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jeudi 4 novembre 2010

5 morts dans un "accrochage"


Un "accrochage très violent" a opposé  Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à une tribu arabe de Tombouctou, dans le nord du Mali, faisant quatre morts dans les rangs d'Aqmi et un au sein de la tribu, a affirmé à l'AFP une source militaire mauritanienne.

Cet incident a été démenti par le Mali et par un porte-parole de la communauté arabe de Tombouctou. "L'accrochage très violent a eu lieu à plus de cent kilomètres au nord-est de Tombouctou. Des hommes d'une tribu arabe de Tombouctou ont attaqué une bande de criminels (d'Aqmi) et en ont tué quatre", a affirmé la source militaire mauritanienne, ajoutant qu'un des membres de la tribu avait été tué.

Selon cette source, "il s'agit d'une revanche préparée apparemment par des hommes de cette tribu depuis quelque temps", l'un des leurs, un lieutenant-colonel de l'armée malienne, ayant été assassiné par Aqmi à la sortie d'une mosquée.

L'état-major de l'armée malienne a démenti cette information, de même que l'Association des arabes de Tombouctou. "C'est faux", a déclaré à l'AFP Mohamed Ould Katara, porte parole de l'Association, interrogé depuis Bamako.
En revanche, des sources militaires maliennes dans le nord, ainsi qu'une source sécuritaire étrangère dans cette région, ont indiqué qu'un "sous-traitant d'Aqmi a échappé à une arrestation dans une opération menée par une bande armée non formellement identifiée" qui a fait "un mort du côté de la bande armée".

L'armée mauritanienne est fortement présente dans la région de Tombouctou d'où "elle suit le mouvement des terroristes" dans le cadre de sa stratégie des "frappes anticipées" menées pour "empêcher l'infiltration des criminels sur (le) territoire" mauritanien, a précisé la source militaire mauritanienne.
"Nous sommes prêts à intervenir à n'importe quel moment contre ces criminels qui se retranchent de plus en plus dans les montagnes et osent rarement sortir de leurs repaires" a-t-elle ajouté.
L'armée mauritanienne a mené en juillet et septembre des opérations contre des unités d'Aqmi dans le nord du Mali où elles sont actives.

