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mercredi 5 janvier 2011

Ouverture du procès de six militants antiesclavagistes


NOUAKCHOTT - Le tribunal correctionnel de Nouakchott a débuté mercredi le procès de six militants antiesclavagistes mauritaniens, inculpés d'"agression contre la police" à la suite d'une manifestation dénonçant un cas d'esclavage sur deux mineures.

Les six prévenus, qui plaident non coupables, appartiennent à l'ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie, un pays où l'esclavage est officiellement aboli depuis 1981.
Ils avaient été arrêtés le 13 décembre à la suite d'une manifestation dénonçant des pratiques présumées esclavagistes contre deux filles, âgées de 10 et 14 ans.
Les adolescentes avaient nié être esclaves. Mais la femme chez qui elles vivaient a été inculpée pour "exploitation de mineurs" et placée sous contrôle judiciaire en attendant son jugement.
Les militants avaient été placés en détention provisoire pour "rassemblement non autorisé, agression contre les forces de l'ordre et direction d'une association non reconnue".
"Je suis jugé pour mon combat contre l'esclavage en Mauritanie que les autorités ont toujours essayé de cacher. Elles ont toujours intimidé les militants des causes justes antiesclavagistes", a déclaré devant le tribunal le dirigeant de l'ONG, Biram Ould Abeid, qui a promis de continuer ce "combat" une fois sa liberté recouvrée.
La défense avait, à l'ouverture du procès, estimé que le tribunal était incompétent pour cette affaire qui, selon elle, "entre dans le cadre d'une dénonciation d'un crime d'esclavage et non d'une attaque contre la police".
Le parquet avait rejeté ces arguments en faisant valoir que "l'affaire de présumés esclaves était indépendante du dossier des anti esclavagistes, ceux-ci étant jugés pour agression contre la police".
Dans un communiqué publié fin décembre à Paris et Genève, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme a estimé que les six militants sont victimes d'un "harcèlement judiciaire" ne visant "qu'à sanctionner leurs activités en faveur des droits de l'Homme et de la lutte contre l'esclavage en Mauritanie".
L'audience a été suspendue mercredi. Le jugement était attendu jeudi.


AFP

Un imam mauritanien appelle à la mobilisation "face à l'évangélisation"

Un imam muaritanien a lancé venredi un appel à la mobilisation "face à la montée des courants évangélistes".


Lors de la prière de ce vendredi, l'imam de la mosquée " Chourafa" de Nouakchott, Cheikh Mohamed Lemine Ould Hacen, a souligné dans son sermon qu'il "tire la sonnette d'alarme sur les réseaux d'évangélisation qui ne cessent de cibler les croyants musulmans".


L'imam a demandé que les efforts du gouvernement se joignent à ceux de toutes les bonnes volontés de la Oumma (communauté islamique) pour, a-t-il souligné, "endiguer ce danger qui se trouvent à nos portes".


En Mauritanie, pays musulman à 100%, il existe des églises, dont la diocèse catholique romain à Nouakchott depuis décembre 1965. D'autres églises se trouvent à Atar (nord), à Rosso (sud-ouest) et à Nouadhibou, capitale économique du pays.


Xinhua

lundi 20 décembre 2010

Vers l'enlèvement des épaves de bateaux de la baie de Nouadhibou


NOUAKCHOTT - L'Union Européenne (UE) et le gouvernement mauritanien ont signé, lundi, un accord avec une société néerlandaise, chargée de l'enlèvement de dizaines d'épaves de bateaux qui polluent la baie de Nouadhibou (nord-ouest), pour un montant de 28,8 millions d'euros.

L'UE a annoncé qu'elle financerait entièrement ce projet qui devrait s'étaler sur 18 mois. Il s'agit d'enlever de la baie "57 épaves gênant le plus la circulation maritime", selon le communiqué de l'UE.

Le contrat a été attribué à la société Mammoet Salvage BV (filiale de Mammoet Holding BV, spécialiste du transport de charges lourdes et du levage), qui avait obtenu le contrat de démantèlement du sous-marin nucléaire russe Koursk, ayant coulé en 2000 avec l'ensemble de son équipage.

L'entreprise devra "respecter l'équilibre environnemental du site" de Nouadhibou "tout en permettant l'activité économique et commerciale du port" pendant les travaux, est-il précisé dans le communiqué de l'UE.

La cérémonie de signature de l'accord s'est déroulée en présence du ministre mauritanien des Affaires économiques et du développement, Sidi Ould Tah, et de l'ambassadeur Hans-Georg Gerstenlauer, chef de la délégation de l'UE en Mauritanie.

Ce projet de nettoiement de la baie de Nouadhibou avait pris plusieurs années de retard. En 2006, la Commission européenne avait déjà annoncé que 26,2 millions d'euros allaient être débloqués pour dégager le port de Nouhadibou des épaves qui l'encombrent.

AFP

lundi 9 août 2010

En Mauritanie, des mesures pour réduire les prix pendant le ramadan

Calendrier probable du ramadan et ses obligations au quotiden

NOUAKCHOTT — Le gouvernement mauritanien a entamé dimanche une opération destinée à "réduire" et stabiliser les prix des produits de première nécessité durant le mois du ramadan qui commence mercredi ou jeudi, a-t-on appris lundi de source officielle.

"Les pouvoirs publics ont annoncé certaines mesures urgentes et immédiates visant à mettre un terme à la récente hausse des prix de certains produits de consommation, notamment le sucre et le blé", selon l'agence mauritanienne d'information (AMI, officielle).

Ces mesures comprennent en particulier la mise à disposition "de plus de 400 tonnes de sucre" dans tous les quartiers de Nouakchott.

D'autres produits comme l'huile, le blé, les laits en poudre et en boîte, seront également soutenus par le gouvernement pour "maintenir les prix à un niveau abordable durant le Ramadan", a affirmé à l'AFP une source au ministère du commerce.

Ces mesures viennent en complément d'une opération lancée par le ministère des Affaires islamiques qui vient de convoyer dans 3.465 mosquées du pays 610 tonnes de riz, 194 tonnes de lait en boîte et 500 tonnes de sucre d'une valeur de près d'un million d'euros.

