lundi 1 mars 2010
Un journaliste libéré
Le journaliste mauritanien Hanavi Ould Dehah, directeur du site d'information "Taqadoumy" détenu depuis huit mois notamment pour "incitation à la rébellion", a été remis en liberté à Nouakchott. La détention de ce journaliste avait suscité de nombreuses protestations nationales et internationales.
vendredi 19 février 2010
Le Parlement européen appelle à la dépénalisation des délits de presse en Mauritanie
APA – Nouakchott Une délégation du Parlement européen, en visite actuellement en Mauritanie, a appelé au renforcement de la liberté d’expression à travers l’ouverture des media audiovisuels et à la dépénalisation des délits de presse dans ce pays.
Il y a lieu aussi de lancer un dialogue inclusif entre pouvoir et opposition, a indiqué le député italien au Parlement européen Pier Antonio Panzeri, chef de cette délégation, dans une conférence de presse jeudi à Nouakchott.
Selon M. Panzeri, ce dialogue inclusif est stipulé par l’Accord de Dakar qui avait mis fin à la crise née du coup d’Etat du 6 août 2008 en Mauritanie.
La délégation a également préconisé des efforts supplémentaires en matière de réformes, surtout dans les domaines juridique, de la gouvernance économique et sociale et d’une plus grande participation de la société civile à la gestion des affaires publiques.
Elle a par ailleurs souhaité la fermeture du Centre d’accueil de migrants clandestins dans la capitale économique du pays, Nouadhibou, sur l’Océan atlantique.
Cette structure d’accueil était initialement destinée au secours des immigrés clandestins arrêtés en mer, a fait savoir le député italien Miguel Portas, membre de la délégation qui a visité le Centre à Nouadhibou.
M. Portas ajoute que le centre en question était vide au moment de sa visite et que les flux migratoires qui tentaient de gagner illégalement l’Espagne par la mer à partir de Nouadhibou ont chuté de 4400 individus en 2006 à 1200 en 2009.
Citant des témoignages de la colonie étrangère installée à Nouadhibou, il a évoqué le risque que ce centre soit plutôt utilisé contre les membres de cette colonie au lieu de servir pour accueillir les transitants.
mardi 9 février 2010
La peine de prison prononcée à l'encontre de l'éditorialiste mauritanien fait craindre pour la liberté de la presse
[Seyllou/AFP/Getty Images] Les Mauritaniens se disent inquiets pour la liberté de la presse après que la cour d'appel eut alourdi le verdict contre l'éditorialiste de Taqadoumy, Hanefi Ould Dehah.Un tribunal mauritanien a condamné la semaine dernière l'éditorialiste d'un journal en ligne mauritanien à deux ans de prison, suscitant de nouvelles inquiétudes quant à l'érosion de la liberté de la presse dans le pays. |
La cour d'appel de Nouakchott a tranché le 4 février sur le cas de Hanefi Ould Dehah, éditorialiste du journal d'opposition Taqadoumy, qui devait répondre de charges d'offense à la morale publique et d'incitation à la rébellion. Il avait été arrêté en juin 2009 sur la base d'une plainte en diffamation déposée par un haut responsable politique.
Cette condamnation fait suite à la précédente peine de six mois de prison prononcée à l'encontre d'Ould Dehah, et a été initiée par la décision du 14 janvier de la Cour suprême selon laquelle le premier procès de cet éditorialiste avait été faussé. Ce nouveau procès est également intervenu après un mois de ce que ses détracteurs qualifient de détention "arbitraire" et la grève de la faim de 15 jours observée par Dehah.
A l'issue du procès, un membre de l'équipe d'avocats d'Ould Dehah a déclaré au Comité pour la protection des journalistes basé à New York qu'un appel serait déposé très prochainement devant la Cour suprême. Entre temps, comme lors des précédentes étapes du procès de Dehah, les réactions nationales et internationales ont été promptes à affluer.
"L'Union des journalistes mauritaniens... dénonce avec tristesse cette condamnation, qu'elle considère comme un recul dans le domaine de la liberté de la presse et dans la manière de traiter les journalistes", indique un communiqué de l'union publié quelques heures seulement après l'énoncé du verdict. "Dans ces circonstances, l'union apporte son plein soutien à Hanefi Ould Dehah et demande qu'il soit libéré immédiatement."
