En Mauritanie, la fin de l’année 2009 a été marquée par les enlèvements de trois Espagnols et d’un couple d’Italiens revendiqués par AQMI. Le gouvernement a décidé pour la première fois de combattre le terrorisme sur le terrain religieux. Du 18 janvier au 2 février, une vingtaine d’oulémas ont débattu avec les 67 prisonniers accusés de terrorisme. Un débat fructueux, si l’on en croit le porte-parole des oulémas. Isselmou ould Mustapha, directeur de l’hebdomadaireTahalil et spécialiste de la question terroriste en Mauritanie dresse le bilan de cette initiative.
samedi 6 février 2010
jeudi 4 février 2010
Mauritanie: "repentir" de nombreux détenus islamistes radicaux
NOUAKCHOTT — Les islamistes radicaux détenus à la prison de Nouakchott ont "majoritairement signé leur renoncement à la violence" au terme d'un "dialogue" mené par des théologiens mandatés par le gouvernement, a affirmé jeudi un porte-parole de la commission chargée de ce dialogue.
"Les jeunes ont majoritairement renoncé à leurs idées fondées sur l'extrêmisme, la violence et le +takfir+" (le renoncement à la foi attribué à certains musulmans qui sont alors considérés comme des ennemis, ndlr), a déclaré devant la presse le conseiller à la présidence Mohamed El-Moctar Ould M'Balla, porte-parole de la commission de théologiens chargée du dialogue.
Selon lui, "plus de 80% ou un peu moins de 90% ont renoncé et ont signé noir sur blanc leur renoncement" à ces idées, sur 67 détenus concernés.
M. Ould M'Balla a assuré que ces détenus avaient prononcé leur "repentir face aux erreurs" qu'ils ont reconnu avoir commises, en rapport avec les concepts religieux qui fondaient leurs actions.
Ce dialogue "spirituel" engagé le 18 janvier en prison constituait une première pour la République islamique de Mauritanie, frappée ces dernières années par une série d'actions meurtrières revendiquées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Asmi).
M. Ould M'Balla a assuré que trois détenus seulement avaient "refusé tout dialogue" avec la commission "pour des raisons diverses". Il a par ailleurs déclaré qu'un "petit nombre parmi les prisonniers avaient accepté le dialogue, étaient revenus sur des idées reçues mais n'avaient pas signé" leur repentir.
Selon le porte-parole, les thèmes abordés étaient très divers: "la gouvernance politique, la démocratie, l'apostasie en Islam, le principe de sécurisation des étrangers en terre d'Islam, la soumission aux gouvernants et autres idées fortes, objets de différentes interprétations".
"Ils ont majoritairement reconnu leurs erreurs et ont décidé d'y renoncer au terme de ce dialogue purement spirituel qui n'est ni une négociation, ni un marchandage pour un accord sur des questions matérielles particulières", a-t-il assuré.
Ces 67 présumés jihadistes en instance de jugement, selon divers médias, sont détenus à la prison centrale de Nouakchott pour "actes terroristes". Parmi eux, les tueurs présumés de quatre Français assassinés en 2007 à Aleg (sud) et d'un Américain en 2009 à Nouakchott.
Les autorités n'ont pas encore précisé la conduite à tenir vis-à-vis des "repentis" qui ont signé le renoncement à la violence.
Selon certaines sources proches du dossier, ces jeunes "repentis" pourraient soit bénéficier de "circonstances atténuantes" au cours d'un procès clément, soit bénéficier d'une grâce présidentielle.
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mercredi 3 février 2010
Mauritanie: fin du "dialogue spirituel" mené en prison avec les jihadistes
Le "dialogue spirituel" lancé en janvier à la prison de Nouakchott, entre des théologiens mandatés par le gouvernement et des jihadistes détenus, a pris fin, a annoncé mercredi un porte-parole de la commission gouvernementale, assurant qu'il avait "réussi à 90%".
"Nous avons informé le président de la République des bons résultats du dialogue qui a réussi à 90%", a déclaré le rapporteur de la commission, Abdallahi Ould Eminou, au sortir d'une rencontre avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Cette rencontre marquait la fin du dialogue avec les jeunes salafistes incarcérés, "dont certains portent des idées extrémistes", selon l'érudit.
M. Ould Eminou a affirmé que "ce genre de dialogue conduit généralement à la solution des problèmes nationaux de façon convenable, acceptée" et peut éviter à la Mauritanie "les dérives dont ont été victimes d'autres pays".
Un haut responsable de la commission gouvernementale avait annoncé mardi que les trois théologiens avaient limité, ces derniers jours, la discussion "aux éléments les plus durs" parmi les présumés combattants islamistes en instance de jugement. Cette source gouvernementale avait alors soutenu que le cercle des "jihadistes endurcis" se réduisait "comme peau de chagrin".