Cette aide sera distribuée à la fin du jeûne quotidien lorsque les fidèles se trouvent généralement à la mosquée.

dimanche 18 juillet 2010

Azerbaïdjan : Une série de documents signés avec la Mauritanie

Bakou – APA. La cérémonie de la signature des documents s’est tenue juste après la rencontre par la participation des délégués.

Le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz et le azerbaïdjanais Ilham Aliyev ont signé la Déclaration commune, a indiqué l’APA, citant l’Agence Azertag.

« Le Traité entre le Ministère azerbaïdjanais de tourisme et de la culture et le Ministère mauritanien du commerce, de l’artisanat, et du tourisme » a été signé par le chef de la diplomatie azerbaïdjanaise Elmar Mammadyarov et mauritanienne, Mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass.

« Le Traité sur la coopération en domaine vétérinaire entre l’Azerbaïdjan et la Mauritanie », « le Traité sur la de la Protection des Végétaux », « Le traité sur la coopération entre les ministères de l’agriculture azerbaïdjanais et mauritanien » ont été signés par le ministère azerbaïdjanais de l’agriculture Ismat Abbasov et mauritanien, Brahim Ould Mbareck Ould Mohamed Mokhtar.

« Le traité sur la coopération en domaine du commerce et de la coopération économique a été signé par le ministre azerbaïdjanais de l’industrie et de l’énergie, Natig Aliyev et le ministre mauritanien des questions économiques et du développement, Sidi Ould Tah.

« Le Traité sur la coopération en domaine d’énergie entre l’Azerbaïdjan et la Mauritanie » a été signé par le ministre azerbaïdjanais de l’industrie et de l’énergie, Natig Aliyev et la cheffesse de la diplomatie mauritanienne, mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass.

Islam contre islamisme

Marianne Meunier

La Grande Mosquée dite 'saoudienne' dans le centre de Nouakchott.La Grande Mosquée dite "saoudienne" dans le centre de Nouakchott.© Reuters

Le gouvernement, depuis un an, combat la doctrine des terroristes en lui opposant une conception mauritanienne de la religion, faite de tolérance et de non-violence. Il s’appuie pour cela sur les imams et les érudits, avec des succès divers.

Le gouvernement mauritanien n’emploie pas seulement la manière forte pour contrer Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). D’un côté, il a élaboréune stratégie militaire classique, qui a notamment conduit à la construction de 45 postes-frontières et à la formation de trois « Groupements spéciaux d’intervention », des unités mobiles de 200 hommes entraînés à quadriller le désert. De l’autre, il mène une bataille moins visible et plus feutrée, inédite dans le pays, sur le terrain des idées. Elle consiste à déconstruire la doctrine va-t-en-guerre colportée par Aqmi.

En mars dernier, le ministère de l’Orientation islamique organisait à Nouakchott un congrès au programme explicite : « Islam médian, application et compréhension. » Il faisait écho à un colloque « pour une interprétation exacte de l’islam », tenu deux mois plus tôt et réunissant, quatre jours durant, oulémas (les docteurs de la loi), imams et intellectuels.

500 imams vont être recrutés

Dans les deux cas, le gouvernement souligne que les appels à la guerre sainte d’Aqmi, son prosélytisme et sa haine des « mécréants » sont autant de dévoiements de l’islam. Il se réfère à la tradition musulmane mauritanienne, fondée sur le rite malékite – pratiqué dans la plupart des pays africains –, souple dans l’interprétation des textes.

« Il s’agit de transmettre un message de non-violence et de rappeler que les musulmans ont un devoir de protection des étrangers », précise le ministre de la Communication, Hamdi Ould Mahjoub. Le gouvernement entend utiliser les imams comme courroies de transmission. À plusieurs reprises, le ministre de l’Orientation islamique, Ahmed Ould Neini, est allé à leur rencontre à l’intérieur du pays. Il en a aussi organisé le recensement, dont les résultats devraient être connus d’ici à un mois. Mi-juin, il a annoncé le recrutement sur concours de 500 imams, qui recevront un salaire mensuel de 50 000 ouguiyas (150 euros). Objectif officiel : enrayer la paupérisation de la profession. Cela devrait aussi atténuer sa dépendance à l’égard du Golfe. Depuis le début des années 1990, les pays de la région, Arabie saoudite en tête, financent en effet les imams ainsi que la construction de mosquées. Selon Yahya Ould el-Bara, anthropologue, près de 70 % des mosquées sont concernées (le pays en compterait environ 1 800). À l’influence financière s’ajoute celle du wahhabisme, rite pratiqué en Arabie saoudite, plus rigoriste et plus proche de la vulgate d’Aqmi que le malékisme.

La réponse des imams aux sollicitations du politique est en demi-teinte. Certains, comme le très respecté Hamden Ould Tah, 77 ans, président du Forum de la pensée islamique et du dialogue des civilisations, abondent dans son sens. « L’islam, en Mauritanie, est modéré, dit Cheikh Ould Zeine, ouléma et secrétaire général du Forum. On peut bien s’entendre avec l’Occident tout en étant musulman. C’est ce que nous voulons faire comprendre. »

Protéger le malékisme des influences extérieures

Il n’est pas le seul à vouloir protéger le malékisme des influences extérieures. Hacen Ould Dedew, lui, se singularise. Formé en Arabie saoudite, cet érudit de 44 ans, rendu célèbre par ses fatwas (notamment contre toute relation avec Israël), a conduit des discussions avec les prisonniers salafistes, en janvier dernier, afin de les inciter à renoncer au djihad. Il a néanmoins dénoncé la condamnation à mort, en mai, de trois d’entre eux, reconnus coupables d’avoir assassiné quatre touristes français. Très écouté par les fanatiques, il est la pièce maîtresse de la campagne pédagogique du gouvernement. Le sachant bien, il préserve jalousement son indépendance. Et incarne à lui seul les nuances et les difficultés de la guerre des idées.

mercredi 7 juillet 2010

Les numéros de téléphone en Mauritanie passeront à huit chiffres



Les numéros de téléphone en Mauritanie passeront à huit chiffres à partir de janvier 2011, annonce lundi un communiqué de l'Autorité de régulation des télécommunications. Le passage de sept à huit chiffres est le résultat de l'augmentation continue du nombre d'abonnés, indique la même source.
La Mauritanie compte plus d'un million d'abonnés aux téléphones fixe et mobile, indique-t-on.

