dimanche 18 avril 2010

L'opposition appelle à la "chute du régime" d'Ould Abdel Aziz


L'opposant mauritanien, Messaoud Ould Boulkheir, le 18 juillet 2009 à Nouakchott

NOUAKCHOTT — Le président de la coordination de l'opposition démocratique (COD) en Mauritanie, Messaoud Ould Boulkheir, a ouvertement appelé à "la chute du régime" du président Mohamed Ould Abdel Aziz, samedi soir, au cours d'un meeting, a constaté le correspondant de l'AFP.
"Notre programme n'est plus le dialogue, notre programme n'est rien d'autre que le départ de Ould Abdel Aziz, la chute de son régime", a clamé le président de l'Assemblée nationale, M. Ould Boulkheir, devant plusieurs milliers de personnes.
"Nous avons demandé le dialogue avec Oud Abdel Aziz, il l'a refusé, alors, je le dis haut et fort, aujourd'hui, nous lui disons que nous n'en voulons plus, notre programme n'est rien d'autre que son départ", a martelé le président de la COD, qui rassemble la majeure partie de l'opposition.
Le chef de l'Etat mauritanien avait rejeté, en mars, toute idée de "partage du pouvoir avec l'opposition" en faisant valoir qu'elle devait seulement "accepter de jouer son rôle normal d'opposition dans un système démocratique".
M. Ould Boukheir a également accusé le gouvernement de chercher la division des Mauritaniens en "les opposant les uns aux autres".
Il faisait notamment allusion aux affrontements qui ont opposé, jeudi à l'université de Nouakchott, des étudiants pro-arabes (maures) et des étudiants négro-mauritaniens opposés à "l'arabisation complète de l'administration".
Le président de la coordination de l'opposition a félicité les syndicats des étudiants pour leur décision concertée de mettre fin aux manifestations ayant conduit à ces affrontements et leur décision de créer une coordination qui se chargerait du suivi de leurs doléances communes.
Plusieurs orateurs de la COD ont par ailleurs critiqué la situation politico-économique et sociale du pays, en appelant les Mauritaniens à "rester vigilants face à la déterioration de leurs conditions de vie" du fait de "la politique d'improvisation menée par le régime".

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samedi 17 avril 2010

Les ex-otages italiens vont bien, Aqmi détient toujours deux Espagnols

La branche maghrébine d'Al-Qaïda, qui a libéré vendredi un couple d'Italiens qu'elle séquestrait depuis quatre mois dans le désert du nord du Mali, négocie toujours les conditions de la libération de ses deux derniers otages, des Espagnols enlevés fin novembre en Mauritanie.

La branche maghrébine d'Al-Qaïda, qui a libéré vendredi un couple d'Italiens qu'elle séquestrait depuis quatre mois dans le désert du nord du Mali, négocie toujours les conditions de la libération de ses deux derniers otages, des Espagnols enlevés fin novembre en Mauritanie.

Les deux Italiens libérés vendredi après-midi quelque part dans le désert malien, ont été officiellement reçus samedi après-midi à Bamako par le président malien Amadou Toumani Touré, a constaté un photographe de l'AFP. Ils devaient ensuite être acheminés directement vers l'Italie.

Sergio Cicala, Italien de 65 ans, et sa femme Philomène Kabouré, 39 ans, de nationalité italo-burkinabé, "se portent tous les deux bien, mais visiblement la femme a mieux supporté la captivité que l'homme", avait auparavant déclaré à l'AFP une source sécuritaire malienne.

Le couple avait été capturé le 18 décembre dans le sud-est de la Mauritanie, alors qu'il se rendait au Burkina Faso à bord d'un minibus immatriculé en Italie. Leurs ravisseurs les avaient ensuite cédés à un groupe d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans le nord du Mali.

Selon une source proche de la présidence du Burkina Faso, les deux otages sont "restés durant toute leur détention dans le désert malien mais ils se déplaçaient".

Leur sort avait suscité d'autant plus d'inquiétudes qu'ils étaient aux mains d'Abou Yaya Hamane, un lieutenant de l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, responsable de l'assassinat d'un otage britannique en juin 2009.

