mardi 15 septembre 2009

Mauritanie : ramadan béni pour Abdelaziz

Jeune Afrique | Marianne Meunier
Une épicierie dans le quartier d'El-Mina, à NouakchottUne épicierie dans le quartier d'El-Mina, à Nouakchott© DR

Un mois après son élection, le chef de l’État est en roue libre ; l’opposition a perdu de sa combativité, le climat politique est apaisé et les baisses des prix qu’il a imposées à l’occasion du mois du jeûne renforcent un peu plus sa popularité.

Pour Mohamed Ould Abdelaziz, le ramadan est béni à plus d’un titre. En quête de légitimité au lendemain de son putsch du 6 août 2008, l’ex-­général avait profité de ce mois d’explosion de la consommation alimentaire pour imposer une baisse importante des prix du sucre, du riz, de l’huile, des pâtes. Un petit geste à l’endroit des plus démunis qui n’a pas été étranger aux aimables surnoms dont l’ont ensuite gratifié les Mauritaniens : le « Chávez de la Mauritanie », le « président des pauvres », ou encore le « Guide ».

Un an et une victoire électorale plus tard – à l’issue de la présidentielle du 18 juillet dernier –, « Aziz » entame son mandat en renouvelant l’expérience. Depuis le 21 août, les foyers peuvent s’approvisionner en produits de première nécessité à des prix défiant toute concurrence (les baisses vont jusqu’à 45 %) dans plus de six cents échoppes réparties sur tout le territoire. Celui qui a toujours juré que le sort des moins bien lotis était sa seule préoccupation montre ainsi qu’il tient ses promesses de campagne… soignant au passage sa cote de popularité.

Mais hormis l’opération « spécial ramadan », rares sont les mesures économiques concrètes, aux résultats immédiats, depuis l’investiture du chef de l’État, le 5 août. Après quasiment un an de cam pagne électorale (entre le putsch du 6 août 2008 et la présidentielle du 18 juillet 2009), Aziz a levé le pied. La Mauritanie ne vit plus au rythme des inaugurations, des poses de premières pierres et des visites du « raïs » dans les quartiers populaires. Torpeur du ramadan oblige, bien sûr. Il faut aussi du temps au nouveau gouvernement, nommé le 11 août, pour prendre ses marques. Mais, surtout, Aziz, élu, n’est plus en compétition. « Il est plus serein », observe un journaliste. 

Une certaine lassitude

Et pour cause. Son aiguillon, l’opposition, s’est quasi dissous. Pendant un an, le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), hostile au coup d’État et favorable au retour dans ses fonctions du président déchu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, s’est opposé à l’installation au pouvoir d’Aziz et à l’organisation d’une élection considérée comme une mascarade pour légitimer un putschiste. Un antagonisme qui a exacerbé les positions des deux camps et stimulé l’action politique. Mais, depuis le 18 juillet, les colères d’un Ahmed Ould Daddah, chef statutaire de l’opposition et leader du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), ou d’un Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale et figure de proue des « anti-Aziz », se sont tues. Tous deux candidats à la présidentielle, ils ont bien contesté, avec d’autres concurrents défaits (notamment l’ancien chef de l’État Ely Ould Mohamed Vall), les résultats qui donnaient Aziz gagnant au premier tour, avec 52,47 % des voix. Le 28 juillet, ils ont exigé la mise sur pied d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les nombreuses irrégularités du scrutin. Mais un mois plus tard, ladite commission n’a toujours pas vu le jour, et ceux qui l’ont appelée de leurs vœux ne montent plus au créneau pour la réclamer. Pas plus qu’ils n’organisent de manifestations, comme ils ont pourtant su le faire pendant un an. Leur contestation, Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir l’ont pour la dernière fois exprimée par défaut, en boycottant, le 5 août, l’investiture de leur bête noire.