PANA

État recrute imams

Sidi Ould Sidna (c.), un des membres d'Aqmi condamnés pour terrorisme, le 18 janvier à Nouakchott.Sidi Ould Sidna (c.), un des membres d'Aqmi condamnés pour terrorisme, le 18 janvier à Nouakchott.© STR/AFP

Nouakchott vient de lancer un vaste programme de recrutement de 500 imams. Dans le but de mieux encadrer l'islam et de lutter contre le fondamentalisme religieux.

Mieux encadrer l’islam. Depuis un an, c’est l’objectif des autorités mauritaniennes. En octobre dernier, ­elles entamaient un recensement des imams, des mosquées et des madrasas, ainsi qu’une enquête sur les enseignements dispensés par les professeurs de religion. Aujourd’hui, elles lancent un programme de recrutement de cinq cents imams. À la clé, pour les heureux élus, un salaire mensuel de 50 000 ouguiyas (150 euros) pris en charge par l’État.

Les candidats pouvaient déposer leur dossier à partir du 28 juin. Conditions requises : avoir entre 25 et 75 ans, officier dans une mosquée où se déroule la grande prière du vendredi – un moyen d’éliminer les mosquées « sauvages » – et ne pas être fonctionnaire.

Pour se prémunir contre le fondamentalisme

Ce dernier critère vise à éviter le cumul des salaires, une partie des imams étant déjà payée par l’État. Le programme cherche en effet à soutenir les imams marginalisés par la pauvreté. Et, au final, à les prémunir contre la tentation fondamentaliste. « Un imam a une responsabilité d’encadrement social, explique une source au ministère des Affaires islamiques. Plus il est soutenu, moins il y a de risques qu’il aille dans le mauvais sens et entraîne avec lui des fidèles. »

La Mauritanie est régulièrement la cible d’attentats perpétrés par des ressortissants nationaux appartenant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis l’élection du président Mohamed Ould Abdelaziz, en juillet 2009, la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme passe par une collaboration avec les autorités religieuses. En janvier, l’État a organisé à Nouakchott un congrès « pour une meilleure compréhension de l’islam » réunissant imams et oulémas.

Marianne Meunier

Jeune Afrique.com

jeudi 10 juin 2010

La longue marche d'Ahmedou Ould Souilem


Ahmedou Ould Souilem, le 14 mai, à Rabat.Ahmedou Ould Souilem, le 14 mai, à Rabat.© Vincent Fournier/J.A

Né à Dakhla, nationaliste sahraoui de famille et de cœur, réfugié en Algérie à partir de 1976 et haut responsable du Polisario pendant – presque – toute sa vie, il a rejoint le Maroc en juillet 2009. Et va devenir l’ambassadeur du royaume en Espagne. Portrait-itinéraire d’un rebelle assagi.

L’homme qui reçoit J.A. dans le salon d’une villa de passage à la périphérie de Rabat, une matinée de mai, pour un long entretien exclusif sans témoins, n’est pas un rallié ordinaire. Dix mois après son « retour » dans un Maroc qu’il n’a en réalité jamais connu, Ahmedou Ould Souilem, 59 ans, ancien ministre de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et cheikh de la tribu des Ouled Delim, n’est autre que le futur ambassadeur du royaume en Espagne – sans doute le poste diplomatique le plus important vu de Rabat, avec ceux de Paris et de Washington. Un choix de Mohammed VI que Madrid a mis trois mois à avaliser tant la nomination de cet originaire de son ex-colonie du Sahara occidental, ancien cadre du Front Polisario de surcroît, a semblé plonger le gouvernement espagnol dans l’embarras. Tout ce qui touche de près ou de loin au Sahara est ultrasensible en Espagne, où les réseaux favorables aux indépendantistes sahraouis sont nombreux, actifs et influents. Mais cette nomination n’a pas non plus laissé insensible l’Algérie, où Ould Souilem a vécu pendant trente-trois ans, et la Mauritanie, où son père a résidé, encore moins le peuple des camps de réfugiés, où il était, il y a moins d’un an encore, une personnalité respectée. De Villa Cisneros (aujourd’hui Dakhla) à Rabat, en passant par Tindouf, Panamá, Téhéran, Luanda, Alger et quelques autres lieux, retour sur l’itinéraire d’un nationaliste devenu monarchiste.

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Ahmedou Ould Souilem a vu le jour en 1951 à Villa Cisneros, bourgade côtière de quelques milliers d’habitants et siège du gouvernement de la province saharienne espagnole du Rio de Oro. Son père, Souilem Ould Abdallahi, cheikh incontesté de l’importante tribu guerrière des Ouled Delim, est considéré alors, à l’instar de toute sa communauté, comme un allié de l’occupant espagnol – lequel accorde en échange à ses administrés sahraouis une très large autonomie de fonctionnement. Né en 1913, engagé volontaire au sein des tropas nomadas, puis traducteur au service de l’administration, il est l’une des trois personnalités clés de la politique saharienne du général Franco, avec Khatri Ould el-Joumani et Saïda Ould Abeïda (tous deux reguibat). Élu alcade (maire) de Villa Cisneros en 1963, puis député aux Cortes la même année, membre en 1966 de la délégation espagnole auprès des Nations unies, Souilem père se montrera, jusqu’à sa mort en 1995 dans un camp du Polisario non loin de Tindouf, très hostile aux revendications marocaines sur le Sahara occidental. Un moment promauritanien lors de la partition du territoire, il rejoint le Front Polisario en 1979, peu avant l’annexion du Rio de Oro par l’armée marocaine. Nourri dès son enfance au lait amer de la défiance à l’encontre du Makhzen, son fils a donc a priori de qui tenir…

