mercredi 6 janvier 2010

Fin de la grève de la presse mauritanienne


La suppression du tarif réduit accordé à la presse par l'imprimerie nationale ferait selon le RPM basculer le fragile équilibre économique des journaux mauritaniens.
AFP / Seyllou

Après une journée de grève, le Rassemblement de la presse mauritanienne (RPM), syndicat des éditeurs de journaux, a obtenu satisfaction. L'imprimerie nationale qui voulait lui supprimer les tarifs réduits a fait machine arrière.

Dans les kiosques, ce dimanche 3 janvier, un seul titre était disponible : Horizons, le journal d’Etat. Tous les autres avaient suivi l’appel à une journée sans journaux lancé par le Rassemblement de la presse mauritanienne, le syndicat des éditeurs de presse. L’enjeu était de taille : l’imprimerie nationale envisageait de ne plus accorder de tarif réduit à la presse, ce qui aurait multiplié par quatre les coûts d’impression condamnant ainsi la plupart des journaux.

Les prix préférentiels dont ils ont bénéficié jusqu’à présent sont en réalité une aide indirecte de l’Etat qui verse une subvention à l’imprimerie nationale en contrepartie. Mais chaque année depuis trois ans, l’Etat peine, tarde ou rechigne à verser cette subvention. Chaque année, l’imprimerie, en déficit, menace donc de faire payer aux journaux des tarifs pleins.

Finalement, cette-fois encore, les journaux s’en sortent bien. Le Premier ministre, saisi par les parlementaires, a tranché en faveur des éditeurs de presse et ce dimanche matin, le ministre de la Communication a exigé le maintien des tarifs subventionnés en 2010. Selon le directeur de l’imprimerie, le ministre se serait porté garant des sommes engagées et aurait promis de trouver une solution pérenne d’ici fin janvier.

Pour parer à ce problème récurrent de financement le Rassemblement de la presse mauritanienne réclame en effet une subvention directe de l’Etat. Un souhait qui pourrait être exhaussé cette année puisque un projet de loi allant dans ce sens a été co-rédigé par le syndicat et le ministère de la Communication il y a un mois. Il serait actuellement sur le bureau du Premier ministre en attendant son passage devant les parlementaires.

RFI

3 fraudeurs présumés libérés

Trois hommes d'affaires mauritaniens accusés de détournement de fonds à hauteur de millions d'euros ont été libérés mardi. Jusqu'à présent retenus prisonniers, les accusés ont accepté de rendre l'argent pour être libérés. Les faits remontent à 2001 et 2002: le directeur de la Banque Nationale de Mauritanie, Mohamed Ould Noueiguedh, le propriétaire de la Banque Islamique de Mauritanie, Chrif Ould Abdalahi, et l'entrepreneur Abdou Maham étaient accusés de détournement de fonds de la banque centrale mauritanienne.

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Lutte contre le terrorisme: la Mauritanie va réorganiser son armée

Le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed lors d'un discours à Doha, le 30 novembre 2008

NOUAKCHOTT — Le Premier ministre mauritanien Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a annoncé mercredi devant l'Assemblée nationale une "vaste réorganisation et professionnalisation de l?armée et des forces de sécurité" dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

"Dans le domaine de défense et de sécurité, le gouvernement entreprendra (...) les procédures de modernisation des forces armées et de sécurité", a-t-il affirmé devant les députés en lisant la déclaration de politique générale du gouvernement issu de l'élection présidentielle du 18 juillet.

"Il compte renforcer leurs capacités défensives et les impliquer, en temps de paix, dans les activités de développement", a-t-il ajouté.

"Il va sans dire que ces hautes ambitions supposent, en plus de l'amélioration des conditions de vie, une réorganisation et une professionnalisation de l'armée nationales et des forces de sécurité", a-t-il souligné.

"Une attention particulière sera alors accordée à la mise en place de corps professionnels en mesure d'assumer leurs tâches de défense et de sécurité, de servir la République et de lutter, en toute efficacité, contre le trafic de drogue, le terrorisme et la migration clandestine", a-t-il encore précisé .