Le 5 février, Reporters sans frontières a publié un communiqué dénonçant cette condamnation et demandant que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz autorise ses représentants à rendre visite à Ould Dehah. Cette association internationale de défense des droits de l'Homme condamne ce qu'elle appelle "la punition sévère d'un journaliste professionnel après un... procès injuste et arbitraire".
Ould Deha "a été maintenu en détention pendant plus d'un mois, bien que sa peine de six mois se soit terminée le 24 décembre", ajoute ce communiqué.
La Coordination mauritanienne des Forces de l'opposition démocratiques (CFOD) a publié un communiqué le 4 février appelant "tous les … pouvoirs en Mauritanie et de l'opinion publique internationale à s'opposer fermement au retour à la politique de la terreur".
"La CFOD dénonce ce recul alarmant des libertés en Mauritanie, condamne fermement cette peine oppressive et exprime son entier soutien à Hanefi Ould Dehah et à toute la famille des journalistes", ajoute ce communiqué.
L'agence de presse al-Akhbar a cité Abdullah affirmant que ce comité "lancera une campagne internationale de grande envergure pour informer l'opinion publique internationale" des circonstances et des violations des droits qui entourent le procès de Hanefi.Des membres des médias internationaux ont mis en place un comité de défense d'Ould Dehah, qui sera présidé par un journaliste mauritanien travaillant pour Al Jazeera, Deddah Ould Abdullah. Selon certaines sources de presse, ce comité se compose de plusieurs professionnels des médias mauritaniens, arabes, africains, européens, américains et asiatiques.
Le 6 février, le Parti national pour le développement avait demandé au Président Abdel Aziz d'intervenir pour le compte de Dehah, affirmant : "Nous ne pouvons que demander que le journaliste Hanefi Ould Dehah soit libéré et bénéficie de toute sa liberté."
"A cet égard, nous invitons le Président Mohamed Ould Abdel Aziz à intervenir personnellement pour mettre un terme aux souffrances [de Dehah]", poursuit ce communiqué. "Nous soulignons également la dénonciation par le parti de toute mesure visant à limiter la liberté d'expression ou à emprisonner des journalistes qui ne font que mettre à profit les libertés qu'ils s'étaient vus accorder."
samedi 6 février 2010
La FIJ dénonce une "parodie de justice" contre un journaliste
Dans un communiqué daté de Dakar et reçu samedi par l'AFP, "la FIJ dénonce une parodie de justice contre ce webjournaliste", Hanevy Ould Dehah, directeur du site mauritanien d'informations Taqadoumy, condamné jeudi pour incitation à la rébellion, outrage contre un homme politique et atteinte aux bonnes moeurs.
"C'est maintenant clair, notre collègue fait l'objet d'un acharnement flagrant des autorités qui veulent passer par lui pour intimider et réduire la presse indépendante au silence", a affirmé le directeur du bureau Afrique de la FIJ, Gabriel Baglo, dans ce texte.
La FIJ souligne que Taqadoumy a été "l'un des sites d'informations les plus virulents à l'égard du coup d'Etat du 6 août 2008" ayant porté au pouvoir le général Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a ensuite été élu à la présidence de la République, en juillet 2009.
M. Ould Dehah, arrêté et placé en détention provisoire en juin, avait été condamné en août à une première peine de six mois pour "atteinte aux bonnes moeurs" mais n'avait pas été libéré le 24 décembre après avoir purgé sa peine. Le Syndicat des journalistes mauritaniens avaient alors organisé des mouvements de protestation contre sa "détention arbitraire".
"A la surprise générale, au moment où des bonnes volontés s'activaient pour faire libérer M. Ould Dehah, le tribunal (une cour de renvoi, ndlr) vient de le condamner contre toute attente à une peine de deux ans (...). Ce qui n'est rien d'autre qu'une parodie de justice", a affirmé la FIJ.
La fédération "demande aux autorités mauritaniennes de libérer immédiatement et sans condition M. Dehah et de respecter leur promesse de faire de la liberté de la presse une des priorités du nouveau régime".
vendredi 5 février 2010
RSF: Lourde peine de prison contre un journaliste en ligne
Reporters sans frontières est outrée par la condamnation à deux ans de prison ferme prononcée le 4 février 2010 contre le directeur du site Taqadoumy, Hanevy Ould Dehah, pour « atteinte aux bonnes mœurs, incitation à la révolte et délit de publication ». L’organisation dénonce une peine très lourde à l’encontre d’un professionnel des médias, au terme de procédures judiciaires incompréhensibles et abusives. Reporters sans frontières demande au président de la République islamique de Mauritanie, Mohammed Ould Abdel Aziz, une nouvelle audience et la permission de rencontrer Hanevy Ould Dehah en prison.