Parmi "les plus durs" figure le Mauritanien Al-Khadim Ould Semman, qui avait exhibé une pancarte portant le nom d'Al-Qaïda durant la cérémonie d'ouverture du dialogue et qui affirme parler au nom de "ceux qui portent les armes pour combattre les mécréants".
AFP
lundi 25 janvier 2010
Le dialogue avec les islamistes butte sur la question idéologique
Le dialogue avec les salafistes mauritaniens accusés de terrorisme et détenus à Nouakchott, "est une question idéologique qui requiert la patience, dont les résultats ne peuvent être obtenus du jour au lendemain", a déclaré dimanche soir Mohamed Elmoctar Ould M’Balle, porte- parole de la commission des oulémas chargés de ce dialogue.
Ould M’Balle, qui s’adressait à la presse nationale et internationale, a estimé que le dialogue entre les oulémas et les détenus, engagé depuis le 18 janvier en vue de régler le problème du terrorisme en Mauritanie, "se poursuit sur la bonne voie".
"Des étapes très encourageantes ont été déjà franchies et nous sommes persuadés que les résultats seront satisfaisants", a-t-il souligné.
Il a précisé, à propos de ce dialogue, qu’il ne s’agit pas de " négociation où les parties concernées doivent faire des concessions pour arriver à un compromis. C’est plutôt un débat spirituel et scientifique, exigeant une argumentation idéologique réfléchie pour corriger certaines interprétations (de concepts islamiques)".
C’est au cours d’un colloque tenu durant la première semaine de janvier, consacré à l’extrémisme et à la violence, que les oulémas de Mauritanie avaient recommandé aux autorités du pays d’ouvrir un dialogue avec "les détenus salafistes" en vue de trouver une solution à la violence terroriste que connaît la Mauritanie depuis 2005.
A l’ouverture du dialogue avec les "salafistes jihadistes, le ministre de l’Orientation islamique avait rappelé que l’Etat, qui veut garantir son intégrité territoriale par la solution sécuritaire, cherche aussi à ouvrir un dialogue sérieux et franc avec toutes les parties concernées, conformément aux préceptes de la Charia (loi islamique) qui constitue la première référence pour tous les Mauritaniens pour lutter contre l’extrémisme.
Vendredi dernier, Ahmedou Ould Lemrabott Ould Habibou Rahmane, imam de la grande mosquée de Nouakchott, avait indiqué dans sermon que la plupart des 67 jihadistes détenus "ont déjà annoncé leur repentir à travers les médias privés".
L’imam est membre de la commission des oulémas chargée du dialogue avec les détenus salafistes.
Xinhua
jeudi 21 janvier 2010
Mauritanie : résultats "encourageants" du dialogue avec les salafistes
Le dialogue entre les oulémas mauritaniens et les jeunes accusés de terrorisme a abouti à "des résultats encourageants", a indiqué mercredi le porte- parole de la commission des oulémas, Mohamed Elmoctar Ould M’Balle au cours d’un point de presse.
Ould M’Balle a souligné que la commission des oulémas, engagée dans ce dialogue, ne considère pas les salafistes comme des " criminels" ni de "terroristes".
"Pour nous, ces jeunes gens sont nos coreligionnaires, nos frères et nos concitoyens", a-t-il affirmé.
Il s’agit, a-t-il expliqué, d’une prise de contact avec tous les groupes dans le but de pouvoir les éclairer sur certains points où ils auraient fait une mauvaise interprétation de la loi ou de la pensée islamique.
Ould M’Balle a également précisé que l’objectif principal est de pouvoir ramener ces gens à "la vérité et au repentir".
Il a relevé par ailleurs que le terrorisme est un problème international que les Etats traitent diversement. Les autorités mauritaniennes, a-t-il souligné, ont opté pour l’ouverture du dialogue pour cultiver la compréhension en vue de réaliser la paix.
La première séance du dialogue avec les "salafistes jihadistes" a eu lieu lundi dernier en présence du ministre de l’Orientation islamique, lequel avait indiqué que ce dialogue vise à mettre un terme au dossier du terrorisme dont la menace continue à peser sur la paix sociale en Mauritanie.
Il avait également rappelé que l’Etat, qui veut garantir son intégrité territoriale par la solution sécuritaire, cherche aussi à ouvrir un dialogue sérieux et franc avec toutes les parties concernées, conformément aux préceptes de la Charia (loi islamique) qui constitue la première référence pour tous les Mauritaniens pour lutter contre l’extrémisme.
Xinhua