Mardi, l'Assemblée nationale mauritanienne avait adopté des amendements à la loi antiterroriste de 2005, qui autorisent notamment les écoutes téléphoniques et suppriment la prescription en matière de terrorisme.

Ces deux dernières années, des combattants islamistes de la mouvance d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont multiplié les attaques meurtrières et les enlèvements d'Occidentaux en Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien a introduit ces amendements à la loi antiterroriste après les rapts de trois humanitaires espagnols le 29 novembre et de deux touristes italiens en décembre sur le sol mauritanien.

Mais l'opposition a vivement critiqué ces nouveaux amendements.

"Cette loi vise à restreindre les libertés individuelles et collectives et à donner carte blanche aux forces de sécurité pour malmener qui ils veulent", a indiqué le député Mohamed Moustapha Ould Bedreddine (Union des forces du progrès, opposition).

La Mauritanie renforce ses lois contre le terrorisme

Les députés mauritaniens ont adopté le 5 janvier, par 20 voix contre 15, des amendements à la loi antiterroriste de 2005 qui autorisent, entre autres, les écoutes téléphoniques et suppriment la prescription en matière de terrorisme. Ces mesures qui font polémique ont été décidées par le gouvernement depuis l'enlèvement, en novembre, de trois Espagnols, puis de deux Italiens en décembre dernier.

Il faut noter que, ces deux dernières années, al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a multiplié les attaques et kidnappings en Mauritanie. L’Assemblée de Nouakchott a donc adopté, mardi, un projet de loi qui, selon le ministre de la Défense nationale Hamadi Ould Hamadi, doit permettre de comble les insuffisances constatées dans la législation nationale en matière de lutte contre le terrorisme.

RFI

Parmi les dispositions phares de ce texte, la possibilité de placer sur écoute toute personne suspectée de terrorisme et de perquisitionner son domicile à toute heure, alors que, auparavant, les perquisitions étaient interdites après 22 heures. Par ailleurs, la coopération entre la Mauritanie et les autres pays en matière d’échange d’informations et d’extradition de suspects est renforcée.

La nouvelle loi ne fait pas l’unanimité. Les députés de l’opposition ont voté contre. Lundi dernier, Ahmed Ould Daddah, président de la Coordination des forces d’opposition démocratique (CFOD), avait mis en garde contre « une dérive dictatoriale à travers une loi qui vise à légitimer des pratiques de violation des droits et des libertés des citoyens ».

Les députés n’étaient pas seuls à se pencher sur le sujet de la lutte contre le terrorisme puisque les leaders religieux mauritaniens ont entamé, mardi, un colloque de quatre jours pour débattre du « message de l’islam face à la violence ». A cette occasion a été rendue une fatwa ou décret religieux, interdisant « toute atteinte aux étrangers non musulmans se trouvant sur le sol mauritanien ». Cette fatwa condamne clairement les enlèvements de ces derniers mois, puisqu’elle indique qu’il est « formellement interdit par notre Sainte Religion de léser, attenter, enlever ou exposer les étrangers au chantage, que ce soit homme ou femme ».

RFI

L'opposition dénonce une "dérive dictatoriale"

Ahmed Ould Daddah, le 2 juin 2009 à Nouakchott

NOUAKCHOTT — L'opposition mauritanienne a vivement critiqué lundi les amendements à la loi antiterroriste, qui doivent être soumis au Parlement, dénonçant une "dérive dictatoriale visant à légitimer des violations des droits et des libertés".

Le président de la Coordination des forces de l?opposition démocratique (Cfod) Ahmed Ould Daddah a fustigé "une dérive dictatoriale (...) visant à légitimer des pratiques de violations des droits et des libertés des citoyens à travers ces amendements, dont certains sont contraires à la loi islamique.

Lors d'une conférence de presse, M. Ould Daddah, accompagné des autres leaders de l'opposition, a souligné que les amendements autorisaient "des violations graves de l?intimité des foyers et la séquestration et l?emprisonnement des mineurs qui sont protégés par la charia".