Une certaine lassitude a probablement gagné ces deux opposants, qui, déjà dans les années 1990, s’insurgeaient contre le régime de Maaouiya Ould Taya (au pouvoir de 1984 à 2005). « Il faut peut-être une trêve et accepter de composer, de cohabiter sous une forme ou sous une autre », se résignait Messaoud Ould Boulkheir, quatre jours après le scrutin. Et d’invoquer la stabilité du pays et l’impératif de non-violence pour justifier sa réflexion. Autre explication : une fois le combat contre Aziz perdu, le couple Ould Daddah - Ould Boulkheir, qui a toujours connu des relations orageuses, n’est plus lié par un ennemi commun ; les intérêts personnels reprennent le dessus. En tant que président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, 66 ans, pourra jouer un rôle dans l’hémicycle à compter de la rentrée parlementaire. Du même âge, Ahmed Ould Daddah avait quant à lui annoncé avant le vote qu’il prendrait sa retraite en cas de défaite.

Mais après un an de guerre politique, les Mauritaniens n’ont plus l’habitude des climats apaisés. D’autant qu’Aziz avait donné des accents belliqueux à sa campagne, promettant de nettoyer le pays des prévaricateurs en tout genre qui le dépècent depuis des décennies. Mais aucune chasse aux sorcières n’a commencé. « On s’attendait à un début en rupture, et c’est un début en douceur », s’étonne, un rien déçu, un partisan de l’ex-général. Si l’on excepte la présence d’une femme aux Affaires étrangères (Naha Mint Mouknass), le gouvernement, à la tête duquel le Premier ministre de la junte, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, a été reconduit, est généralement jugé terne et non politique. Peu de nominations ont eu lieu dans les administrations, sinon à la tête de la Société nationale d’importation et d’exportation (Sonimex) et de la Commission centrale des marchés. Quant à son cabinet, Aziz ne l’a pas encore constitué, gardant auprès de lui les hommes qui l’entouraient avant l’élection. 

Lutte contre le terrorisme

Dans l’attente d’un dégel de l’aide extérieure – de l’Union européenne et de la Banque mondiale notamment –, suspendue pour cause de coup d’État, l’équipe au pouvoir n’a pas encore les coudées franches pour lancer les travaux promis sur tous les fronts : santé, éducation, infrastructures, éradication de la corruption… Pourtant, les dossiers urgents ne manquent pas, comme la lutte contre le terrorisme : le 8 août, un kamikaze mauritanien s’est fait exploser devant l’ambassade de France, en plein Nouakchott. Seule victime de l’attentat, il a fait naître la peur dans un pays jusqu’alors épargné par le phénomène incontrôlable des attaques-suicides. Depuis, les contrôles des forces de sécurité ont été renforcés dans la capitale, de jour comme de nuit. Une façon pour le pouvoir de montrer qu’il maîtrise la situation. Indispensable s’il veut se maintenir en place, car c’est notamment la combinaison du terrorisme et de l’immobilisme du gouvernement qui avait coûté sa place à Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Quinze mois après son élection.

Venezuela: Chavez veut construire une raffinerie en Mauritanie

Le président du Venezuela Hugo Chavez au festival du cinéma de Venise le 7 septembre 2009

CARACAS — Le président du Venezuela Hugo Chavez a annoncé lundi soir qu'il voulait construire une raffinerie en Mauritanie, pour distribuer du pétrole dans ce pays africain, mais aussi au Mali et au Niger voisins.

"Nous allons construire une raffinerie en Mauritanie pour raffiner tout ce qu'ils produisent et si l'on ne trouve pas assez de pétrole là-bas, pour apporter du pétrole du Venezuela", a déclaré le dirigeant du premier exportateur de brut latino-américain.

"La Mauritanie produit 18.000 barils par jour et une multinationale les raffine je ne sais où (...) Nous allons distribuer du pétrole par cet axe: Mauritanie, Mali, Niger (...) Certains pays sont alliés du Venezuela ou en train de se rapprocher de l'alliance bolivarienne (Alba)", a-t-il ajouté.

Il fait référence au bloc économique antilibéral créé en Amérique latine par Caracas et La Havane.

M. Chavez est de retour d'une tournée à l'étranger, au cours de laquelle il a notamment participé à un sommet de l'Union africaine (UA) en Libye et il doit accueillir à la fin du mois le 2e sommet Afrique-Amérique du Sud.