« Nous ne comprenons pas comment la justice mauritanienne a pu prendre une telle décision au terme d’une parodie de justice. Pourquoi ne pas avoir condamné directement le journaliste à 2 ans et demi de prison dès le premier procès ? C’est scandaleux ! La position des autorités est équivoque. Si elles envoient des signaux positifs d’un côté, dans les faits elles laissent les principes de la liberté de la presse être piétines. » a déclaré Reporters sans frontières.
L’organisation ajoute : « Lors d’une rencontre de l’organisation avec le chef de l’Etat mauritanien à l’automne 2009, le cas de Hanevy Ould Dehah avait été évoqué en des termes rassurants. Par ailleurs, le pays a adopté en 2005 une législation sur la presse qui est la meilleure de la sous-région. La condamnation de ce journaliste constitue un véritable retour en arrière. L’image du pays est ternie par cette affaire, qui risque de refroidir ses partenaires internationaux, surtout si elle remonte à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Il est dans l’intérêt général de reconnaître en appel l’innocence du journaliste et de le relâcher immédiatement. »
Le directeur du site Taqadoumy était maintenu en détention arbitraire depuis plus d’un mois. Il n’avait pas été libéré après avoir terminé de purger une première peine de prison de six mois le 24 décembre dernier. Ce nouveau procès devait rejuger l’affaire dans son intégralité. Il a manqué l’occasion de blanchir le journaliste, injustement poursuivi.
Les journalistes mauritaniens se sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour réclamer la libération de leur confrère, en organisant des rassemblements et en plaidant son cas auprès des autorités. Le Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM) a qualifié cette condamnation de « recul en matière de traitement des médias ».
COD : "Verdict insoutenable prononcé à l’encontre de Monsieur Hanevi Ould Dehah"
C’est avec consternation que l’opinion publique nationale a pris connaissance du verdict insoutenable prononcé à l’encontre de Monsieur Hanevi Ould Dehah, Directeur de publication du site Taqadoumy. Alors que tout monde s’attendait à la fin du calvaire de ce journaliste soumis depuis plus de huit mois à la pire des injustices pour avoir exercé son métier en toute conscience, ce verdict confirme l’acharnement contre lui d’un appareil judiciaire totalement instrumentalisé par l’exécutif, en violation flagrante du droit et des libertés fondamentales consacrées par la Constitution.
En dénonçant vigoureusement cette nouvelle régression inquiétante des libertés démocratiques en Mauritanie, la Coordination de l’Opposition Démocratique :
Condamne fermement ce verdict disproportionné et exprime son entière solidarité avec le journaliste incarcéré ainsi que toute la famille de presse ;
Rappelle que l’opinion publique et les acteurs politiques y compris ceux de la majorité ont été unanimes à dénoncer la détention arbitraire de Hanevi Ould Dehah, au-delà de la peine - du reste discutable - qui lui avait été infligée et qu’il a intégralement purgée ;
S’indigne que face à cette unanimité le pouvoir en place, plutôt que de céder à l’appel de la raison et au devoir de justice, ait préféré défier le peuple mauritanien en persévérant dans l’arbitraire et l’instrumentalisation odieuse de la justice ;
Appelle l’ensemble des forces vives mauritaniennes et l’opinion publique internationale à rejeter cette résurgence de la terreur dans notre pays et à rester mobilisées pour faire face aux tendances despotiques du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Nouakchott - Mauritanie, le 04 février 2010
La Commission de Communication
lundi 1 février 2010
Nouveau procès un journaliste maintenu sept mois en prison
"Le procès s'est ouvert dans la matinée pour rejuger notre client et nous avons dénoncé des irrégularités de procédure et la détention arbitraire dont ce journaliste est victime depuis le 24 décembre", a déclaré Me Brahim Ould Ebetty, membre du collectif des avocats.