AFP

mardi 5 octobre 2010

Le Mali plongé au coeur du combat contre Aqmi

Un soldat malien en patrouille dans une zone où se trouvent des rebelles.Un soldat malien en patrouille dans une zone où se trouvent des rebelles. © Reuters
Après l’enlèvement des sept expatriés au Niger, le Mali s'est retrouvé, bien malgré lui, au cœur de l’offensive contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Retour sur une semaine qui secoué Bamako, en pleines festivités du cinquantenaire de l'indépendance.
Parade militaire, bals populaires et feux d’artifice. Le faste qui a marqué, le 22 septembre, la célébration du cinquantenaire de l’indépendance n’a pas suffi à faire illusion. Les Maliens étaient certes nombreux devant leur écran de télévision à regarder l’armée nationale parader à Bamako, mais ils n’avaient assurément pas le cœur à la fête. Depuis la mi-septembre, le pays est au centre de la bataille contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Car si c’est au Niger que sept employés des entreprises françaises Areva et Satom ont été enlevés, c’est au Mali qu’ils ont aussitôt été transférés. C’est au Mali, dans le triangle Tessalit-Kidal-Ansongo, que les salafistes ont établi leurs bases arrière. Et c’est sur le territoire malien que l’armée mauritanienne avait décidé de leur donner la chasse.
Le droit de poursuite que le chef de l’État, Amadou Toumani Touré (ATT), a accordé aux pays voisins n’est certes pas vécu comme une atteinte à la souveraineté nationale. Mais la crédibilité de l’armée, très occupée par les festivités du cinquantenaire, en a pris un coup. « Pendant que les nôtres paradent, écrit un blogueur désabusé, ce sont des soldats mauritaniens qui font le boulot. » Autre sujet de mécontentement : les victimes collatérales des opérations contre Aqmi, pour lesquelles le Premier ministre montre, de l’avis général, trop peu de compassion.
Voilà qui ne risque pas d’arranger les affaires du gouvernement, par ailleurs accusé à Paris ou à Alger de laxisme face aux terroristes. Les détracteurs d’ATT évoquent même des complicités au sommet de l’État au nom d’intérêts liés au juteux trafic de drogue et à la contrebande. Bamako se défend en évoquant la complexité de la tâche, l’immensité de son territoire et le peu de moyens dont dispose son armée (environ 8 000 hommes).
Mais, alors qu’elle était jusque-là circonscrite au Mali, la bataille contre Aqmi prend enfin une vraie dimension régionale. Retour sur la chronologie et les enjeux d’une mobilisation sans précédent.
Le film des événements
Depuis l’enlèvement de sept expatriés à Arlit, dans le nord-ouest du Niger, dans la nuit du 15 au 16 septembre, les combattants d’Aqmi ne règnent plus en maîtres imperturbables sur la bande sahélo-saharienne. Avec l’aide de ses alliés dans la région – Mauritanie, Mali, Niger, Burkina –, la France décide alors d'harcèlemer militairement Aqmi. Objectif : localiser les ravisseurs et les otages, empêcher le regroupement de différentes factions et déstabiliser son dispositif, immense toile d’araignée accrochée au désert où alternent les caches d’armes et de vivres – dans le sable ou dans des grottes –, les points de halte pour la nuit, voire pour quelques jours – au creux des dunes –, et les sentinelles.
Tout commence par un conseil restreint de défense et de sécurité, le 16 au soir, à l’Élysée, présidé par le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy. Le lendemain, vers 16 heures, des affrontements à l’arme lourde éclatent à Raz-el-Ma, à 200 km à l’ouest de Tombouctou, au Mali. Ils opposent des militaires mauritaniens au groupe de Yahya Abou Hamame. Algérien, ce lieutenant d’Aqmi, proche de l’émir Abou Zeid, dispose de 150 combattants environ, dont certains ont fait le coup de feu en Afghanistan. C’est lui qui, en décembre 2009, a fait enlever un couple italo-burkinabè en Mauritanie, finalement libéré en avril dernier. Le face-à-face avec, de part et d’autre, une dizaine de pick-up équipés de lance-roquettes et de mitrailleuses durera jusqu’à minuit. Il reprendra brièvement le lendemain matin, vers 6 heures.
Moins de quarante-huit heures les séparent mais, officiellement, le rapt d’Arlit et les combats de Raz-el-Ma ne sont pas liés. Le 18 septembre, un communiqué du ministère mauritanien de la Défense explique que l’armée a voulu « anticiper les intentions criminelles » de terroristes qui se déplaçaient vers la frontière. D’autres sources développent la thèse de l’embuscade, dans laquelle serait tombée l’armée mauritanienne. Ces deux versions lèvent l’hypothèse d’une coordination entre la France et la Mauritanie et limitent ainsi les risques de représailles contre les otages français.
La confiance entre le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, et Nicolas Sarkozy laisse cependant penser que l’opération de Raz-el-Ma n’a pu se dérouler sans que Paris en ait été averti. En tout cas, elle sert l’objectif poursuivi par la France : l’endiguement, même partiel, d’Aqmi au Mali.