La cellule de crise installée à la présidence malienne a soutenu, comme à son habitude, qu'"aucune rançon" n'avait été versée" pour cette remise en liberté. "Nous avons fait intervenir les chefs des tribus du nord qui ont joué un rôle important", a dit à l'AFP un officiel au palais présidentiel.

Le médiateur malien qui avait négocié la remise en liberté de l'otage français Pierre Camatte, en février, est de nouveau intervenu.

En échange de la libération des Italiens, les ravisseurs avaient initialement demandé non seulement la remise en liberté de quatre islamistes détenus au Mali - effectivement relâchés le 22 février - mais aussi la sortie de prison de combattants détenus en Mauritanie.

Mais début mars, le Premier ministre mauritanien, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, avait affirmé: "Il n'y aura pas de négociations avec ces groupes terroristes et il n'y aura pas d'échange de qui que ce soit contre qui que ce soit". Depuis, aucune libération d'islamistes n'a été annoncée en Mauritanie.

A présent, les islamistes armés retiennent toujours deux Espagnols - Albert Vilalta et Roque Pascual - enlevés le 29 novembre 2009 en Mauritanie, pour lesquels une forte rançon a été réclamée, selon une source proche du dossier.

Ces deux membres de l'ONG Barcelona Accio Solidaria sont détenus par l'un des émirs d'Aqmi, l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar, selon des sources concordantes.

Le directeur de l'ONG des deux Espagnols, Francesc Osan, a jugé que la libération des Italiens était une "bonne" nouvelle en soi. Mais il s'est étonné "que le Français et les Italiens aient été libérés alors qu'ils étaient plus ou moins dans la même situation" que les deux Espagnols.

M. Osan a indiqué à l'AFP n'avoir "aucune" nouvelle de ses deux compagnons, sinon des informations de caractère "général" à savoir que les otages "vont bien" et que le gouvernement espagnol "travaille" à leur libération.

Une source proche de la présidence burkinabè a assuré à l'AFP: "Il y a beaucoup d'espoir pour les Espagnols. Le plus dur, c'était avec l'autre groupe (qui détenait les Italiens). Leur libération n'est qu'une question de temps".

© 2010 AFP

Fin des manifestations estudiantines à Nouakchott (syndicats)

Les syndicats d'étudiants de l'Université de Nouakchott ont annoncé samedi "la fin" des manifestations estudiantines au sujet de l'arabisation en Mauritanie et la création d'une structure de coordination sur cette question, après des affrontements entre étudiants.

"Nous proclamons la fin des mouvements menés par les étudiants" sur la question de l'arabisation, à l'origine d'affrontements entre étudiants jeudi, indique un communiqué des sept syndicats d'étudiants de l'université de Nouakchott.

Ces syndicats "condamnent toutes les formes de violences au sein de l'université" qui constituent une "menace pour l'unité nationale" de la Mauritanie.

Les syndicats disent "rejeter toutes les tentatives de politisation" des revendications des étudiants sur la question de l'arabisation et annoncent "la mise en place de la "coordination de l'unité des étudiants", une nouvelle structure, pour la prendre en charge.

La police avait interpellé une trentaine de personnes jeudi sur le campus universitaire de Nouakchott où des affrontements ont opposé des étudiants à propos de l'arabisation de l'administration en Mauritanie.

Des francophones, principalement des négro-mauritaniens, contestent l'arabisation et y voient une exclusion de leurs cadres formés en français, tandis que des arabophones contestent la place occupée par le français dans le système éducatif et dans l'administration en tant que langue de travail.

La polémique avait éclaté après la célébration par la Mauritanie de la journée de la langue arabe, le 1er mars. Le Premier ministre, Moulaye Ould Mohemd Laghdaf, avait alors affirmé que la civilisation du pays était "arabo-islamique".

"Rien n'a changé, la Mauritanie d'avant le 1er mars est toujours la même, aucune option pour une arabisation complète n'a été prise par le gouvernement", avait expliqué quelques semaines plus tard son ministre de l'Enseignement supérieur Ahmed Ould Bahya.