Le projet de loi autorise notamment les écoutes téléphoniques et supprime la prescription en matière de terrorisme.

Ces deux dernières années, des combattants islamistes de la mouvance d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont multiplié les attaques meurtrières et les enlèvements d'Occidentaux en Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien a introduit des amendements à la loi antiterroriste de 2005 après les rapts de trois humanitaires espagnols le 29 novembre et de deux touristes italiens en décembre sur le sol mauritanien.

Mais pour le chef de l'opposition, "le seul objectif" du projet de loi "est de donner un caractère légal aux violations, à la confiscation des libertés et au pouvoir personnel" en place en Mauritanie.

Le responsable de la coordination des principaux partis de l'opposition a en conséquence appelé le Parlement à surseoir à la délibération sur ce projet de loi jusqu?à ce que "nous trouvions une formule consensuelle".

L'Assemblée nationale doit examiner dans les jours prochains le projet qui ira ensuite au Sénat. Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui dispose d'une majorité au Parlement, doit ensuite promulguer la loi.

Mi-décembre, le gouvernement avait justifié ce renforcement de la législation antiterroriste.

"Le présent projet de loi vise à combler les insuffisances constatées dans la législation nationale en matière de lutte contre le terrorisme et à adapter celle-ci aux exigences d'une réponse appropriée à ce fléau", avait indiqué le ministre mauritanien de la Défense, Hamadi Ould Hamadi.

Selon le ministre, la nouvelle législation permettra de placer les suspects sur écoute téléphonique, de fouiller leur domicile "à tout moment", alors que la loi en vigueur interdit les perquisitions au-delà de 22 heures.

Le principe de la "prescription" en matière de terrorisme sera abandonné dans la nouvelle loi. "Les actes criminels très anciens, vieux de plus de 20, 30 ans, pourront encore être poursuivis et punis", avait précisé le ministre.

La nouvelle législation renforce également la coopération entre la Mauritanie et les autres pays, notamment pour des échanges d'informations et pour l'extradition de suspects et criminels.

La mondialisation stimule l'apprentissage des langues en Mauritanie

"L'apprentissage des langues est devenu une nécessité, une condition nécessaire de la mondialisation", explique Mariam Bent Ainien, une fonctionnaire qui suit des cours de français, à Magharebia.

Par Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott

[Seyllou/AFP/Getty Images] L'apprentissage de plusieurs langues est en plein essor en Mauritanie, et les écoles de langue enregistrent une hausse des inscriptions.




De nombreux Mauritaniens refusent désormais les manuels qui promettent d'apprendre l'anglais ou le français en cinq jours et s'inscrivent plutôt dans les écoles de langues privées de plus en plus nombreuses dans le pays.

De nouveaux centres linguistiques ont ouvert à Nouakchott et dans les différentes provinces pour répondre à la forte demande d'étudiants de tous âges et de toutes les classes sociales. La curiosité des Mauritaniens pour les autres cultures, ainsi que leur besoin de s'adapter à la mondialisation dépassent la barrière des sexes. Hommes et femmes s'adonnent désormais à l'apprentissage des langues les plus populaires, le français et l'anglais.

"L'apprentissage des langues est devenu une nécessité, une condition nécessaire de la mondialisation", a expliqué à Magharebia Mariam Bent Ainien, la trentaine, le 3 décembre. "Et cet apprentissage n'est pas limité à un certain âge ou à telle ou telle spécialisation. Il concerne tout le monde."

"Je ne parlais qu'une seule langue et je me sentais incapable de comprendre ce qui se passait autour de moi, que ce soit au travail ou lors de voyages à l'étranger", explique cette fonctionnaire, qui étudie le français depuis un an dans une école située près de chez elle. "Maintenant, je comprends bien mieux les choses."

Pour certains Mauritaniens, y compris ceux qui travaillent depuis longtemps, les préoccupations professionnelles jouent un rôle dans la décision de retourner sur les bancs de l'école. Mohamad Mokhtar, un fonctionnaire âgé de 50 ans, a décidé d'apprendre l'anglais "du fait de son importance actuelle dans l'économie mondiale et la correspondance internationale".