Scolarisé à Villa Cisneros, Ahmedou Ould Souilem hérite du nationalisme antimarocain de son père, mais pas de son tropisme proespagnol. Avec un groupe de camarades, il est expulsé du lycée à l’âge de 17 ans pour avoir participé à des manifestations indépendantistes. Dès lors, la politique devient son pain quotidien. À partir de 1970, depuis Madrid, où il se soigne dans une clinique pour une affection pulmonaire, Ahmedou échange des messages avec le noyau des étudiants sahraouis de Tan Tan et de Nouakchott qui seront à l’origine de la fondation du Polisario : Mustapha Sayed el-Ouali, Ghailani Dlimi, Allali Mohamed Koury (actuel directeur du protocole de la RASD), Mohamed Salem Ould Salek, Mohamed Lemine… Le 29 avril 1973, lors de la fondation du Front (le 10 mai, date communément admise, est en réalité celle de sa proclamation), à Zouerate, en Mauritanie, Ahmedou Ould Souilem est à Dakhla. La cellule clandestine qu’il a créée a envoyé une délégation pour participer à cet événement, lequel n’est pas, au départ, spécialement dirigé contre le Maroc, avec qui une possibilité de compromis, sous la forme d’une large autonomie respectant l’identité sahraouie, est encore envisageable dans l’esprit des fondateurs du Polisario. Ce sont les accords tripartites de Madrid, le 14 novembre 1975, signés entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie sous la pression directe de la Marche verte, qui feront basculer les nationalistes sahraouis. « Ces accords nous ont exclus du jeu, explique Ould Souilem. Ils ont fait de nous une proie à dépecer, non un territoire à récupérer. Nous avons eu l’impression d’être traités comme des choses. D’où notre sentiment de frustration, que l’Algérie a su exploiter pour le transformer en hostilité à l’encontre du royaume. » En février 1976, alors que les troupes marocaines et mauritaniennes prennent le territoire en tenaille, Souilem organise la fuite des Ouled Delim de Dakhla vers la frontière algérienne. Le voyage, en Land Rover, puis à bord de camions militaires algériens jusque dans les camps de la région de Tindouf, est périlleux. D’autant que le jeune homme, qui n’apprécie guère – et ne s’en cache pas – la mainmise des Reguibat sur le Polisario, déjà sensible à cette époque, connaît une première mésaventure.

Organiser l’ouest algérien

Un jour de mars 1976, dans un campement provisoire à Oum Dreiga, il est kidnappé, malmené, cagoulé et emmené par la sécurité du Polisario au camp de Rabbouni, non loin de Tindouf, où on l’emprisonne dans une cage. Il y restera un mois avant que Brahim Ghali, le chef militaire du Front, le fasse libérer. « Quand El-Ouali a appris mon arrestation et celle de dizaines d’autres Sahraouis, il a parlé de sabotage, dit Souilem. Puis il s’est lancé dans ce raid sur Nouakchott dont il savait que ses chances d’en réchapper étaient minimes. C’était une sorte de suicide. Il est mort en juin. Moi, j’ai mis cet incident sur le compte des erreurs inhérentes à toute lutte de libération. »

Ould Souilem (à dr., alors ambassadeur de la RASD en Angola, à La Havane, en 1984.
(Collection particulière)

En juillet, Ahmedou Ould Souilem est envoyé à Alger, puis à Oran, où il met en place la représentation du Polisario pour l’Ouest algérien, frontalier du Maroc. Un an plus tard, le voici en Guinée-Bissau, avec le titre d’ambassadeur de la RASD. Son activité principale consiste à exfiltrer des Sahraouis de Mauritanie via le Sénégal, puis de les envoyer sur Alger à partir de l’aéroport de Bissau, avec l’appui logistique de l’ambassade d’Algérie. Près de quatre cents futures recrues du Polisario passeront ainsi par ses services. « Pour financer tout cela, on recevait de l’argent d’Alger en espèces et on ne posait pas de questions », se souvient-il. Il réussit si bien que ses patrons du Front (tour à tour Mohamed Lemine, Omar Hadrami, Brahim Hakim, Bachir Mustapha Sayed, Mohamed Ould Salek : l’instabilité est de règle à la tête des relations extérieures du Polisario) l’envoient en mai 1979 ouvrir l’ambassade de Panamá, qui servira de tête de pont aux reconnaissances en chaîne de la RASD en Amérique latine. Neuf mois plus tard, Souilem est à Téhéran pour négocier avec le gouvernement islamique de l’imam Khomeiny l’établissement de relations diplomatiques. En août 1980, il est à Damas avec le même objectif, mais cette fois-ci l’opération échoue. Retour à Tindouf, puis nouveau départ, début 1981, pour l’ambassade de Luanda, en Angola. Il y restera cinq ans, armé jusqu’aux dents dans une capitale en proie à la guerre civile. Début 1986, Ahmedou Ould Souilem éprouve le besoin de souffler. Il s’installe dans le campement familial de la hamada, auprès de son père. Et il attend sa nouvelle affectation.

Une voix discordante

Entre-temps, sous la houlette de Mohamed Abdelaziz et de ses protecteurs algériens, le Front Polisario s’est structuré, durci, centralisé. Le romantisme révolutionnaire a cédé la place à une organisation militarisée qui perdurera bien après le cessez-le-feu de 1991 et au sein de laquelle il n’est nulle place pour les voix discordantes. Ould Souilem, qui critique volontiers les dérives autoritaires de la direction du Front, est de celles-là, même si le prestige dont jouit son père le protège. Nommé directeur de l’école du 9-Juin – une forme de mise au placard –, il s’oppose à la présence des agents de la sécurité militaire dans l’enceinte de l’internat et aux empiétements incessants de l’idéologue Sid Ahmed Batal, ministre de l’Éducation. En mars 1988, Souilem est limogé. Avec une quinzaine de cadres du Polisario – dont Hakim, Hadrami, Mansour Ould Omar, Mustapha Al Barazani –, il prépare ce qui sera un tournant dans l’histoire tourmentée du Front : l’intifada d’octobre 1988. Les camps se soulèvent, l’armée intervient, il y a des morts, des blessés, des prisonniers. Rendu quasi intouchable par son statut de cheikh élu des Ouled Delim, Ahmedou est épargné, alors que la plupart de ses compagnons (dont Omar Hadrami) sont incarcérés. S’ouvre alors une longue crise interne qui s’achèvera en décembre 1989 par la tenue d’un congrès au cours duquel Mohamed Abdelaziz fait d’importantes concessions. Alors que Hakim et Hadrami quittent clandestinement les camps pour rallier le Maroc, Ould Souilem reste. « Je me sentais responsable de tous ces gens que j’avais entraînés avec moi dans cette galère en 1975 et 1976, dit-il. Moralement, je ne me sentais pas le cœur de les abandonner. » L’argument vaut ce qu’il vaut, mais il est le seul que sert Ould Souilem pour expliquer le délai étonnamment long entre la rupture de 1988 et son propre ralliement : vingt et un ans.