Le Venezuela, qui produit trois millions de brut par jour selon des chiffres officiels contestés, figure parmi les pays possédant les plus grandes réserves d'hydrocarbures. Il fournit déjà du brut à des tarifs privilégiés à 17 pays d'Amérique centrale et des Caraïbes depuis 2005.


samedi 29 août 2009

Robert Bourgi, vétéran de la Françafrique

Raphaëlle Bacqué, Le Monde

Sa Maserati est garée à trois pas de ses bureaux, dans le 16e arrondissement de Paris. LorsqueRobert Bourgi se rend en Afrique, c'est presque toujours dans un avion privé affrété par une grande entreprise intéressée par son carnet d'adresses au Gabon, au Congo-Brazzaville, en Côte d'Ivoire ou par un chef d'Etat africain auquel il vend la promesse de contacts politiques de haut niveau en France. Cet entregent est manifestement la source de cette vie confortable, bien plus que son statut officiel d'avocat, lui qui avoue en rian t : "C'est ma femme, Catherine, qui traite les dossiers et plaide. Moi, j'apporte les affaires. D'ailleurs, je n'ai passé la robe que le jour de ma prestation de serment."

A table, il est volubile, amusant, grand amateur de chablis bien qu'il s'affirme "musulman chiite"et plus encore de femmes "sauf des Africaines avec lesquelles (il n'a) même jamais dansé". Du vivant d'Omar Bongo, il régnait sur l'Hôtel Meurice, le palace parisien où le président gabonais recevait lors de ses séjours en France. Les hommes d'affaires de toutes sortes faisaient antichambre. Pas lui. Bongo était tout à la fois son client, peut-être son ami, et en tout cas le parrain de la petite fille qu'il a eue, tardivement, d'une liaison adultérine assumée, y compris par son épouse- Bourgi étant lui-même le parrain de l'un des fils de Bongo.

Robert Bourgi a toujours appelé Omar Bongo, à l'africaine, "papa". Le secrétaire d'Etat français chargé de la coopération, Alain Joyandet, se souvient de l'avoir vu entrer sans frapper dans la suite du président pour s'introduire sans façon au milieu de leur conversation.

Autant dire que la mort du chef d'Etat gabonais et l'élection présidentielle du dimanche 30 août sont un enjeu majeur pour celui qui se targue d'être le fils spirituel de Jacques Foccart - grand ordonnateur du gaullisme en Afrique et des réseaux qui s'assurèrent après les indépendances de la soumission des anciennes colonies africaines aux intérêts de la France.

C'est Robert Bourgi qui a laissé filtrer, le 7 juin, d'un coup de fil au Point, la nouvelle de la mort d'Omar Bongo. "Ce soir-là, il était mort cliniquement. Je ne sais même pas s'il n'était pas parti avant", glisse-t-il tranquillement. Quelques heures plus tard, malgré les démentis farouches de l'Etat gabonais, l'AFP confirmait la mort du doyen de la Françafrique, citant "une source proche du gouvernement français", qui, à en croire Bourgi, n'était autre que... lui-même.

Existe-t-il plus haut attribut du pouvoir que de décider de l'heure de la mort d'autrui ? Ce fut, en tout cas, la façon la plus efficace de signifier au plus haut sommet des Etats français et gabonais un message clair : il faudrait compter avec lui pour gérer la succession.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le franc-tireur Robert Bourgi est partie prenante de la politique africaine de l'Etat. Dans la galaxie foisonnante des intermédiaires et des communicants qui vendent leur influence aux dirigeants africains, il occupe une place à part. "Je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy", insiste-t-il.

Cet été, il a mis toute son énergie au service de l'élection de son poulain, Ali Ben Bongo, fils et héritier du président défunt qu'il présente comme "le meilleur défenseur des intérêts français dans tous les domaines". Mais son candidat est aussi son client : "Si Ali Bongo n'est pas élu, Bourgi perd l'un de ses derniers gros marchés", résume un haut diplomate.

D'où vient que ce sexagénaire chaleureux, né à Dakar dans une famille de grands commerçants libanais et "initié à l'Afrique par M. Foccart", ait gardé tant d'influence à droite, notamment auprès d'un Nicolas Sarkozy qui, lors de sa campagne, promettait d'en finir avec ces réseaux parallèles à la diplomatie ?