"Aujourd'hui, si vous ne parlez pas l'anglais, vous n'avez aucun accès aux dernières théories sur l'économie mondiale", explique-t-il, ajoutant : "La connaissance, c'est le pouvoir."

La hausse de la demande pour des cours de langue a favorisé le revenu des Mauritaniens qui travaillent dans ces nouvelles écoles et ces nouveaux centres.

Nani Ould Mohamad, libraire, travaille dans une école qui a vu ses bénéfices doubler en 2009 par rapport à l'année précédente. "Chaque jour, nous recevons des gens de différents milieux qui viennent s'inscrire à des cours de langue, et leur rêve est de maîtriser une ou deux langues", explique-t-il. "Certains sont des salariés du secteur public et du secteur privé."

"Nous nous attendons à une demande encore plus forte l'an prochain", ajoute-t-il.

"Les écoles et les centres qui enseignent les langues en Mauritanie ont en grande partie bénéficié de la révolution technologique mondiale, ce qui, à son tour, nous a permis d'apprendre plus facilement d'autres cultures", explique Goup Mokhtar, qui a enseigné le français pendant vingt ans en utilisant les méthodes "élémentaires".Le Centre d'apprentissage linguistique, l'Alliance du troisième millénaire et le English Centre sont des institutions linguistiques de Nouakchott d'excellente renommée, qui appliquent les dernières méthodes d'enseignement et utilisent les toutes dernières technologies.

"Les Mauritaniens sont par nature curieux de connaître d'autres cultures, il leur est donc généralement plus facile d'apprendre des langues étrangères", explique cet enseignant.

"Les Mauritaniens ont appris de l'immensité du désert que l'humanité est large et diverse", ajoute-t-il. "Nombre de mes anciens élèves sont aujourd'hui professeurs, chercheurs ou employés de haut rang."

samedi 2 janvier 2010

Sit-in devant l'ONU pour la libération d'un journaliste

NOUAKCHOTT - Des membres de l'association des journalistes mauritaniens (AJM) ont organisé lundi un sit-in devant les locaux des Nations unies à Nouakchott pour réclamer la libération d'un journalisteayant purgé sa peine de six mois d'emprisonnement, a constaté l'AFP.

La manifestation était organisée en solidarité avec le journaliste Henevi Ould Dehah, directeur du site d'information mauritanien Taqadoumy, qui devait en principe être libéré jeudi, après avoir passé six mois en prison pour "atteinte aux bonnes moeurs".

Les manifestants ont dénoncé le maintien en "détention arbitraire" du journaliste et ont appelé le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, à "rétablir Ould Dehah dans son droit de recouvrer la liberté".

La mère du journaliste détenu, N'Deyami Niass, s'est dit "convaincue que le président ignorait tout du maintien en prison" de son fils et l'a supplié "d'intervenir à son secours de toute urgence".

L'opposition au régime a publié lundi un communiqué dans lequel "elle rend le pouvoir responsable de toute dégradation de l'état de santé" de M. Ould Dehah, et affirme qu'il a débuté une grève de la faim le 25 décembre pour "protester contre l'injustice et l'arbitraire".

M. Ould Dehah, arrêté et placé en détention provisoire le 18 juin, avait été condamné en août pour "atteinte aux bonnes mœurs" à six mois de prison ferme assortis d'une amende de 30.000 ouguiyas (83 euros). Il avait en revanche été relaxé pour des accusations de "diffamation", "incitation à la rébellion" et "incitation à la commission des crimes et délits".

Selon son avocat, Me Brahim Ould Ebetty, la condamnation portait sur "une page débat réservée par Taqadoumy aux mœurs et notamment à l'éducation sexuelle". Le site Taqadoumy se situe clairement dans l'opposition au régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, meneur du coup d'Etat du 6 août 2008, qui a été élu à la présidence de la République en juillet.

AFP