"Le juge de la cour de renvoi a ordonné au parquet de corriger les erreurs de procédures dénoncées par la défense, revoyant l'audience à jeudi prochain, sans se prononcer sur le cas de détention arbitraire" dont Hanavi est victime, a assuré Me Ould Ebetty.
M. Ould Dehah, directeur du site d'informations Taqadoumy, avait été arrêté et placé en détention provisoire fin juin. Puis le tribunal correctionnel de Nouakchott l'avait condamné, en août, pour "atteinte aux bonnes moeurs" à six mois de prison ferme, ce qu'avait confirmé ensuite la cour d'appel.
Après avoir purgé sa peine, le journaliste devait être libéré le 24 décembre, mais il avait été maintenu en détention suite à un pourvoi en cassation déposé par le parquet. Le 14 janvier, la Cour suprême a finalement cassé les précédentes décisions de justice, renvoyant l'affaire devant une nouvelle cour, pour que le journaliste soit rejugé.
Le site Taqadoumy se situe dans l'opposition au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, meneur du coup d'Etat du 6 août 2008, élu en juillet 2009 à la présidence de la République.
mercredi 6 janvier 2010
Fin de la grève de la presse mauritanienne
Après une journée de grève, le Rassemblement de la presse mauritanienne (RPM), syndicat des éditeurs de journaux, a obtenu satisfaction. L'imprimerie nationale qui voulait lui supprimer les tarifs réduits a fait machine arrière.
Dans les kiosques, ce dimanche 3 janvier, un seul titre était disponible : Horizons, le journal d’Etat. Tous les autres avaient suivi l’appel à une journée sans journaux lancé par le Rassemblement de la presse mauritanienne, le syndicat des éditeurs de presse. L’enjeu était de taille : l’imprimerie nationale envisageait de ne plus accorder de tarif réduit à la presse, ce qui aurait multiplié par quatre les coûts d’impression condamnant ainsi la plupart des journaux.
Les prix préférentiels dont ils ont bénéficié jusqu’à présent sont en réalité une aide indirecte de l’Etat qui verse une subvention à l’imprimerie nationale en contrepartie. Mais chaque année depuis trois ans, l’Etat peine, tarde ou rechigne à verser cette subvention. Chaque année, l’imprimerie, en déficit, menace donc de faire payer aux journaux des tarifs pleins.Finalement, cette-fois encore, les journaux s’en sortent bien. Le Premier ministre, saisi par les parlementaires, a tranché en faveur des éditeurs de presse et ce dimanche matin, le ministre de la Communication a exigé le maintien des tarifs subventionnés en 2010. Selon le directeur de l’imprimerie, le ministre se serait porté garant des sommes engagées et aurait promis de trouver une solution pérenne d’ici fin janvier.
Pour parer à ce problème récurrent de financement le Rassemblement de la presse mauritanienne réclame en effet une subvention directe de l’Etat. Un souhait qui pourrait être exhaussé cette année puisque un projet de loi allant dans ce sens a été co-rédigé par le syndicat et le ministère de la Communication il y a un mois. Il serait actuellement sur le bureau du Premier ministre en attendant son passage devant les parlementaires.
RFI
jeudi 31 décembre 2009
Hausse des coûts d'impression: journée sans presse dimanche en Mauritanie
"L'imprimerie nationale nous a informé d'une augmentation de 300% des frais d'impression des journaux en 2010, en conséquence nous avons décidé de ne pas paraître dimanche prochain pour protester contre cette mesure", a affirmé le président du RPM, Ahmed Ould Cheikh, qui dirige l'hebdomadaire Le Calame.
L'imprimerie recevait une subvention de l'Etat mauritanien qui lui permettait de "ramener à un niveau supportable les coûts d'impression de la presse (locale), mais cette subvention a été supprimée pour 2010", a affirmé M. Ould Cheikh.
"Nous ne pouvons pas faire face à ces charges, l'Etat ne nous apporte aucune aide en dehors de cette assistance à l'impression. Si elle est éliminée, ce sera très grave pour la survie de la presse", a-t-il indiqué.
M Ould Cheikh a lancé un appel aux autorités pour "prendre les mesures qui s'imposent aux fins de sauver la presse".
"Si d'ici dimanche aucune mesure n'est annoncée, nous saurons alors comment continuer notre mouvement de protestation", a averti le chef du syndicat des éditeurs, qui estiment que plus d'une vingtaine de journaux devraient être absents des kiosques.