En 1990, le voici à nouveau ambassadeur au Panamá. Puis retour au camp d’Aousserd, où il négocie avec Abdelaziz une sorte de pacte de non-agression : « Je ne me suis jamais entendu avec lui, explique Souilem. Je lui échappais tant socialement que politiquement. Je ne suis pas un griot, mais il fallait que je protège les miens. Mon père était malade. J’avais charge d’âmes, comme on dit. » Après le cessez-le-feu de 1991, il participe en tant que chef de tribu au processus d’identification en vue du référendum d’autodétermination, avant de se consacrer entièrement à ses activités d’opposant. Dès lors, il est perçu par la direction du Front comme un poison, une sorte de virus qui dénonce sans cesse le « clientélisme » et la « dictature », et va jusqu’à encourager les Sahraouis à fuir en Mauritanie ou à regagner le Sahara occidental. Entretient-il des contacts secrets avec les services marocains ? « Non, aucun, assure-t-il. Mon réseau était purement interne et intrasahraoui. » En novembre 1999, la police algérienne l’arrête à Tindouf et lui retire son passeport. Ould Souilem se réfugie au siège de la Minurso, qui lui fournit des documents de remplacement et l’assure de sa protection. Une fois de plus, Mohamed Abdelaziz tente de négocier avec lui. Les pourparlers durent des mois, sans aucun résultat. Un jour de novembre 2003, Souilem déclare sans ambages à Bachir Mustapha Sayed : « Je vais regagner ma patrie » – le Sahara occidental, autant dire, ipso facto, le Maroc. Selon lui, le frère d’El-Ouali lui aurait répondu : « Je partage tes idées, mais je ne te suivrai pas, j’ai trop d’intérêts ici. » Cette provocation volontaire est aussitôt rapportée à Abdelaziz, qui veut encore croire à une sorte de chantage de la part d’Ould Souilem : « Il n’osera pas. » Et pourtant… Après trois décennies passées dans les camps de réfugiés de la hamada, Souilem pense que la dette morale contractée auprès de ses frères est en voie d’être soldée. L’heure est venue pour lui de franchir la ligne rouge.

La fin d’une aventure

Mohamed Abdelaziz, lui, ne s’y résout pas. Fin 2007, après le congrès du Polisario à Tifariti, il nomme Ould Souilem ministre conseiller à la présidence de la RASD chargé des Pays arabes. Une rente de situation, accompagnée d’un nouveau round de négociations sous la houlette de Bachir Mustapha Sayed. Mais rien n’y fait. Un jour de mai 2009, en plein Conseil des ministres au camp de Rabbouni, Souilem fait scandale en annonçant son retour imminent à Dakhla, la ville où il est né. Dès lors, c’est un pestiféré dont on cherche à se débarrasser, qui, au vu et au su de tout le monde, fait d’abord partir sa famille en Mauritanie, puis organise sa propre exfiltration. « Tu aurais pu partir au Maroc sans le dire ! » lui reproche l’un de ses collègues du gouvernement. Mais Souilem veut agir en public afin, dit-il, de « casser le mythe du Polisario » et de « démontrer que nul ne peut nous empêcher de rentrer chez nous. Il n’y a ni fuite ni honte ». Le 25 juillet 2009, muni de son passeport diplomatique algérien, Ahmedou Ould Souilem se rend à Alger puis, de là, à Madrid. Sans prendre attache avec l’ambassade du Maroc, il téléphone à des cousins vivant à Rabat et leur demande d’annoncer son arrivée pour le 29. « Je n’ai rien négocié, ni pris de contact préalable avec aucune autorité ou service, assure -t-il. J’ai simplement fait prévenir, la veille, de mon retour. » Ce mercredi-là, il débarque à l’aéroport de Rabat-Salé, où des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur viennent l’accueillir. Le lendemain, il est reçu à Tanger par le roi Mohammed VI.

Depuis, Ould Souilem s’est rendu à plusieurs reprises au Sahara marocain et, bien sûr, chez lui, à Dakhla, qu’il a eu un peu de mal à reconnaître tant la ville s’est modernisée. Son jugement sur ses anciens camarades du Front se veut sans appel : « Le Polisario sahraoui est mort, il ne reste que le Polisario algérien. » Et d’égrener la liste de ceux qui, à son avis, ne rentreront jamais au Maroc « parce que leur vie et leur position sociale sont là-bas, et qu’ils redoutent, s’ils reviennent, d’être ramenés à leur dimension individuelle » : Mohamed Abdelaziz, Bachir Mustapha Sayed, Brahim Ghali… Quant au « front intérieur », celui ouvert au Sahara occidental sous administration marocaine par des militants indépendantistes comme Aminatou Haidar, Ali Salem Tamek ou Mohamed Daddach, Ahmedou Ould Souilem en minimise l’importance, même s’il reconnaît que certaines erreurs commises par les autorités ont pu susciter amertume et frustration parmi les Sahraouis : « Sociologiquement, ces gens ne représentent pas une alternative ; le Polisario lui-même ne les considère que comme des éclaireurs, des compagnons de route de circonstance, mais utiles à la cause. » Une cause à laquelle le futur ambassadeur de Sa Majesté affirme ne plus croire depuis plus de vingt ans, « depuis le jour où je me suis rendu compte que l’Algérie elle-même ne voulait pas de notre indépendance. Nous n’avons jamais été autre chose qu’une carte dans un jeu qui nous dépasse ».

François Soudan | Jeune Afrique



lundi 7 juin 2010

Arrestation d’un ancien gouverneur sur fond de scandale foncier

L’ancien gouverneur du district de Nouakchott Sidi Maouloud a été arrêté, dimanche, par la police qui le soupçonne d’implication dans un scandale foncier, a appris Xinhua de sources sécuritaires.

L’ancien gouverneur est accusé par la police d’avoir, au cours de son mandat, favorisé un intense trafic foncier dans le quartier de Toujounine, situé dans la partie sud-est de la capitale.