D'un sens aigu de la psychologie du pouvoir. D'un charme à la fois viril et désuet. D'un goût affirmé de la discrétion. Et d'un très solide réseau. Car Robert Bourgi, fils d'un riche importateur de textile, a su faire fructifier ses connaissances. Son père a noué des relations d'affaires avec Jacques Foccart. Le conseiller de De Gaulle, puis de Georges Pompidou, dirige alors une société d'import-export de tissu, la Safiex, "en relation d'affaires avec papa, un richissime importateur de textile" à Dakar.

Mahmoud Bourgi, gaulliste de la première heure, est l'un des premiers inscrits au Rassemblement du peuple français (RPF). Son fils écrit donc à Foccart, lorsque, après des études de droit en France, il cherche une situation. Sa thèse de doctorat d'Etat a porté sur "Le général de Gaulle et l'Afrique noire". Il enseigne le droit comme coopérant à Cotonou, Nouackchott puis Abidjan. Il rêve de mieux.

A la faculté d'Abidjan, il a rencontré Laurent Gbagbo, alors professeur d'histoire, qui deviendra en 2000 président de la Côte d'Ivoire. Jacques Foccart n'a pas de successeur. Mais il introduit Bourgi auprès de Jacques Chirac. et surtout, en 1978, auprès de l'homme-clé de l'Afrique de l'époque, l'inventeur du concept de Françafrique, le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Les relations avec le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, puis avec Omar Bongo suivront.

Avec tous, Robert Bourgi copie ce mélange de déférence apparente et de familiarité propre à Foccart et y ajoute son humour et sa chaleur orientale. En France, il s'est immiscé avec le même entregent dans les milieux politiques, auprès de Jacques Chirac, de Charles Pasqua - avec lequel il se fâchera - et de Nicolas Sarkozy, rencontré en 1983 au siège du RPR, "un gamin brillantissime", dit-il.

En 1997, la mort de Jacques Foccart menace soudain de le fragiliser. Il va jouer son coup de maître. Le jour de l'enterrement, alors qu'il pleure comme un enfant la mort de ce "second père", Chirac le prend dans ses bras et le convie à passer le soir même à l'Elysée. Il y a là son secrétaire général Dominique de Villepin. Et Jacques Chirac adoube Robert Bourgi : "Vous allez travailler ensemble, Dominique et vous. Si je ne suis pas disponible, c'est lui qui vous recevra." Désormais, Bourgi initiera Villepin à l'Afrique.

Cela ne va pas sans résistance. Le Quai d'Orsay est révulsé par les méthodes de Bourgi. Le conseiller officiel pour l'Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, affirme que le président lui a répondu, alors qu'il lui demandait que faire des demandes de rendez-vous de Bourgi : "Vous ne le prenez pas au téléphone, vous ne le recevez jamais à la présidence. S'il a des choses à dire, qu'il les dise au ministère des affaires étrangères."

Il n'empêche, Robert Bourgi rencontre Dominique de Villepin une fois par mois. Il lâchera cependant le protégé de Jacques Chiracle jour où il comprendra que celui-ci n'a aucune chance de l'emporter à la présidentielle. "Bourgi a ramené à Sarkozy la ration d'aide financière prévue pour Villepin de la part de Bongo et de Sassou", assure aujourd'hui un chiraquien.

Son rôle auprès de Nicolas Sarkozy ? "Du trafic d'influence", pestent les diplomates qui assurent qu'il crée de faux conflits entre la France et les chefs d'Etat africains afin de monnayer sa capacité à les réconcilier. "Je travaille à la fois pour les présidents africains et pour le président français, explique-t-il tranquillement.Je ne suis pas conseiller, plutôt missi dominici. Mais je ne me déplace jamais sans informer Sarko et Guéant."