© 2010 AFP

vendredi 16 avril 2010

Un couple d'Italiens libéré par Al-Qaïda après 4 mois de captivité

Sergio Cicala et sa femme Philomène Kabouré, otages d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, entourés d'hommes armés sur une photo diffusée le 30 décembre 2009


BAMAKO — Un couple d'Italiens, retenus en otage depuis près de quatre mois par un groupe d'islamistes armés de la branche maghrébine d'Al-Qaïda, a été libéré vendredi dans le nord du Mali, a-t-on appris de source officielles, malienne et italienne.

"Le couple d'Italiens a été libéré" sur le territoire malien, a annoncé à l'AFP une source au sein du gouvernorat de Gao (1.200 km au nord de Bamako), sous couvert d'anonymat. "Une patrouille de notre armée vient de les récupérer, ils se portent bien", a ajouté cette source.

Puis le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a confirmé l'information, depuis Rome. "Effectivement, ils sont entre les mains des autorités maliennes, d'officiers des services de renseignement et de police qui les raccompagnent vers un lieu sûr", a-t-il dit, sur la chaîne de télévision publique Rai Uno.

Les autorités ont attendu que les otages aient quitté la "zone d'insécurité" du nord du Mali pour faire état de leur libération.

Sergio Cicala, Italien de 65 ans, et sa femme Philomène Kabouré, de nationalité italo-burkinabé, 39 ans, avaient été capturés le 18 décembre dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière malienne.

Leurs ravisseurs les avaient ensuite cédés à un groupe d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans le nord du Mali.

Aqmi libère chaque mois, depuis février, des otages détenus dans le désert malien: un Français avait ainsi été remis en liberté le 23 février, puis une Espagnole le 10 mars.

Mais les islamistes armés retiennent toujours deux hommes de nationalité espagnole, capturés fin novembre en Mauritanie. Ces deux membres de l'ONG Barcelona Accio Solidaria seraient détenus par l'Algérien Moctar Ben Moctar, selon une source malienne proche du dossier.

De son côté, le couple d'Italiens était retenu par Abou Yaya Hamane, un lieutenant de l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd responsable de l'assassinat, en juin 2009, d'un otage britannique.

Dans un appel diffusé sur internet le 28 février, l'otage Sergio Cicala avait lu un message demandant au gouvernement de Sergio Berlusconi de faire des "concessions" pour obtenir sa libération et celle de sa femme.

En échange de la libération du couple, les ravisseurs avaient initialement demandé non seulement la remise en liberté de quatre islamistes détenus au Mali - effectivement relâchés le 22 février - mais aussi la sortie de prison de combattants détenus en Mauritanie, selon une source malienne proche du dossier.

Début mars, le Premier ministre mauritanien, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, avait catégoriquement rejeté l'idée d'un tel "échange". Le chef du gouvernement mauritanien avait affirmé: "Il n'y aura pas de négociations avec ces groupes terroristes et il n'y aura pas d'échange de qui que ce soit contre qui que ce soit, avec les preneurs d'otages (...) autrement, on n'en finira jamais".

Depuis, aucune libération d'islamistes n'a été annoncée en Mauritanie.

"Cette libération des deux Italiens est le fruit d'intenses efforts menés sous la direction du président de la République, Amadou Toumani Touré", a simplement assuré à l'AFP la source au gouvernorat de Gao, sans dévoiler le contenu des tractations.

Le chef de la diplomatie italienne a également évoqué "un intense travail diplomatique qui a porté les autorités du Mali à faire les actions décisives pour arriver à cette solution".

M. Frattini a rendu hommage à la "grande collaboration des autorités sur place" et rappelé avoir rendu visite, ces derniers mois, aux "présidents du Mali et de la Mauritanie". "Nous avons dû travailler pendant de longs mois au cours de négociations politiques et diplomatiques très complexes", a-t-il dit.