Selon la police, l’enquête préliminaire a révélé que, l’ancien wali (gouverneur) avait procédé à des attributions, par milliers, de terrains à des particuliers, à travers des intermédiaires.

Ces derniers s’étaient ainsi enrichi en réclamant frauduleusement de sommes d’argent considérables en contrepartie de la livraison de permis d’occuper falsifiés.

Les autorités mauritaniennes poursuivent depuis 2009 une vaste opération d’assainissement foncier et de redressement du plan directeur de la ville de Nouakchott qui a entraîné, récemment le tracé de plusieurs nouvelles rues et le déplacement de plusieurs milliers de familles vers des zones nouvellement assainies.

Le gouvernement mauritanien s’est fixé comme objectif d’éliminer les bidonvilles de Nouakchott.

Xinhua

dimanche 6 juin 2010

Le secteur de la pêche fournit 25% du PIB

Les ressources provenant du secteur de la pêche représentent en Mauritanie 12,5% du produit intérieur brut (PIB), a indiqué samedi à Nouakchott le secrétaire général du ministère mauritanien chargé de l’environnement, Mohamed Ould Sidebatt .

Le responsable mauritanien qui supervisait la cérémonie de commémoration de la journée mondiale de l’environnement, a expliqué que les richesses halieutiques de la Mauritanie seront "largement affectées par les détériorations environnementales".

Selon lui, "la vulnérabilité du littoral mauritanien face aux changements climatiques pourra hypothéquer la croissance économique dans un pays où le littoral constitue le vecteur essentiel du développement".

De son côté, M. Souleman Boukar, économiste principal du PNUD en Mauritanie, a relevé que en les forêts, qui ne représentent que moins de 0, 267% du territoire mauritanien, subissent une forte pression anthropique et animale, car elles fournissent l’essentiel de l’énergie domestique en l’absence de toutes autres énergies de substitution capable de prendre la relève à court et moyen terme.

La Mauritanie est un pays désertique à plus de 80%, qui subit la menace permanente de la déforestation et de l’avancée du désert, ainsi que la destruction du cordon dunaire littoral long de plus de 600 km.

Xinhua

Prochaine visite de Mohamed Ould Abdel Aziz en Espagne

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz effectuera à partir de lundi prochain une visite d’Etat en Espagne, ont indiqué, samedi à Nouakchott, des sources diplomatiques qui ne précisent pas la durée.

Au cours de cette visite, Aziz aura des entretiens avec le roi Juan Carlos et le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero sur des questions d’intérêt commun et sur le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale dans les différents domaines.

La Mauritanie et l’Espagne sont liées par de nombreux accords de coopération, notamment en matière de pêche, de sécurité et de formation.

L’Espagne avait salué récemment la contribution significative de la Mauritanie aux efforts de la lutte contre l’immigration clandestine.

Xinhua

vendredi 4 juin 2010

Plus de 7.000 personnes à un meeting contre le blocus de Gaza

NOUAKCHOTT — Plus de 7.000 Mauritaniens ont participé vendredi à un meeting, à Nouakchott, pour exiger la levée du blocus imposé à Gaza et le jugement des responsables du raid israélien meurtrier mené lundi contre une flottille humanitaire en route vers Gaza.

"Nous appelons la communauté internationale à faire juger par la Cour pénale internationale les responsables sionistes responsables de cette tuerie et à oeuvrer pour la levée immédiate du blocus contre Gaza", a lançé le président de la commission nationale des droits de l'homme, Bamariem Koweita.

Il s'exprimait devant 7.000 à 8.000 personnes, réunies à l'appel de partis de la majorité présidentielle.

Le président du parti au pouvoir, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, principal organisateur du meeting, a présenté ses condoléances au peuple turc pour "ses martyrs de la caravane de la paix", en affirmant que "ce qui se passe est la traduction de la bataille que se livrent les camps du bien et du mal dans le monde".

Neuf Turcs ont été tués au cours du raid de commandos israéliens sur la flottille d'aide à Gaza. Et les participants au meeting de Nouakchott ont glorifié le rôle de la Turquie, brandissant des portraits du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

"La Turquie a repris avec gloire sa place normale dans le monde musulman", a lancé l'un des porte-paroles des Imams de mosquées, Taher Ould Bilal.

Durant la prière du vendredi, les imams de Nouakchott ont appelé, dans un sermon commun, à une "action décisive qui libérerait la Palestine du joug juif".

Deux Mauritaniens - dont un journaliste - se trouvaient à bord de la flottille attaquée lundi par l'armée israélienne.

La Mauritanie avait suspendu, en janvier 2009, ses relations diplomatiques avec Israël pour protester contre l'offensive alors en cours dans la bande de Gaza. L'ambassade d'Israël à Nouakchott avait ensuite été fermée et son personnel rapatrié.

mercredi 26 mai 2010

Le président mauritanien en visite au Soudan

APA-Nouakchott Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a entamé jeudi une visite au Soudan pour témoigner de l’exemplarité des liens de coopération unissant les deux pays et assister à l’investiture du président soudanais, M. Oumar El Bechir, soumis à un mandat d’arrêt international par la Cour pénale internationale.

M. El Bechir a été réélu tout dernièrement lors d’une élection contestée par l’opposition soudanaise et non validée par la communauté internationale.

Ce déplacement de Ould Abdel Aziz, le deuxième dans ce pays, constitue un signal fort et la preuve de la solidité des liens d’amitié entre les deux dirigeants.

Il intervient après la visite en Mauritanie, en début 2010, du président soudanais et l’ouverture d’une ambassade soudanaise à Nouakchott.

Au plan économique, les deux pays ont mis en place une société mixte pour les télécommunications (Chinguittel) en plus de l’échange d’expérience dans les domaines de l’agricolture, de l’élevage et de l’irrigation.