Le secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet, ne l'ignore pas. "Il ne fait pas la politique de la France en Afrique, affirme-t-il,mais il exprime parfois des choses que nous ne pourrions pas dire." Claude Guéant explique qu'il "aime bien bavarder avec lui des réalités africaines""Il perçoit l'importance des phénomènes tribaux, des croyances, argumente le secrétaire général de l'Elysée. Mais nous ne lui confions aucune mission. Et s'il prétend avoir vendu aux pouvoirs publics sa préférence personnelle, il va au-delà de son rôle." Bruno Joubert, le conseiller Afrique du chef de l'Etat, voudrait pour sa part ne lui voir jouer qu'un rôle d'informateur sur la vie privée des chefs d'Etat africains, comme lors de l'hospitalisation d'Omar Bongo, que la France n'a pas apprise par les canaux diplomatiques officiels.

Robert Bourgi tourne cela autrement : "Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo, explique-t-il en souriant. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l'électeur le comprendra."

Il a en tout cas su se faire adouber symboliquement par le nouveau président français en figurant dans le cercle réservé à la famille, lors de la cérémonie d'investiture, le 16 mai 2007. Puis se faire remettre la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2007. Obtenir, au nom d'Omar Bongo, le renvoi du ministre de la coopération Jean-Marie Bockel, coupable d'avoir déclaré mettre fin à la Françafrique. "Il a gravi un à un une échelle qui a accrédité l'idée de sa surpuissance et augmenté le nombre de dirigeants prêts à payer ses services", reconnaît l'écrivain Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France au Sénégal. Il appartient aujourd'hui au premier cercle des donateurs de l'UMP, ceux qui peuvent donner au maximum 7 500 euros et apporter les contributions de leurs amis.

Sur le plan politique, la puissance de Robert Bourgi est cependant plus fluctuante qu'il le laisse croire. Il ne monnaie plus son entregent que dans cinq ou six pays sur les cinquante-trois que compte l'Afrique. Mais nombre de diplomates craignent que son influence auprès de Nicolas Sarkozy reflète l'idée que le président se fait de l'Afrique, celle d'"un continent qu'on ne tient que par les barbouzes".

vendredi 28 août 2009

Mauritanie: Dimanche rencontre de toute l'opposition

PANA - Nouakchott - Le chef de file de l'opposition mauritanienne, Ahmed Ould Daddah, président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), a convié, pour dimanche, six partis politiques de l'opposition à une réunion, a appris la PANA vendredi de sources autorisées.

Cette rencontre, la première du genre depuis l'élection présidentielle du 18 juillet 2009 remportée dès le premier tour par Mohamed Ould Abdel Aziz sous la contestation de ses principaux adversaires, va regrouper autour du RFD l'Union des forces de progrès (UFP), le pacte national pour la démocratie (PND-ADHIL), l'Alliance populaire progressiste (APP), le Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD-Tawassoul) et HATEM.

Toutes les formations politiques devant prendre part à cette rencontre destinée à débattre de l'attitude des différents segments de l'opposition vis- à-vis du nouveau pouvoir sont représentées à l'Assemblée nationale.

Anciennement membre de l'opposition sans représentation au parlement, l'Alliance pour la justice et la démocratique/Mouvement pour la réconciliation (AJD/MR) n'a pas été conviée à la rencontre.

samedi 22 août 2009

Mauritanie/terrorisme : le président appelle à l'union contre l'extrémisme


NOUAKCHOTT — Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, élu en juillet, a appelé vendredi soir les Mauritaniens à s'unir contre l'extrémisme dans un discours prononcé à l'occasion du début du mois du ramadan, quelques semaines après un attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda.

M. Ould Abdel Aziz a souhaité que chacun contribue à "l?éradication des mauvaises pratiques contraires aux préceptes de la sainte religion qui bannit la violence, l?extrémisme et tout ce qui porte atteinte à l?homme sans raison".

"La religion musulmane prêche la tolérance, la fraternité, la commisération. Seule la faiblesse de la foi induit parfois beaucoup de gens en erreurs fatales", a ajouté le dirigeant de la République islamique de Mauritanie.

Citant le Coran, M. Ould Abdel Aziz a ajouté: "le sort de celui qui commet un tel crime" (attenter à la vie d'un homme) n'est autre que "l'enfer éternel, la malédiction et la colère du seigneur".

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué l'attentat suicide perpétré le 8 août près de l'ambassade de France à Nouakchott. Un jeune Mauritanien s'était tué en faisant exploser la charge qu'il transportait, blessant légèrement deux gendarmes français et une Mauritanienne.