Mission accomplie ? Après une accalmie, de petits avions mauritaniens de type SIAI-Marchetti SF.260 ciblent des véhicules circulant dans les environs de Tombouctou, le 19 septembre. Quatre passagers, qui se révéleront être des civils, seront touchés, dont une femme qui mourra sur le coup et une fillette qui succombera à ses blessures à l’hôpital.
L’armée mauritanienne, qui n’a pas l’intention d’en rester là, annonce 8 morts dans ses rangs et 12 du côté d’Aqmi. Selon plusieurs sources maliennes, les pertes mauritaniennes seraient cependant plus importantes. Plusieurs corps auraient aussi été piégés à l’explosif (la méthode a été employée par Aqmi après avoir tué 11 soldats mauritaniens et leur guide, en septembre 2008).
Aqmi n’est pas seulement traqué dans la région de Tombouctou. Pendant qu’une de ses factions se bat contre l’armée mauritanienne, la France met son dispositif en place. Elle choisit Niamey pour base aérienne, et Ouagadougou pour base commando. Dans la capitale nigérienne, 80 militaires d’un détachement air sont déployés. Ils assurent le pilotage, l’entretien et la protection de trois avions de reconnaissance Breguet Atlantic dotés de radars, de caméras infrarouges et, surtout, de matériel de détection des signaux électromagnétiques (conversations par radio ou par téléphone satellitaire). Ces avions aux grandes oreilles survolent en permanence l’Adrar des Ifoghas, massif montagneux où se croisent les frontières algérienne, nigérienne et malienne. À Ouagadougou, des éléments hyperentraînés du Commandement des opérations spéciales (COS) sont sur le pied de guerre. Si des renseignements précis leur arrivent, ces forces spéciales françaises sont prêtes à frapper à tout moment pour libérer les otages.
Voir notre infographie "Une mobilisation régionale sans précédent"
Comment ATT gère le dossier AQMI
Pendant ce temps, à Bamako – et jusqu’au sommet de l’État, selon des familiers du pouvoir –, on se sent un peu désemparé. Car c’est à la présidence que tout se décide dès qu’il est question du septentrion malien. « Cela relève exclusivement de Koulouba », confirme-t-on dans les états-majors des partis politiques, en référence à la colline sur laquelle se trouve le palais présidentiel. La gestion du Nord-Mali semble d’ailleurs échapper aux autres institutions de la République. « Le Parlement et la classe politique ne sont nullement associés à la prise de décisions », déplore Ousmane Sy, secrétaire politique de l’Adema, première force politique du pays. « On n’a pas fini de payer une telle erreur. »
Parce qu’il est originaire de la région (né à Mopti, il a longtemps dirigé les troupes d’élite de l’armée malienne dans les trois régions du Nord), ATT est sans doute celui qui connaît le mieux ces questions. « Ma principale préoccupation est d’éviter l’effusion de sang », ne cesse-t-il de marteler pour justifier le fait qu’il privilégie le dialogue. « C’est mon passé de militaire qui me dicte d’éviter la logique de l’affrontement. »
Mais il serait faux de croire que le chef de l’État agit seul. Il écoute, consulte et reçoit, même si c’est en cercle restreint que les décisions sont prises. Qu’il s’agisse d’Aqmi, de la rébellion touarègue ou du narcotrafic, quatre hommes – tous militaires – ont son oreille : le général à la retraite Kafougouna Koné, aujourd’hui ministre de l’Administration territoriale ; le général de brigade Gabriel Poudiougou, chef d’état-major général des armées ; le colonel Mamy Coulibaly, patron de la sécurité d’État ; et, sans doute le plus important, le général Habib Sissoko, dit « Man », chef d’état-major particulier d’ATT. Ils constituent à eux cinq le véritable conseil de sécurité du Nord-Mali.
Pour la première fois, tous contre Al-Qaïda
« Un électrochoc ? Oui, on peut le dire comme ça. » À Paris, un diplomate de haut rang constate que les pays de la sous-région se mobilisent comme jamais ils ne l’avaient fait. « Ceux qui étaient déjà conscients du danger Al-Qaïda en ont davantage conscience [sous entendu : les Nigériens et les Mauritaniens, NDLR] et ceux qui n’en avaient pas encore bien conscience ouvrent enfin les yeux [sous entendu : les Maliens]. »
Dès le lendemain du rapt des sept expatriés, Nicolas Sarkozy et son homologue nigérien, Salou Djibo, se sont parlé au téléphone. C’est à ce moment qu’a été décidé l’envoi express à Niamey de trois Breguet Atlantic venus de la base française de Lann-Bihoué, en Bretagne. « Au Niger, l’accueil a été très chaleureux », confie un décideur français. Cet accueil aurait-il été plus réservé si Tandja était encore au pouvoir ? « Peut-être. »
