jeudi 24 décembre 2009

La coordination de l’opposition dénonce l’insécurité


Les dirigeants de l’ opposition mauritanienne ont sévèrement critiqué, mercredi soir au cours d’un meeting autorisé à Nouakchott, "la débâcle sécuritaire que connaît le pays", faisant allusion aux enlèvements récents de ressortissants européens dans le pays, a constaté un correspondant de Xinhua à Nouakchott.

En moins d’un mois, six étrangers ont été enlevés en Mauritanie, trois humanitaires espagnols, deux voyageurs italiens et le leur chauffeur ivoirien.

Ce meeting de l’opposition a été précédé par une marche, à laquelle ont pris part plusieurs centaines de sympathisants qui ont parcouru la principale artère de la capitale.

Au cours du meeting, les leaders de l’opposition se sont succédé, tour à tour, pour stigmatiser les politiques du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et exiger la libération des trois hommes d’affaires détenus "injustement" dans l’affaire de la Banque Centrale de Mauritanie.

Mesaoud Ould Boulkheir, président de la coordination de l’ opposition et président de l’Assemblée nationale, a notamment fustigé le système sécuritaire qu’il a décrit comme "un échec et une débâcle sécuritaire mettant en jeu l’avenir du pays".

Il a en outre demandé au président Aziz de libérer les hommes d’ affaires, les plus riches du pays, pour ne pas porter préjudice à l’économie nationale. Ces derniers sont incarcérés depuis deux semaines sous l’accusation d’avoir bénéficié de "transferts illicites" de la Banque centrale de Mauritanie.

Cette manifestation de l’opposition s’est déroulée sous l’oeil des unités antiémeutes qui étaient déployées dans plusieurs rues de la capitale.

Xinhua

Un haut responsable de l’opposition chez le président

Politique - Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a reçu en audience lundi après-midi, le président du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADHIL), Yahya Ould Ahmed Waghef, par ailleurs Premier ministre jusqu’au coup d’Etat du 6 août 2008, a appris mardi la PANA de sources autorisées.

Au centre de l’audience, les rapports difficiles entre le pouvoir et l'opposition, le problème du terrorisme et les moyens pour rétablir l'aide internationale, suspendue depuis une année, selon les mêmes sources.

Cette audience intervient deux jours avant une manifestation de la Coordination de l’opposition démocratique (CFOD) qui entend protester, mercredi, contre la montée de "l’insécurité, l’arbitraire et la hausse des prix".

La rencontre est aussi notée 24 heures après l’annonce de la prochaine reprise complète de la coopération entre la Mauritanie et l’Union européenne (UE) avec une révision des priorités au rang desquelles figurent le dialogue politique, conformément à l’accord de Dakar qui a permis la participation de l’opposition à l’élection présidentielle du 18 juillet 2009 remportée au premier tour par le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

La coopération rétablie avec l'UE pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour un dialogue entre le pouvoir et l'opposition en Mauritanie, selon les observateurs.

PANA

Commerce avec les USA : Madagascar, Guinée et Niger pénalisés, Mauritanie réhabilitée

Le président américain Barack Obama à Washington, le 22 décembre 2009

M. Obama a pris cette décision à l'occasion de la révision annuelle du programme Agoa (Africa Growth and Opportunity Act), imposée par la loi et qui prend en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays concernés.

L'Agoa a été instauré par le Congrès américain en 2000. Il établit jusqu'en 2015 une coopération économique et commerciale avec le continent africain. Il facilite les exportations africaines vers les Etats-Unis pour soutenir le développement économique, mais aussi les réformes en Afrique subsaharienne.

Mauritanie/Canada : signature d’un contrat de minerai de fer

Un contrat d’un montant de 630 millions dollars pour la fourniture de services d’ingénierie dans le cadre d’un projet d’enrichissement de minerai de fer mauritanien a été signé entre la Société Nationale industrielle et Miniére (SNIM) de Mauritanie et la société canadienne SNC-Lavalin, a-t-on appris mercredi de source officielle.

Ce projet, dénommé "Guelb II" et situé non loin de Zouérate, ville minière, à 600 km au nord de la Mauritanie, devrait contribuer à améliorer la production en minerai de fer brut qui avoisine actuellement les 11 millions de tonnes par an.

La SNIM est une entreprise minière qui constitue le poumon de l’économie mauritanienne. Son capital est détenu à 78 % par le gouvernement mauritanien.

Le fer extrait par la SNIM dans la zone de Zouérate est convoyé par un train minéralier des plus longs du monde (plus de 3km de wagons) vers le port minéralier de Nouadhibou (capitale économique) d’où il est acheminé vers tous les continents.

Parmi les principaux importateurs du fer mauritanien figurent la Chine et le Japon.