Dans un communiqué diffusé à Paris, le ministère français des Affaires étrangères a rendu "hommage à l'action de tous ceux grâce auxquels la captivité infligée à ce couple de ressortissants européens a pu cesser".


Nouveaux incidents à Nouakchott


La police a dispersé une manifestation d'étudiants prônant l'arabisation de l'administration publique et rejetant le Français. La polémique au sujet des langues est suscitée par les propos du Premier ministre début mars

Le 1er mars, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la langue arabe, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Lagdaff avait prôné une arabisation complète dans le pays, déclenchant des accrochages réguliers entre étudiants négro-mauritaniens et arabo-berbères. Fréjus Quenum a recueilli le point de vue de Hamadou El Hadj Diop, Sociologue négro-mauritanien

Les préparations aux examens en ligne en hausse en Mauritanie

Les cyber-cafés sont plus chers que les bibliothèques, mais les parents commencent à percevoir les avantages que l'Internet apporte à l'éducation en Mauritanie.

Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud | Magharebia | Nouakchott

[Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud] Les cyber-cafés fleurissent, profitant de l'essor de l'enseignement en ligne en Mauritanie.

L'Internet est devenu l'un des grands outils de l'éducation en Mauritanie, selon les futurs bacheliers et les enseignants, mais certains parents refusent de payer les frais d'abonnement à un cyber-café pour leurs enfants.

"Les enfants n'arrêtent pas de me demander de l'argent tous les jours, en affirmant que l'Internet leur est utile pour préparer leurs examens", explique Seyid Ould Arbi, 56 ans et père de trois enfants. "Personnellement, je ne comprends pas, et je ne vais pas dépenser de l'argent sur quelque chose que je ne comprends pas."

Les enfants d'Arbi font partie de ces grands nombres d'élèves qui se tournent vers l'Internet pour approfondir leurs connaissances.

"L'Internet nous offre, à nous les élèves, une chance d'en savoir plus sur les différentes théories et approches que nous étudions à l'école", explique Souad Mint Hamahou Allah, une élève en filière littéraire, qui utilise la Toile pour suivre des cours de soutien chez elle.

"Ce que l'on voit en classe n'est pas suffisant si vous voulez vraiment bien maîtriser le sujet", explique-t-elle. "Il faut aussi consulter des informations en ligne."

Les écoles ne sont aujourd'hui que l'un des moyens d'acquérir des connaissances en Mauritanie, explique Salick Ould Mouloud, un enseignant.

"La révolution mondiale de l'information a fait de l'école une station mineure dans la poursuite de la connaissance", explique-t-il. "Les enseignants se trouvent un peu embarrassés, parce que ce qu'ils ont à offrir est très limité."

"Lorsque les élèves entrent un sujet dans un moteur de recherche, ils sont toujours étonnés de la quantité d'informations qu'ils obtiennent – explications, analyses, commentaires, etc.", explique-t-il. "Utiliser l'Internet pour se préparer est devenu une nécessité à la fois pour les élèves et les professeurs. Tous ont besoin de cette technologie."

Les parents habitués à une culture académique un peu différente ne perçoivent pas toujours cette nécessité - du moins de prime abord.

Mariam Mint Sidi Mohamed, mère de deux filles et âgée de 50 ans, a accompagné plusieurs fois l'une de ses filles dans un cyber-café avant de décider que l'Internet pouvait contribuer à son éducation. Elle a finalement été convaincue, explique-t-elle, lorsqu'elle a vu que les camarades de classe de sa fille utilisaient elles aussi les cyber-cafés.

"J'avais habité avec des élèves au bac il y a des années, et je me rappelle qu'ils passaient des heures dans les bibliothèques publiques et privées, sans que cela ne leur coûte jamais rien", se rappelle-t-elle. "Aujourd'hui, les élèves fréquentent les cyber-cafés et désertent les bibliothèques. La vie change très vite."

Selma Mint Mohamed Vadel, 18 ans, qui passera le bac pour la première fois cette année, a également eu des difficultés à convaincre ses parents de payer les frais d'abonnement à l'Internet.

