement investir le Nord nigérien. En fait, conclut l’hebdomadaire nigérien, si la France a toujours cherché une présence militaire dans la région Sahélo-saharienne, elle ne pouvait rêver meilleure occasion. »
Le terreau du terrorisme
Enfin, on revient au quotidien Le Pays, pour qui l’intervention militaire, qu’elle soit française ou interrégionale, ne règlera pas tout… « L’action militaire ne peut pas résoudre à elle seule l’ensemble des problèmes qui se posent dans cette région immense et diversement peuplée,affirme le quotidien burkinabé. Et si les Etats subsahariens ont toujours éprouvé du mal à y exercer leur autorité, relève Le Pays, c’est que les communautés qui vivent dans cette partie du continent, ont toujours su tisser, au fil du temps, des réseaux d’influence et des liens de complicité indispensables à leur survie. La probable connexion entre les islamistes et certains éléments des communautés vivant sur le vaste territoire sahélo-saharien, incite à plus de concertation et de conjugaison des efforts, affirme le quotidien burkinabé. (…) Dans un tel contexte, estime-t-il, AQMI saura toujours compter sur la complicité d’individus ou de groupuscules ayant en partage avec lui le rejet de toute influence ou tutelle étrangère, qu’elles proviennent de la puissance publique locale ou pas. Et cela, remarque Le Pays, tant que dureront la pauvreté, l’exclusion sociale et la mauvaise répartition des 'fruits de la croissance', conséquence de politiques de développement inégalitaires. »
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