Selon le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE), l'organisation terroriste avait présenté l'attaque comme une riposte aux agressions des "Croisés" et des dirigeants mauritaniens contre l'islam et les musulmans.

Cette action avait eu lieu trois jours après l'investiture de l'ex-général putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz dans ses fonctions de président élu de la Mauritanie.

vendredi 21 août 2009

Mauritanie: RSF dénonce la condamnation d'un journaliste à 6 mois de prison

DAKAR — Reporters sans frontières (RSF) a "fermement condamné" la décision d'un tribunal de Nouakchott "d'infliger six mois de prison" au journaliste mauritanien Hanevy Ould Dehah, directeur de publication du site Taqadoumy pour "atteinte aux bonnes moeurs".

Ecroué depuis deux mois, Hanevy Ould Dehah a en outre été condamné mercredi au paiement de 51.000 ouguiyas (142 euros) d'amende et de frais de dossier.

Selon le jugement du tribunal de la wilaya de Nouakchott, dont Reporters sans frontières détient une copie, le journaliste a été relaxé des accusations de "diffamation", "d'incitation à la rébellion" et "d'incitation à la commission des crimes et délits" pour "cause d'absence de textes exécutoires et applicables aux délits commis par voie de presse électronique."

RSF rappelle que le journaliste avait été arrêté le 18 juin suite à une plainte déposée le 22 mai par le candidat à l'élection présidentielle Ibrahima Moctar Sarr, du parti d'opposition AJD/MR (l'Alliance pour la justice et la démocratie/Mouvement pour la rénovation). Dans un communiqué, cette formation avait reproché au journaliste d'avoir "sali", dans un article, "l'image d'homme politique intègre et honnête" de M. Sarr.

"Cette condamnation est disproportionnée et vise simplement à rétablir la +bonne+ réputation de l'homme politique Ibrahima Moctar Sarr mis en cause par le webjournaliste. Nous espérons que la justice infirmera son jugement en appel et que le journaliste retrouvera bientôt la liberté", écrit l'organisation basée à Paris.

L'avocat du journaliste, Me Brahim Ould Ebetty, avait assuré jeudi à l'AFP que la condamnation pour atteinte aux bonnes moeurs concernait "une page débat réservée par Taqadoumy aux moeurs et notamment à l'éducation sexuelle".

Très controversé en Mauritanie, le site Taqadoumy critique de façon virulente, depuis le coup d'Etat du 6 août 2008, les militaires putschistes ainsi que d'autres personnalités, et se positionne clairement dans l'opposition au nouveau régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

mercredi 19 août 2009

Al-Qaïda, une "métastase" sur le corps mauritanien selon le ministre des Affaires étrangères


PARIS — Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué l'attentat suicide du 8 août contre l'ambassade de France à Nouakchott, est une "métastase" étrangère à la Mauritanie, a déclaré mercredi Naha Mint Hamdi Ould Mouknass, sa ministre des Affaires étrangères.

Le terrorisme d'Al-Qaïda correspond à un "comportement complètement étranger à la population mauritanienne", c'est "une métastase". "Il faut savoir arrêter cette métastase terroriste au niveau du corps mauritanien", a-t-elle dit dans une interview à la chaîne d'information France 24.

"Il faut poser une stratégie douce qui se matérialise par la lutte contre la pauvreté et l'ignorance, et il faut aussi lutter de manière efficace et un peu plus violente. C'est une méthode dure, difficile mais certainement les jours à venir vont nous prouver qu'elle est efficace", a-t-elle ajouté.

La revendication de l'Aqmi est accompagnée, selon le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE), par une photographie du kamikaze, identifié comme Abu Obeida Musa al-Basri, et qui habitait le quartier Basra dans la capitale mauritanienne. La photographie montre un homme portant l'habit traditionnel mauritanien.

L'auteur de l'attaque a péri dans l'explosion de la charge qu'il transportait et qui n'a que légèrement blessé deux gendarmes français et une Mauritanienne.

L'Aqim affirme, selon le SITE, que l'attaque était une riposte aux agressions des "Croisés", notamment la France, et des dirigeants mauritaniens contre l'islam et les musulmans.