Entre la France et la Mauritanie, la complicité est encore plus forte. « Le général Aziz est l’homme d’État de la région qui montre le plus de détermination », dit Paris. Depuis son arrivée au pouvoir, en août 2008, Mohamed Ould Abdelaziz accueille discrètement dans son pays des instructeurs de l’armée française, qui, non loin de la palmeraie d’Atar, entraînent des forces spéciales mauritaniennes – et une brigade nigérienne. Aujourd’hui, ce sont les mêmes forces spéciales qui combattent Aqmi dans la région de Tombouctou.
Pas un nuage non plus, apparemment du moins, entre la France et le Burkina Faso. Quand Paris a demandé l’autorisation de prépositionner des soldats commandos à Ouagadougou, Blaise Compaoré n’a fait « aucune difficulté ». Avec le Mali, les choses bougent. « Avant, il y avait chez les Maliens une forme de déni face au terrorisme. Là, ils prennent en compte la vraie dimension du problème », estime un haut fonctionnaire français, qui dément que Nicolas Sarkozy ait demandé à Amadou Toumani Touré le droit pour les avions français d’utiliser les pistes de Ménaka ou de Kidal (Nord-Est). Pas question d’exposer des avions français à une éventuelle attaque d’Aqmi sur un aéroport. Tout sauf le scénario des Vietcongs tirant sur les avions américains basés à Saigon, en 1968. Niamey, c’est sûr. Mais Kidal…
Reste la grande inconnue : l’Algérie. Abdelaziz Bouteflika ne voit pas d’un bon œil le déploiement de soldats de l’ancienne puissance coloniale au sud des frontières de son pays. Mais, devant la gravité de la situation, il ferme les yeux sur l’arrivée de militaires français à Niamey et Ouagadougou. Pourvu que ce soit provisoire, le temps d’essayer de libérer les otages. Les Algériens sont beaucoup plus circonspects sur la présence depuis un an d’instructeurs français en Mauritanie. Le 22 juillet, lors du raid franco-mauritanien sur le nord du Mali, ils ont froncé les sourcils. De bonne source, le 16 septembre, Nouakchott a souhaité que des militaires français participent aux opérations contre Aqmi dans le nord du Mali. Mais Alger a fait connaître sa désapprobation. Du coup, Paris – qui ne veut surtout pas froisser Alger dans cette affaire – se contenterait pour l’instant d’apporter un soutien logistique aux forces mauritaniennes.
Entre salafistes et nomades, le gentleman’s agreement
Le Sahel est grand, mais les points d’eau sont trop rares pour que Touaregs et salafistes puissent éviter de se croiser. Les premiers éprouvent traditionnellement peu de sympathie pour le discours des islamistes radicaux, et seuls une poignée d’entre eux – plutôt chauffeurs ou guides que combattants – accompagnent les djihadistes au quotidien. Mais les bases arrière d’Aqmi se situent dans les trois régions du nord du Mali où vivent les Touaregs – des régions sur lesquellesBamako a depuis bien longtemps renoncé à sa souveraineté en échange de la paix.
À défaut d’idéaux, salafistes et Touaregs ont parfois des intérêts communs. En février 2007, des affrontements meurtriers avaient opposé des combattants d’Aqmi et des membres de la rébellion touarègue d’Ibrahim Ag Bahanga à Tin Zawatine, à la frontière entre le Mali et l’Algérie. Aqmi avait alors essuyé de lourdes pertes. Depuis, c’est la coexistence pacifique. Les salafistes évitent de s’en prendre aux bergers et aux caravanes qu’ils croisent. Il leur arrive de distribuer des vivres, de l’eau et du carburant, ou même de financer l’aménagement d’une guelta (point d’eau). Quant aux Touaregs qui font de la contrebande, ils paient un droit de passage à Aqmi quand ils traversent une de ses zones.
La nouveauté toutefois, c’est que certains mouvements touaregs participent aujourd’hui aux prises d’otages. Le 16 décembre 2008, deux jours après l’enlèvement des Canadiens Robert Fowler et Louis Gay près de Niamey, un rebelle touareg nigérien, Rhissa Ag Boula, a revendiqué l’opération sur le site du Front des forces de redressement (FFR), avant d’être contredit quelques heures plus tard par le président de ce mouvement. Scénario le plus probable : les deux otages ont été d’abord capturés par des Touaregs, puis « revendus » à Aqmi.
En janvier 2010, quand l’otage Pierre Camatte était aux mains d’Abou Zeid, il a croisé un Touareg de Ménaka, la ville du nord-est du Mali où le Français avait été enlevé. Preuve que les salafistes utilisent les renseignements de Touaregs pour s’emparer de leurs proies. Visiblement, le 16 septembre à Arlit, les terroristes d’Aqmi ont bénéficié aussi de complicités locales pour repérer les domiciles des expatriés. Les rescapés de ce raid – ceux qui ont été relâchés à 40 km de la cité minière – ont entendu plusieurs ravisseurs parler tamasheq, la langue de la communauté touarègue. Enfin et surtout, un Touareg malien fait partie désormais des émirs d’Aqmi. Son nom : Abdelkrim. Surnommé Taleb, cet ancien imam à Kidal règne sur un groupe de 60 hommes – touaregs eux aussi – et peut se targuer d’être l’un des rares émirs non algériens de l’organisation terroriste.