Au plan culturel, les deux pays entretiennent de bonnes relations, à travers notamment l’échange de missions entre littéraires, théologiens et jurisconsultes.

mercredi 7 avril 2010

Crise alimentaire au Sahel: environ 860.000 enfants affectés, selon L'Unicef

DAKAR — Environ 860.000 enfants de moins de cinq ans dans les pays du Sahel "pourraient avoir besoin de traitement contre la malnutrition aiguë sévère dans des centres thérapeutiques" en raison de la crise alimentaire frappant cette région pauvre de l'Afrique, a indiqué mardi l'Unicef.
"Nous estimons que plus de 859.000 enfants de moins de cinq ans pourraient avoir besoin de traitement contre la malnutrition aiguë sévère dans des centres thérapeutiques", indique le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) dans un communiqué transmis à l'AFP.
"Au Niger, qui devrait faire face au fardeau le plus lourd, ce sont 378.000 enfants qui pourraient avoir besoin de soins", selon le texte.
Après le Niger, le Nigeria serait le pays le plus touché, essentiellement dans le nord (212.000), suivi du Burkina-Faso (144.000), Mali (83.000), Tchad (33.500) et Mauritanie (8.900).
"L'impact de l'insécurité alimentaire sur les enfants âgés de six mois à cinq ans s'observe déjà au Niger et au Tchad où des milliers de foyers n'ont déjà plus de stocks de vivres", souligne l'Unicef.
"Une augmentation du nombre des admissions dans les centres thérapeutiques est attendue. La malnutrition rend les enfants particulièrement sensibles aux maladies et infections", rappelle l'agence de l'ONU.
"On sait avec certitude que des dizaines de milliers de familles vivant dans la partie ouest du Sahel sont en situation d'extrême détresse à cause de la crise alimentaire qui frappe la région", selon le communiqué.
"Cette année, la traditionnelle saison de soudure (entre deux saisons de récolte) est différente. Elle a commencé plus tôt et sera plus longue et plus sévère que d'habitude".
"L'aggravation de l'insécurité alimentaire va augmenter de façon marquée le nombre d'enfants sévèrement malnutris, par rapport aux années +normales+", selon l'Unicef.
Toutefois, "on ne peut pas prédire avec certitude le nombre d'enfants qui vont souffrir de malnutrition aiguë cette année. Les estimations sont basées sur des résultats d'enquêtes qui donnent une image à un moment précis. La situation peut évoluer", relève l'Unicef.
"Par exemple, si la réponse humanitaire à la crise se fait à temps et de façon adaptée, avec un bon accès aux zones les plus vulnérables, le nombre d'enfants réclamant ces soins thérapeutiques diminuera et le nombre de cas sera moins important", selon l'Unicef.
Le 31 mars, Oxfam avait appelé à des "réponses urgentes" face à la menace d'une "grave crise alimentaire" dans le Sahel, et particulièrement au Niger, qui pourrait toucher "près de dix millions de personnes" lors des prochains mois.
"Depuis plusieurs mois, les signes annonciateurs d'une crise alimentaire au Sahel se multiplient. Le pays le plus touché est le Niger, mais des régions au Tchad, au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria sont également affectées", affirmait l'ONG dans un communiqué.

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés

13 morts dans le naufrage d'une pirogue entre Mauritanie et Sénégal

Treize personnes mauritaniennes sont mortes noyées, mardi, dans le fleuve Sénégal, quand une pirogue transportant du bois a chaviré, près de la ville de Bababé (sud), selon un nouveau bilan diffusé mercredi par l'Agence mauritanienne d'information.

Le précédent bilan communiqué mardi soir par des sources administratives mauritaniennes était de quatre morts et onze disparus.

"Treize personnes - dont un enfant - ont trouvé la mort suite à cette catastrophe" sur le fleuve, frontière naturelle entre la Mauritanie et le Sénégal, rapporte l'agence AMI (officielle).

L'accident concerne une pirogue qui assurait la liaison entre les deux parties de la localité de Sénoboussobé, située de part et d'autre du fleuve.

L'âge des victimes n'a pas été précisé par l'AMI.

Selon un notable du village de Sénéboussobé, Abdoulaye Dia, les victimes sont treize jeunes filles mauritaniennes "qui cherchaient du bois de chauffe, côté sénégalais".

"C'est un travail que ces filles ont l'habitude de faire presque quotidiennement. Seulement le piroguier n'était pas transporteur de profession et selon ses déclarations, un petit vent a soufflé, faisant tanguer l'embarcation qui a chaviré", a expliqué M. Dia.

"Les 13 filles ont été inhumées mercredi au petit matin dans leur village (de Sénéboussobé) encore sous le choc de ce drame", a-t-il ajouté.

"Deux personnes ont été sauvées" sur les 15 passagers de l'embarcation, selon l'AMI. Le piroguier figure parmi les rescapés.

© 2010 AFP & TV 5 MONDE

mercredi 31 mars 2010

الحكومة تتمسك بالتعريب و'الزنوج' يحتجون والعروبيون ينتفضون


جدل واحتجاجات في موريتانيا حول موقع اللغة العربية في المجتمع ومؤسسات الدولة
3/31/2010