"Je n'arrivais pas à convaincre mes parents de l'importance de l'Internet dans la préparation aux examens de fin d'année", explique-t-elle, "alors j'ai emmené mon père voir le proviseur de l'école pour qu'il discute avec lui du fait que nous avons besoin, nous les élèves, de la technologie moderne."

Le père de Vadel, un agriculteur de la campagne, a alors décidé d'aider sa fille.

Les gérants de cyber-cafés profitent eux aussi du rôle toujours plus important que joue l'Internet dans l'éducation dans le pays."Maintenant, ma famille me donne ce dont j'ai besoin, et j'en suis ravie", explique-t-elle.

"Mon café est en permanence bondé d'élèves, car il est situé à proximité de plusieurs écoles privées", explique Abderrehman Ould Levdhal, l'un de ces propriétaires de cyber-cafés. Ceux-ci ouvrent souvent leurs magasins près des écoles à Nouakchott et à Nouadhibou, pour attirer les élèves.

"J'envisage sérieusement d'étendre [mon café] bientôt, pour qu'il puisse accueillir encore plus d'élèves, notamment à l'approche du bac", explique Ould Levdhal.


Le tourisme plombé par le terrorisme

Depuis la vague d'attentats et d'enlèvements qui a commencé fin 2007, les visiteurs se font rares dans ce pays saharien où la pauvreté reculait grâce au tourisme.

Chinguetti. Correspondance

Les rues de Chinguetti sont très calmes en cette matinée printanière. La ville ancienne de grès rose, à demi enfouie dans les sables du Sahara, somnole en espérant des jours meilleurs. « On se croirait en 1999, quand il y avait encore peu d'étrangers », soupire Ahmed Sherif, un vendeur de tissus.

Pendant deux ans, les tours operators ont annulé ou limité la destination Mauritanie. Boutiques fermées, auberges closes : Chinguetti s'est aussi vidée d'une partie de ses habitants. Nombre d'entre eux étaient pourtant revenus y vivre grâce aux premiers avions affrétés par le voyagiste Point-Afrique, en 1996, vers Atar, à une heure de route des dunes de Chinguetti et du désert.

Désert relativement sûr

Cette région de l'Adrar, ceinturée de montagnes, avait alors connu un essor économique relatif. En 2007, le tourisme apportait à la Mauritanie près de 32 millions d'euros et 10 800 passagers sur les vols directs Paris-Atar. En 2008-2009, ils n'étaient plus que 1 100. « L'Adrar est pourtant une région sûre, plaide Mahmoud, propriétaire de la maison d'hôte l'Eden à Chinguetti. D'abord pour des raisons géographiques qui rendent son accès difficile sans être repéré. Mais surtout parce que les gens, ici, sont hostiles à toute radicalisation religieuse. »

D'ailleurs, la poignée de Français qui vivent tout ou partie de l'année sur place ne manifeste pas d'inquiétude. Ainsi les médecins membres de l'ONG Médecins de Chinguetti n'ont pas cessé de sillonner la brousse sur un rayon de 200 km.

« Nous avons seulement de nouvelles instructions, explique Pierre Le Ponsin, en tournée avec son fils étudiant en médecine, et une collègue médecin. « Nous prévenons la gendarmerie de notre départ et devons l'appeler par téléphone satellite à notre arrivée. Et nous ne changeons pas d'itinéraire. » Ces mesures s'appliquent aussi aux guides des circuits dans le désert, qui sont en outre équipés de balises Argos et de radiotéléphones.

Une brigade de gendarmerie est désormais postée à quelque distance des bivouacs dans le désert. Alors, le bouche-à-oreille aidant, cette saison 2010 a été meilleure : 2 300 passagers auront volé vers Atar depuis Paris. « Le gouvernement prend certes des mesures efficaces pour la sécurité, commente Dah Maayouf, un ancien guide qui vit maintenant à Nouakchott. Mais il doit aussi se préoccuper de donner de l'espoir aux jeunes de ce pays afin d'éviter que la pauvreté ne fasse le lit de la haine. »