jeudi 23 septembre 2010

Lutte anti-Aqmi: Bamako réticent par crainte de raviver la rébellion touareg

Des soldats maliens prennent position à Kidal après une rébellion touareg, le 28 mai 2006.

Stéphane BARBIER (AFP)
DAKAR — La réticence du Mali à combattre les unités d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord de son territoire, où il laisse l'armée mauritanienne les traquer, est en partie liée à sa crainte de voir resurgir la rébellion touareg dans cette même région.
En deux mois, l'armée mauritanienne est intervenue à deux reprises dans le nord du Mali, pour combattre et bombarder des unités d'Aqmi, alors que la dernière confrontation connue entre la branche magrébine d'Al-Qaïda et l'armée malienne remonte à plus d'un an.
Le président malien Amadou Toumani Touré, dit ATT, a été accusé de "laxisme" dans la lutte anti-Aqmi par l'Algérie et la Mauritanie. Ces deux pays, en début d'année, avaient rappelé leurs ambassadeurs à Bamako pour protester contre la libération par le Mali de prisonniers islamistes, en échange de la libération d'un otage français, Pierre Camatte. Ils ont depuis regagné leur poste.
En réalité, explique Alain Antil, de l'Institut français de relations internationales (Ifri), "la politique d'ATT remonte à la rébellion touareg". "Depuis, il essaye de ne pas braquer les gens du nord contre lui et donc son armée ne s'aventure pas trop dans cette zone", dit-il.
Un soldat malien patrouille à Kidal, le 26 mai 2006.

Comptant environ 1,5 million de personnes réparties entre Niger, Mali, Algérie, Libye et Burkina Faso, les Touaregs ont posé ces dernières années de sérieux défis sécuritaires, surtout à Bamako et Niamey.
Le Mali a été confronté dans les années 90 et 2000 à des rébellions touaregs qui ont pris fin en 2009. Mais la paix reste fragile et une reprise de la rébellion "est un grand risque" pour ATT, souligne Alain Antil.
Une paix obtenue en échange d'une démilitarisation partielle du nord du Mali, mais malgré cela, la rébellion "est en veilleuse", souligne également Moussa Samba Sy, politologue mauritanien, directeur du Quotidien de Nouakchott. Par crainte de la raviver, "le Mali ne souhaite pas être impliqué de manière trop directe dans la lutte contre Aqmi", ajoute-t-il.
Si les actions d'Aqmi y sont moins nombreuses qu'en Mauritanie ou en Algérie, le Mali n'est cependant pas totalement épargné.
L'armée malienne, en dépit d'effectifs moins élevés que celle de la Mauritanie (environ 7.000 hommes contre quelque 20.000), "a porté de gros coups à Aqmi", reconnait M. Samba Sy.
Le 17 juin 2009, deux mois après l'exécution de l'otage britannique Edwin Dyer, elle avait pour la première fois attaqué une base d'Al-Qaïda sur son territoire, à Garn-Akassa, près de la frontière algérienne: bilan, 26 "combattants islamistes" tués, selon elle.
Trois semaines plus tard, de violents combats l'opposaient à Aqmi dans le nord malien, faisant des dizaines de morts dans les deux camps, selon l'armée, 28 soldats maliens tués, selon Aqmi.
Plus récemment, fin août, Aqmi revendiquait l'exécution d'un douanier malien capturé quelques jours auparavant.
La volonté de ne pas ranimer la rébellion touareg au risque d'apparaître moins engagé contre Aqmi que d'autres "est un scénario bancal", estime Alain Antil et le président ATT en est conscient.
Un soldat malien prépare ses armes à Kidal le 28 mai 2006.

