Affichage des articles dont le libellé est Infos Terrorisme AQMI Enlèvements Niger Mali France. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Infos Terrorisme AQMI Enlèvements Niger Mali France. Afficher tous les articles

vendredi 15 octobre 2010

Réunion d'experts anti-terroristes au Mali où Aqmi détient sept ôtages


Photo, diffusée le 30 septembre 2010 par un site islamiste, des otages français d'Aqmi au Sahel, dont la seule femme du groupe, le visage flouté

BAMAKO — Des experts de la lutte anti-terroriste des pays du G8 ont entamé symboliquement mercredi une réunion à Bamako, capitale d'un pays dont la partie nord est un des théâtres d'opération d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui y détient sept otages, dont cinq Français.
Que ces experts se réunissent au Mali à ce moment précis pour étudier les moyens de renforcer la lutte anti-terroriste, "est une marque d'estime et de confiance", a déclaré Moctar Ouane, ministre malien des Affaires étrangères, à l'ouverture des travaux d'experts du Groupe d'action contre le terrorisme du G8 (GACT).
Une réunion de deux jours élargie à plusieurs pays de la bande sahélo-saharienne et d'Afrique de l'Ouest, ainsi qu'à l'ONU, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
L'Algérie, pays le plus puissant de la bande sahélo-saharienne, a boycotté la rencontre à laquelle participe son plus grand rival régional, le Maroc.
Alger, qui a régulièrement critiqué Bamako par le passé pour son laxisme à l'égard d'Aqmi, considère en outre que la lutte contre cette organisation est l'affaire des seuls pays du Sahel et ne souhaite pas l'implication de pays qui y sont étrangers.
"Je suis attristée par les circonstances qui nous réunissent aujourd'hui, la menace constante et inquiétante du terrorisme", a déclaré Virginie Saint-Louis, ambassadrice du Canada à Bamako, présidente de la rencontre.
La diplomate canadienne a rappelé l'attentat commis le 1er octobre à Abuja lors de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Nigeria (12 morts) et l'enlèvement mi-septembre, dans le nord du Niger, de sept étrangers (cinq Français, un Malgache et un Togolais), transférés dans le nord-est du Mali où ils sont retenus en otage par Aqmi.
"Aqmi ne respecte pas plus les frontières qu'elle ne respecte les règles internationales, la souveraineté nationale ou, bien sûr, la vie de gens innocents", a noté l'Australien Mike Smith, directeur exécutif du comité contre le terrorisme de l'ONU.
"Au contraire, Aqmi exploite l'existence des frontières" en implantant "des abris et des camps d'entraînement dans les coins reculés de la région, d'où elle lance des attaques dans les territoires d'autres pays," a-t-il souligné.
Selon lui, "le seul moyen pour les Etats du Sahel d'être capables de contrer cette menace de manière efficace sur le long terme", c'est d'agir "collectivement" par une "coopération opérationnelle dans des domaines comme le renseignement" et "le contrôle des frontières".
Il a également encouragé ces Etats à travailler avec des puissances "en dehors de la région" et à construire "une confiance mutuelle par le biais d'exercices et d'entraînements communs".
Le manque de coopération régionale dans la lutte anti-Aqmi et les réticences à l'égard de l'implication de pays comme la France ou les Etats-Unis, favorise les activités d'Aqmi qui commet attentats et enlèvements dans le Sahel, mais est également soupçonnée d'entretenir des liens avec d'autres groupes radicaux islamistes en Afrique de l'Ouest.
La multiplication des activités d'Aqmi semble avoir cependant entraîné une prise de conscience dans ces pays sur la nécessité de s'entendre face au groupe.
Fin septembre, en l'espace de quatre jours, les états-majors des armées du Mali, du Niger, de l'Algérie et de la Mauritanie se sont réunis à Tamanrasset (sud de l'Algérie) où a été établi un commandement militaire conjoint, et ont créé à Alger un centre conjoint du renseignement.
Stéphane BARBIER

jeudi 30 septembre 2010

"Nous avons été enlevés la nuit dans notre logement par un groupe d'Al-Qaida"

