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mercredi 5 août 2009

Mohamed Ould Abdel Aziz investi à la tête de la Mauritanie

NOUAKCHOTT - Mohamed Ould Abdel Aziz, auteur du coup d'Etat d'août 2008 qui a renversé le premier président démocratiquement élu de Mauritanie, a été investi mercredi comme chef de l'Etat après avoir remporté l'élection présidentielle du 18 juillet.

Mohamed Ould Abdel Aziz, auteur du coup d'Etat d'août 2008 qui a renversé le premier président démocratiquement élu de Mauritanie, a été investi mercredi comme chef de l'Etat après avoir remporté l'élection présidentielle du 18 juillet. (Reuters/Ahmed Jadallah)

Mohamed Ould Abdel Aziz, auteur du coup d'Etat d'août 2008 qui a renversé le premier président démocratiquement élu de Mauritanie, a été investi mercredi comme chef de l'Etat après avoir remporté l'élection présidentielle du 18 juillet. (Reuters/Ahmed Jadallah)

Les candidats malheureux ont dénoncé des fraudes, mais la France s'est dit prête à reprendre sa coopération avec la Mauritanie qui s'est engagée à faire de la lutte contre al Qaïda une priorité.

Avec cette élection, la Mauritanie est non seulement redevenue respectable, mais elle est aussi redevenue pour la France un partenaire essentiel dans la région, a déclaré à des journalistes, avant la cérémonie, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.

Le président Aziz est particulièrement sensible à la question de la sécurité et à la lutte contre la menace terroriste, a-t-il ajouté en exhortant la Mauritanie et le Mali à coopérer dans ce domaine.

La Mauritanie et le Mali ont été tous deux le théâtre d'attentats d'Al Qaïda. Le groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a notamment revendiqué le meurtre en juin à Nouakchott d'un travailleur humanitaire américain.

S'exprimant devant plusieurs milliers de partisans venus assister à son investiture au Stade olympique de Nouakchott, Aziz a promis de combattre la corruption et de respecter la loi.

La France, ancienne puissance coloniale, est l'un des principaux partenaires de la Mauritanie tant pour le commerce que pour l'aide. En 2007, elle avait prévu un aide de 93 millions d'euros sur quatre ans, dont 30% ont été versés jusqu'ici. Alain Joyandet a déclaré que la France envisageait maintenant de débloquer le reste des fonds.

RELANCE DE LA COOPÉRATION

Au cours des prochains mois, la coopération sera relancée et nous réexaminerons les priorités de développement, a-t-il dit.

L'Union européenne a suspendu ses versements d'aide à la Mauritanie en signe de protestation contre le putsch d'août dernier, mais elle a laissé entendre qu'elle pourrait reprendre la coopération.

Mais si la réaction internationale semble positive, l'opposition mauritanienne continue de dénoncer la manière dont Abdel Aziz a remporté 52,6% des suffrages.

Le Front national pour la Défense de la Démocratie (FNDD), une coalition politique qui a fait campagne pour le départ d'Abdel Aziz depuis son coup de force de l'an dernier, a fait savoir qu'il ne participerait pas à la cérémonie d'investiture à laquelle assistaient les présidents sénégalais et malien.

L'élection du 18 juillet n'a été ni libre, ni démocratique, ni transparente, écrit le FNDD dans un communiqué commun avec le Rassemblement des Forces démocratiques (RFD, opposition).

Les candidats qui s'étaient présentés contre Abdel Aziz ont déposé le mois dernier un recours contre sa victoire devant la Cour constitutionnelle, mais cette dernière a rejeté leur recours.

Cette élection est un coup d'Etat légalisé par la fraude, a déclaré Ely Ould Mohamed Vall, ancien chef d'Etat qui s'est présenté à la présidentielle et a recueilli moins de quatre pour cent des suffrages.

Cela n'a pas de légitimité intérieure et cela n'aura pas de légitimité internationale, a-t-il ajouté.

Reuters, le 05/08/2009

Mauritanie: le général Aziz investi président un an après son coup d'Etat

NOUAKCHOTT — Mohamed Ould Abdel Aziz, élu président de la Mauritanie le 18 juillet, devait être officiellement investi mercredi en grande pompe, au cours d'une cérémonie dans le stade olympique de Nouakchott, à la veille de l'anniversaire du coup d'Etat qu'il a lui-même mené.

Ce général de 53 ans, qui a renversé le 6 août 2008 le président civil Sidi Ould Cheikh Abdallahi, a été élu avec plus de 52% des suffrages, dès le premier tour de la présidentielle dont les résultats ont été rapidement validés par le Conseil constitutionnel, en dépit des contestations de l'opposition.

Aziz doit prêter serment en tant que quatrième président de la République islamique de Mauritanie, ex-colonie française, indépendante depuis 1960.

Pour cette cérémonie, prévue à partir de 16H00 (locales et GMT), deux dirigeants de pays voisins sont attendus: le Malien Amadou Toumani Touré et le Sénégalais Abdoulaye Wade qui avait favorisé la signature, en juin, d'un accord de sortie de crise politique en Mauritanie.

"Bien sûr, sont aussi invités les candidats, anciens adversaires du président élu", a fait valoir le porte-parole du nouveau chef d'Etat, Ba Adama Moussa.

Les deux principaux candidats de l'opposition - Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah - ont réclamé une enquête sur des "fraudes massives" ayant entaché selon eux la sincérité du scrutin.

Si l?Union européenne a exigé, en vain, une enquête indépendante sur ces allégations de fraude et de manipulation, la France et les Etats-Unis ont rapidement félicité le nouveau chef d'Etat.

"Nous avons hâte de travailler avec le président élu Aziz et avec son gouvernement sur les multiples défis auxquels fait face son pays", avait déclaré l'ambassade des Etats-Unis à Nouakchott aussitôt après le scrutin.

Washington se préoccupe en particulier du développement des actions de la branche maghrébine d'Al-Qaïda, qui a revendiqué l'assassinat en plein jour, en juin, d'un Américain à Nouakchott.

La France sera représentée à la cérémonie par son secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet.

"Ma présence est significative. Cela veut dire que le président Nicolas Sarkozy souhaite adresser un message d'amitié et de solidarité au peuple mauritanien", a déclaré mardi soir M. Joyandet. Il veut aussi "se réjouir qu'un nouveau pouvoir officiel soit en place pour enclencher une nouvelle période de coopération entre la France et la Mauritanie, que nous souhaitons intense avec ce pays ami de toujours", a ajouté l'émissaire français.

A Paris, l'association Survie s'est étonnée que la France puisse parler de "retour de la démocratie à l'occasion de l'arrivée au pouvoir d'un général putschiste par une élection contestée".

"La +doctrine+ internationale qui prévalait ces derniers temps en matière de coup d'État était d'ailleurs que les putschistes ne devaient pas se présenter à une quelconque élection de transition" a-t-elle souligné.

L'investiture aura lieu dans un stade de 20.000 places. Le porte-parole d'Aziz assure que "ce choix du grand stade émane du fait que le président élu" veut notamment "savourer sa victoire avec le petit peuple".

Revenant sur sa victoire surprise dès le premier tour, l'hebdomadaire indépendant Le Calame a évoqué "sa campagne électorale étalée sur une année", ses "discours populistes", ou encore des mesures annoncées "en faveur des couches les plus faibles" et des "ayant-droits des victimes" négro-mauritaniennes des tueries de 1990-1991.