Face à la multiplication des actions d'Aqmi - la dernière étant l'enlèvement de sept otages dont cinq Français au Niger transférés depuis au Mali - "il doit faire la preuve qu'il collabore", d'où les autorisations données à la Mauritanie pour intervenir sur son territoire, souligne-t-il.
"On a cru percevoir une espèce de modus vivendi" entre Aqmi et le Mali, "mais il existe dans ce pays une nouvelle volonté de combattre Aqmi', souligne également Moussa Samba Sy.
Preuve de cette "nouvelle volonté", une source militaire malienne affirme que son pays entend remilitariser à court terme le nord de son territoire, volontairement dégarni en échange de la paix avec les Touaregs.
Mais le Mali n'entend pas agir seul, et souhaite une riposte de toutes les armées concernées dans la région.

mercredi 3 mars 2010

La Mauritanie ne négociera pas avec les terroristes de l'AQMI (Parti au pouvoir)

« Le président Aziz ne permettra pas des négociations avec les terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique, parce qu'ils ont les mains tachées du sang de martyrs de l'armé nationale », a affirmé lundi, dans une déclaration à la presse internationale, Dieh Ould Kleib, responsable du parti au pouvoir en Mauritanie.

Al-Qaïda au Maghreb Islamique détient en otage depuis plus de deux mois trois humanitaires espagnols et deux ressortissants italiens et exigent pour leur libération celle de quatre de ses combattants détenus en Mauritanie.

Ould Kleib a expliqué qu'il n'y a pas lieu de faire la comparaison entre la Mauritanie et le Mali où les autorités ont libéré quatre terroristes pour obtenir la libération de l'otage français Pierre Camatte.

« Je pense que nos frères maliens se sont placés hors de l' arène du combat contre le terrorisme, ce qui nous amène à douter de leur qualité de partenaire dans cette lutte ».

Le responsable de l'UPR a demandé aux pays occidentaux de ne pas adopter la politique de « deux poids, deux mesures, en refusant de négocier avec les terroristes et en exigeant que les autres le fassent ».

Ould Kleib a conclu que la responsabilité de la mort ou de la vie de l'otage italien, Sergio Cicala et de son épouse enlevés en Mauritanie, incombe entièrement au gouvernement de son pays, l' Italie. 

Al Qaïda avait menacé de l'exécuter l'otage italien si ses exigences ne sont pas satisfaites. Cet ultimatum a pris fin hier, lundi, à minuit.

Xinhua

lundi 22 février 2010

La Mauritanie rappelle son ambassadeur à Bamako (offici

La Mauritanie a annoncé lundi qu'elle rappelait son ambassadeur à Bamako, en "dénonçant" la remise en liberté au Mali de quatre islamistes (algériens, burkinabè et mauritanien) dont la libération était exigée par la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

"La Mauritanie, tout en exprimant sa dénonciation et son rejet de cette mesure, a décidé de rappeler son ambassadeur à Bamako pour consultation", a annoncé le ministère mauritanien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Quatre islamistes détenus au Mali et dont la libération était exigée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pour relâcher un otage français, ont été "libérés dans la nuit de dimanche à lundi", avait indiqué lundi matin à l'AFP une source sécuritaire malienne.

Le ministère mauritanien qualifie de "surprenante" la décision malienne de "remettre à une partie terroriste un Mauritanien réclamé par la justice mauritanienne".

"Cette mesure non cordiale prise par les autorités maliennes porte atteinte aux relations séculaires existant entre les deux pays", ajoute-t-il.

"Elle est de surcroît en contradiction flagrante avec les accords en matière de coopération judiciaire et de coordination sécuritaire", signés par Nouakchott et Bamako, estime le ministère dans un communiqué en langue arabe.