Image extraite de la vidéo diffusée par Al-Jazira.
D.R.
Image extraite de la vidéo diffusée par Al-Jazira.
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a mis en ligne jeudi 30 septembre une photographie des sept otages enlevés au Niger, dont cinq Français, accompagnée d'un enregistrement audio. Il s'agit de la première image et du premier enregistrement des otages depuis leur rapt, il y a deux semaines, un "signe encourageant" pour Paris.

L'enregistrement était diffusé sur un site islamiste, accompagné d'une photographie montrant les sept otages, dont un Togolais et un Malgache, enlevés au Niger. Il sont assis à même le sable sur un terrain désertique, et des hommes en armes, pour la plupart le visage couvert, se tiennent debout derrière eux. La chaîne Al-Jazira du Qatar a également diffusé cette image fixe, sur laquelle les ravisseurs pointent leurs armes vers le dos des otages, sans diffuser le contenu de l'enregistrement. Le document, mis en ligne par le site islamiste Shamikh1.net, porte la mention en français
"Photos et enregistrement audio pour les otages français au Niger". Il a été produit par Al-Andalus media, bras médiatique d'AQMI.Interrogé en français par un homme qui lui demandait de dire par qui il avait été enlevé,l'otage Daniel Larribe, qui se présente comme ingénieur déclare : "Nous avons été enlevés la nuit dans notre logement (...) par un groupe d'Al-Qaida au Maghreb islamique et nous sommes détenus à l'heure actuelle par AQMI."Les quatre autres français retenus ont également décliné leur identité et dit chacun à son tour avoir été "enlevé et détenu par AQMI", selon l'enregistrement audio d'une durée de 4 minutes et 5 secondes.
A Paris, au ministère des affaires étrangères,"cette photographie a été authentifiée. Même si nous ne savons pas à quelle date elle a été réalisée, elle constitue un signe encourageant dans la mesure où elle montre tous les otages en vie", a affirmé dans un communiqué le porte-parole du ministère, Bernard Valero."Les services de l'Etat restent pleinement mobilisés et mettent tout en œuvre afin d'obtenir leur libération. Nous sommes en liaison constante avec leurs familles", a-t-il ajouté.
Image extraite de la vidéo diffusée par Al-Jazira.
LePost.fr
Image extraite de la vidéo diffusée par Al-Jazira.
DERNIÈRES NOUVELLES RASSURANTES
Une source malienne, généralement impliquée dans les négociations en vue de la libération des otages, a assuré au cours du week-end que les otages étaient toujours en vie et étaient "détenus entre les déserts malien et algérien", dans la zone de Timétrine. Le gouvernement français a déclaré attendre les revendications des islamistes avant de "discuter", mais a fait savoir qu'il avait"toutes les raisons de penser que les otages [étaient] en vie".

"J'ai bien entendu espoir, mais c'est forcément quelque chose de complexe, difficile, incertain avec en face un groupe de quatre cent cinquante à cinq cents hommes – puisque c'est à peu près cela le nombre de combattants d'Al-Qaida sur ces zones immenses –, un groupe qui fait la guerre à la totalité de l'Occident", a fait savoir le ministre de la défense, Hervé Morin. L'Elysée a ajouté que les services français étaient "prêts à discuter avec les ravisseurs".

La diffusion de cette vidéo intervient alors que les autorités d'Algérie, du Niger, de Mauritanie et du Mali ont créé, jeudi, un centre du renseignement pour contrer le terrorisme dans le Sahel, selon des informations du quotidien algérien El-Watan.

mardi 21 septembre 2010

Intervenir au Mali pour libérer les otages des sanctuaires d'Aqmi, serait périlleux

La région de Tombouctou en avril 2006

PARIS — Les otages français et africains enlevés à Arlit (Niger) sont détenus, selon des sources locales, dans des massifs rocheux du nord du Mali difficiles d'accès où une intervention pour les libérer serait difficile et périlleuse, expliquent à l'AFP des spécialistes de la région.