نواكشوط ـ 'القدس العربي' من عبد الله بن مولود:
ازداد الجدل في موريتانيا احتداما بين 'الزنوج' (السكان ذوي الأصول الافريقية) المنزعجين من التوجهات العروبية للحكومة، والقوميين العروبيين الذين يرون أن اللغة العربية باتت مهددة في البلاد.
وقد احتدم هذا الجدل بعد احتجاجات للطلاب 'الزنوج' في جامعة نواكشوط على تصريحات أخيرة للوزير الأول الموريتاني، مولاي ولد محمد الأغظف، قال فيها ان حكومته ستدعم اللغة العربية بتعميمها في جميع المرافق الإدارية كلغة عمل ومراسلات وبحث علمي.
وجاءت تصريحات المسؤول الموريتاني بمناسبة إحياء يوم اللغة العربية بموريتانيا تحت شعار 'العربية.. لغة ديننا وهويتنا'.
وقد نظم الطلاب 'الزنوج' في جامعة نواكشوط تظاهرات احتجاجا على ترسيم العربية وإحلالها لغة عمل بدل الفرنسية، وهو ما رأوا فيه تهديدا لهم وإقصاء.
وزاد من انزعاج هذه الفئة من الطلاب قول الوزير الأول الموريتاني، ولد الأغظف، ان اللغة العربية كانت 'طوق نجاة وملاذا أوحد في البلاد للذود عن الهوية، والسند القوي للاحتماء من المسخ والاندثار ضمن مشروع استعماري، كان في البداية يعتمد على المد الثقافي كأنجع وسيلة للتحكم والتمكن'.
كما انزعجوا لقوله ان موريتانيا 'ستبقى منقوصة السيادة والهوية ما لم تتبوأ اللغة العربية مكانتها وتصبح لغة علم وتعامل، كما كانت في الماضي'.
يذكر أن المادة السادسة من الدستور الموريتاني تنص على أن العربية هي اللغة الرسمية للدولة.
وزاد من انزعاج 'الزنوج' تصريح آخر لوزيرة الثقافة والشباب والرياضة الموريتانية، سيسه بنت الشيخ، قالت فيه ان 'أكبر تحد تعانيه اللغة العربية في موريتانيا هو انتشار البدائل التعبيرية عنها باستعمال اللهجات المحلية وغيرها في التخاطب ولغة العمل وعزلها عن احتضان العلوم الحديثة، مثل الطب والرياضيات والهندسة'.
وقد شهد مسار التعريب في موريتانيا على مدى العقود الخمسة الماضية كثيرا من الشد والجذب بين الداعين للتعريب الذين تناهز نسبتهم، حسب تقديراتهم، 75 بالمئة من السكان، بحجة أن اللغة يجب أن تتبع للغالبية السكانية، والرافضين لذلك من قوميات 'زنجية' تعتقد أن إقرار العربية كلغة رسمية يعتبر إقصاء لشريحة واسعة من المجتمع.
وضمن هذا الجدل واصل القوميون العرب في موريتانيا الناشطون ضمن التيارين الناصري والبعثي مشاوراتهم لمناقشة وضعية التيارات القومية العروبية في البلاد.
وكان هؤلاء الناشطون قد التقوا في ندوة تحت عنوان 'التيار القومي في موريتانيا: الواقع والآفاق'.
ودعت الندوة لفتح حوار بين التيار القومي الناصري والبعثي، وفي مرحلة لاحقة ما بين التيار القومي والتيار الإسلامي، وفي مرحلة ثالثة ما بين التيار العروبي والتيار الإفريقي.
وأشارت وثيقة صادرة عن الندوة الى 'أهمية الشعور بالمسؤولية اتجاه المشروع القومي ومعالجة وتحليل أسباب تعثره' في موريتانيا، داعية لمقاومة 'كل التحديات التي يتعرض لها القوميون العرب من تهميش في المؤسسات العامة للدولة ومن استهدافات متكررة لأطروحاتهم الفكرية وتشويه ما قدموه من تضحيات وإنجازات من أجل الحفاظ على الهوية والمكتسبات الحضارية الأخرى والإسهامات الأخرى في الشأن السياسي والاجتماعي'.
ودعت الوثيقة إلى تشكيل مجلس استشاري قومي مهمته 'إعادة طرح القضايا القومية وتحديد أولويات المرحلة وتقييم مختلف التجارب الماضية انطلاقا من خصوصيات الواقع ومتطلباته'.
ودعت الوثيقة إلى تجديد الطبقة السياسية والمحافظة على المكتسبات الحضارية وإلى تجديد الخطاب والابتعاد عن كل ما يخدش في الوطنية والسيادة أو الولاء لغير موريتانيا'.
ودعا المتدخلون في الندوة لتوحيد التيار القومي وتجديد المضامين التي يمكن الاتفاق حولها ومن ذلك مفهوم الهوية والموقف من التعددية الإثنية في موريتانيا وهما الحالتان اللتان خلفتا التباسا داخل الرأي العام الموريتاني.
وشدد المتدخلون على أن 'تكون الثقافة السائدة والطاغية هي الثقافة العربية الإسلامية والتي كانت كذلك قبل دخول الاستعمار لأن اللغة العربية هي لغة الدين والعلم لدى جميع مكونات المجتمع الموريتاني'.
ولم تكن المعارضة الموريتانية غائبة عن هذا الجدل المحتدم حيث أدانت منسقيتها في بيان وزع في هذا الخضم ما وصفته بـ'الطرح الاقصائي والخطاب التقسيمي الذي تعتمده بعض الجهات المتطرفة أيا كانت لأغراض خاصة تضر بمصلحة الوطن وتهدد وحدته'.
وأكدت المنسقية على 'التمسك بالهوية الاسلامية، العربية والافريقية لموريتانيا' محذرة 'من مخاطر سياسة التخبط والارتجال والخطابات الديماغوجية المعتمدة من طرف النظام القائم وحكومته التي لن تؤدي إلا إلى إثارة النعرات العرقية والصراعات السلبية التي لا تنتج إلا القلاقل والأزمات'.
وأكد بيان المنسقية 'أن الجمهورية الإسلامية الموريتانية - كما حدده دستورها- دولة إسلامية عربية إفريقية ثرية بتنوع أعراقها وغنية بتعدد ثقافاتها، وهي بحاجة لكل أبنائها لتجسيد سلمها الاجتماعي وتعايشها الأهلي، إسهاما في تطويرها وتنميتها'.
ودعا البيان 'المجتمع الموريتاني بكافة أطيافه السياسية والفكرية والناشطين في المجتمع المدني وحقوق الإنسان إلى التحرك سريعا من أجل وضع حد لكل ما يمكن أن يمس وحدة البلد وكيانه'.

mardi 30 mars 2010

Vall avec Chirac


L'ancien président Ely Ould Mohamed Vall.L'ancien président Ely Ould Mohamed Vall.© Patrick Flouriot pour J.A.

L'ancien président mauritanien se rapproche des actions menées par Jacques Chirac, lui aussi retiré de la politique.

Marginalisé en Mauritanie (il n’a recueilli que 3,8 % des voix à la présidentielle de 2009), l’ancien président Ely Ould Mohamed Vall vient d’être nommé ambassadeur de bonne volonté par la Fondation Chirac, dont il est membre du comité d’honneur. Sa mission : mettre à contribution son carnet d’adresses en Afrique et au Moyen-Orient pour favoriser l’adoption d’une convention internationalecriminalisant l’industrie des faux médicaments. Vall devrait par ailleurs être nommé prochainement ambassadeur de bonne volonté par l’Unitaid, une « facilité internationale » pour l’achat de médicaments (contre le sida, notamment) financée par une taxe sur les billets d’avion. Promue par… Jacques Chirac, ladite taxe a déjà été adoptée par plusieurs pays.

Jeune Afrique