Xinhua

Mauritanie/rapts: un suspect arrêté

La police mauritanienne a arrêté un suspect dans l'enlèvement la semaine dernière d'un couple de ressortissants italiens dans le sud du pays, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Le suspect, Abderrahmane Ould Imidou, a été arrêté lundi près de la ville de Kobeini, où le 4x4 du couple italien avait été retrouvé abandonné et criblé de balles, précisait-on de même source. Il va être transféré vers la capitale Nouakchott pour y être interrogé.

Sergio Cicala et son épouse Philopene Kabore, une Italienne originaire du Burkina Faso, ont été enlevés par des hommes armés vendredi soir, selon les autorités mauritaniennes.

La fille de Sergio Cicala a déclaré sur la chaîne italienne Sky TG24 que le couple faisait route vers le Burkina Faso au moment de l'enlèvement.

AP

Abou Hannas, le juge du désert

Abou Hannas, dans l'une de ses vidéos - El País.com

Abou Hannas, dans l'une de ses vidéos - El País.com

Le sort des six ressortissants français, espagnols et italiens capturés ces derniers jours dans la zone du Sahel pourrait dépendre d'un jeune imam mauritanien devenu la caution religieuse d'Al-Qaida au Maghreb islamique, avance le quotidien espagnol El País.

Les enlèvements de ressortissants européens se multiplient depuis un mois dans le Sahel. Aux rapts du Français Pierre Cammatte, le 25 novembre à Mékana, au Mali, et de trois humanitaires espagnols le 29 novembre dans le nord-ouest de la Mauritanie, revendiqués par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), est venue s'ajouter, le 19 décembre, la capture d'un couple d'Italiens dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière malienne.

Concernant les trois Espagnols, leur sort est entre les mains d'un Mauritanien connu sous le nom d'Abou Hannas, croit savoir le quotidien El País. Cet homme, âgé d'une trentaine d'années, ancien imam passé à la lutte armée, est depuis quelques années le référent religieux d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe issu de l'alliance en 2006 des militants algériens du Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC) et de ceux du réseau d'Oussama Ben Laden. La nébuleuse AQMI est composée aujourd'hui, selon des sources des renseignements français et mauritaniens, de quatre brigades fortes de 300 hommes de sept nationalités différentes. "La forte expansion d'AQMI a obligé ses dirigeants à se doter d'un juge du désert qui puisse expliquer leurs décisions et les bénir", rapporte l'envoyé spécial du quotidien espagnol à Nouakchott, la capitale mauritanienne, sur la foi de sources proches des salafistes.

La gendarmerie mauritanienne attribue au juge du désert Abou Hannas la rédaction d'un document intitulé "Manuel sur les prisonniers étrangers", saisi lors d'une opération policière à Nouakchott. Ces quelques feuillets en arabe expliquent que faire avec les personnes enlevées et comment les traiter : s'il s'agit de femmes, les djihadistes sont autorisés à les prendre pour épouses, s'il s'agit de militaires, à les tuer et dans le cas de civils, ils doivent demander un échange de prisonniers ou une rançon.

Isabelle Lauze

Omar el-Béchir en visite officielle à Nouakchott


Le président soudanais Omar el-Béchir, en juin 2009.
AFP/ Desmond Kwande
RFI

Le président soudanais est arrivé lundi 21 décembre 2009 à Nouakchott. Une visite officielle qui devrait durer trois jours. Omar el-Béchir est le premier chef d’Etat à se rendre en Mauritanie depuis l’investiture du président Mohamed Ould Abdel Aziz en août. Rappelons que le président soudanais est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

C’est en grande pompe que le président Abdel Aziz a accueilli, lundi 21 décembre, Omar el-Béchir, le premier chef d’Etat à se rendre en visite officielle à Nouakchott depuis son investiture. Le Premier ministre, les hautes personnalités d’Etat et une partie du corps diplomatique étaient présents le long du tapis rouge. Les ambassadeurs européen et américain étaient en revanche absents, et pour cause : le président soudanais fait l’objet depuis mars dernier d’un mandat d’arrêt de la CPI, la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Un mandat d’arrêt qui ne l’a pas empêché de visiter plusieurs pays amis au cours de ces dix derniers mois.

De même, en se rendant en Mauritanie, Omar el-Béchir sait qu’il ne court aucun danger d’arrestation. D’abord, parce que la Mauritanie n’a pas signé le statut de Rome, qui instaure la CPI. Ensuite, parce que la Mauritanie fait partie de la Ligue arabe. Or, lors de son dernier sommet à Doha, ses membres avaient unanimement apporté leur soutien au président soudanais. Enfin, la Mauritanie vient de réintégrer l’Union africaine qui a émis, lors de sa dernière conférence à Syrte, une résolution qui rejette toute coopération avec la CPI pour l’arrestation de personnalités africaines.

Trois bonnes raisons pour qu’Omar el-Béchir vienne en personne superviser le renforcement des liens entre Khartoum et Nouakchott. Une commission mixte de coopération travaille en effet, depuis dimanche 20 décembre, pour approfondir les relations économiques et politiques entre les deux pays.