Une opération militaire pour libérer les otages est toujours possible, mais elle serait dangereuse pour les prisonniers, très difficile à monter et hors de portée des armées de la région, assurent des experts.

Si ce n'est pas l'Afghanistan, ce sont des régions isolées, montagneuses, escarpées, où les clans locaux, depuis toujours rétifs à toute autorité, assistent les hommes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), soupçonnés de détenir les otages, par intérêt ou à cause de relations familiales.

Ces régions, et notamment le massif de Timétrine, à 450 km au nord-est de Tombouctou, l'explorateur français Régis Belleville, les a sillonnées depuis plus de dix ans.

"Ce sont des escarpements rocheux, des blocs de rochers délités, très découpés, traversés d'Est en Ouest par une grande bande sableuse qui sert de lieu de passage à tous les trafics", explique-t-il à l'AFP. "Il y a des puits ancestraux, des micro-climats locaux pour les troupeaux, comme de petits jardins préservés pour les tribus berabiches, avec lesquelles les gars d'Aqmi ont noué des liens familiaux. Là, ils sont tranquilles. Si quoi que ce soit bouge, ils sont prévenus".

Pour déjouer la surveillance satellitaire ou électronique, "il est possible qu'ils utilisent les dromadaires, pour être plus discrets que les véhicules. S'ils ont séparé les otages en petits petits groupes sur des dromadaires, ils sont indétectables", ajoute-t-il.

Un touareg utilisant un téléphone satellitaires dans le nord du Malil en novembre 2006

Le journaliste mauritanien Isselmou Ould Moustapha, spécialiste du jihadisme à Nouakchott, ajoute: "la principale force d'Aqmi, ce sont les relations matrimoniales tissées au fil des ans avec les tribus".

"Les jihadistes sont tous polygames: donc chaque fois qu'ils bougent vers un autre secteur ou un autre erg, ils ont des femmes et des enfants pas loin. Cela créé des solidarités familiales", précise-t-il, joint au téléphone depuis Paris.

"En cas d'opération militaire, s'il y a des victimes parmi les civils, cela renforce le sentiment de solidarité déjà existant. Comme les frappes maladroites en Afghanistan: si cela touche des civils, ils deviennent talibans dès le lendemain", ajoute-t-il.

Ces derniers mois, des sources concordantes au Mali on fait état d'abris, enterrés pour résister à des raids aériens, que les jihadistes auraient creusé dans des chaos rocheux du désert malien.

Des touaregs le 23 février 2005 entre Agadez et Arlit

A Paris, le chercheur Pierre Boilley, qui dirige au CNRS le Centre d'étude des mondes africains (Cemaf), précise que les combattants salafistes, descendus d'Algérie, ont choisi "des régions isolées, où ils ont entamé il y a vingt ans une cohabitation bien comprise avec les tribus locales, à base de relations d'affaires, de menaces et de liens familiaux".

"Tous les trafics passent par ces régions: drogue, armes, clandestins, avec des complicités qui remontent parfois très haut, étant donné les sommes en jeu", ajoute-t-il. "Il y a des intérêts troubles, qui ne vont pas tous dans le sens d'une éradication d'Aqmi".

Pour mener une opération de libération des otages, confie le colonel à la retraite Gilles Denamur, ancien attaché militaire français au Niger, "tout dépendra des renseignements. Il faut qu'ils soient sûr à 100%, et c'est le plus difficile, d'autant qu'il est probable que les otages ont été ou vont être séparés".

"Il faut une action rapide, brutale. Pour cela, je ne vois que les forces spéciales françaises, avec un soutien et une préparation de nos amis africains. Mais il faudra être patients, attendre sans doute de longues semaines".